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    Une enquête sur la mortalité des entreprises

    Par L'Economiste | Edition N°:2835 Le 06/08/2008 | Partager

    . Nos PME résistent mieux les premières années avant de sombrer. Une enquête de la DEPF sur la mortalité des entreprises. Etonnante capacité de régénérescence des industries textiles et cuirLE travail que vient de publier la Direction des études et de prévisions financières (DEPF) du ministère des Finances est l’un des premiers du genre à traiter de la mortalité des entreprises. Les statistiques officielles connues (celles de l’Ompic et des CRI) se focalisent sur les créations et passent sous silence le phénomène de disparitions qui est pourtant un indicateur de la vitalité d’une économie. Les disparitions sont, il est vrai, moins vendables que les créations d’entreprises, et en plus, elles sont souvent camouflées car il ne fait pas bon sur le plan social d’afficher l’échec d’une affaire. Une donnée culturelle à laquelle il faut ajouter le phénomène bien connu au Maroc de «mise en veilleuse d’entreprises».Selon l’étude de la DEPF qui couvre la période allant de 1987 à 2003, le taux de turnover (solde des entrées et de sorties d’entreprises) s’est établi à 15%. A en croire l’enquête, les entreprises marocaines ont une meilleure chance de survie durant les premières années suivant leur création, des années pourtant critiques. C’est tout le contraire que l’on observe dans les économies développées où les premières années sont souvent fatales aux PME. C’est un des paradoxes qui se dégagent de cette étude. Le taux moyen de survie au Maroc est de 93% la première année, 90 la deuxième, 85 la troisième et 75 la quatrième. En revanche, les « jeunes» entreprises manquent de souffle sur la durée, leur taux de survie baissant d’année en année. Seule un peu plus d’une entreprise sur quatre créée en 1988 était toujours en activité en 2003 (27,5%). Le taux moyen de natalité, étant de 8% contre un taux de mortalité de 7%, reste légèrement inférieur à ceux de quelques pays de l’OCDE dont la France et presque au même niveau que le taux enregistré aux Pays-Bas (16%). Par rapport aux entreprises américaines (23%), la performance marocaine est bien en dessous. Cependant, il faut bien noter que ce décalage tient au biais introduit par plusieurs facteurs: la taille de l’échantillon observé, l’unité d’observation (entreprise), le champ de l’étude, la période analysée (courte, moyenne ou longue), les concepts utilisés ainsi que les économies où évoluent ces entreprises. Par secteur, c’est dans les industries du textile et du cuir que l’on observe le taux de rotation le plus élevé, soit plus de 15%. Cette dynamique de «renouvellement» des populations d’entreprises dans ce secteur n’est pas la moindre des surprises relevées dans l’enquête. La tempête qui avait traversé le textile et le cuir au début des années 2000 avait sans doute emporté plusieurs dizaines d’entités. Mais l’on peut supposer qu’au même moment il s’en créait bien d’autres. Juste derrière, arrivent les entreprises opérant dans les industries chimiques, parachimiques, électriques et électroniques avec un taux de rotation (soldes entrées/sorties) de 13%. L’agroalimentaire (12%), quant à lui, a créé autant d’entreprises qu’il en a détruit. Le taux de création et de destruction dans l’agroalimentaire se situe respectivement à 6 et 5,6%. Il faut peut-être y voir un phénomène de destruction créatrice décrit par Schumpeter et les mutations auxquelles a été contrainte l’agro-industrie. A ce niveau, il faut garder à l’esprit que le turnover par secteur suit la même tendance que les taux de natalité et de mortalité des entreprises, Autrement dit il s’agit du même classement par secteur en dépit du taux choisi.Par taille, l’étude relève que le turnover baisse au fur et à mesure que la taille de l’entreprise augmente. Ainsi, pour les petites entreprises employant moins de 50 salariés, il se situe à 16%. Il est de l’ordre de 11% pour celles ayant entre 50 et 100 salariés. Dans les sociétés de taille moyenne (un effectif se situant entre 100 et 200 salariés), le taux de rotation n’est que de 9%. Il est seulement de 6% pour les grandes entreprises (plus de 200 employés). Ce constat est certainement dû à la structuration et au management des entreprises qui sont généralement plus organisés dans les grandes entreprises que dans les petites. En matière de création nette d’entreprises, les indicateurs démographiques montrent que pour les entreprises de plus de 200 employés, le nombre de cessations dépasse celui de créations. Or pour les petites structures ( moins de 50 salariés), c’est l’inverse qui a été constaté. Quant aux moyennes entités (50 à 200 salariés), les sociétés nouvellement créées compensent celles disparues. Durant cette même période, les exportations ont été multipliées par cinq et le chiffre d’affaires par trois. L’employabilité n’a pas suivi le même rythme puisque les effectifs n’ont été multipliés que par 1,5. Il en est de même pour la valeur ajoutée qui a progressé à un rythme légèrement inférieur aux exportations. Elle a été multipliée par 1,3. De l’analyse des performances de la cohorte des entreprises en croissance, il ressort une prédominance des petites structures qui constituaient les trois quarts. Malgré cette dominance, cette catégorie d’entreprises ne participe qu’à hauteur de 20% de la production et seulement 7% à l’export. Par contre les grandes structures qui ne représentent que près de 15% de cette population fournissent 80% des exportations et emploient les 2/3 des effectifs. Dernier détail important qui doit interpeller le patronat, la moitié des entreprises faisant partie de l’échantillon versent de bas salaires et près de 90% sont des unités à faible niveau de productivité.


    Fiche technique

    POUR la réalisation de l’étude, une base de données a été construite à partir des fichiers annuels des entreprises industrielles réalisés par le département du Commerce et de l’Industrie. La série utilisée couvre les données de la période se situant entre 1987 et 2003. Chaque entreprise de la base a un numéro fixe qui reste inchangé durant toute la période. Les variables de satisfaction sont le secteur d’activité, la taille (nombre de salariés), le niveau de productivité de travail (rapport valeur ajoutée/effectif), et le niveau des salaires.Jalal BAAZI

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