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Une chaire Maroc à Oxford

Par L'Economiste | Edition N°:1874 Le 13/10/2004 | Partager

. Un don de 24 millions de DH pour la créer . Des bourses pour les Marocains Une chaire permanente sur le Maroc et la Méditerranée vient d’être créée à la prestigieuse Université d’Oxford. Elle porte le nom de SM le Roi Mohammed VI et sera abritée par le Saint Antony’s College. Lundi 11 octobre 2004 à Rabat, l’accord finalisant le projet a été signé entre la Moroccan British Society, une ONG marocaine, et l’Université Oxford. L’objectif final de cette chaire est de renforcer les relations entre les deux royaumes par le savoir. Jusqu’ici, la connaissance du Maroc et du Maghreb en général faisait défaut au sein de la prestigieuse université. Mais pour qu’il y ait un échange, Oxford propose en contrepartie des bourses pour les étudiants marocains qui veulent poursuivre leurs études en Angleterre. Entretien avec Sir Marrak Goulding, doyen du Saint Antony’s College d’Oxford. - L’Economiste: Pourquoi une chaire pour les études marocaines et méditerranéennes à l’Université Oxford? - Sir Marrak Goulding: L’origine de l’idée vient de mes collègues du Centre pour les études sur le Moyen-Orient dans le Saint Antony’s College, qui dépend de l’Université d’Oxford. Nous étions conscients qu’il y avait un trou dans nos études, que nous avions beaucoup d’académiciens informés sur le Machrek (Orient) et peu qui connaissaient bien le Maghreb. Heureusement, nous avons établi une relation très riche avec le Maroc et la Moroccan British Society. C’est pour cette raison que nous avons créé une chaire au Saint Antony’s College. Nous avons beaucoup discuté avec les autorités marocaines à travers l’Association et nous avons eu finalement un don de 24 millions de DH de la part des autorités marocaines. Nous avons alors nommé le professeur Michael Willis à la chaire. Il connaît très bien le Maroc pour avoir déjà enseigné à l’Université Al Akhawayne d’Ifrane. Il va commencer à partir de ce mois son activité au sein de la nouvelle chaire. Willis a déjà élaboré un programme d’études pour les étudiants qui feront le choix pour des études sur le Maroc. Pour les pays européens, il est important d’établir des liens intellectuels avec l’Afrique du Nord, le Machrek et la Turquie. Car il est clair que l’UE a beaucoup d’intérêt pour ce qui se passe dans ces régions. Je crois que cet enseignement à Oxford va faciliter une relation plus proche entre l’Europe et ses voisins de l’autre côté de la Méditerranée. - Quelle est la portée scientifique de cette chaire?- Je crois qu’une connaissance plus large sera bénéfique pour l’Europe comme pour les pays du pourtour méditerranéen. Car si on se comprend mieux, on en profite. Nous avons reçu un don marocain pour établir cette chaire, mais de notre côté, nous proposons des bourses pour les étudiants marocains qui voudraient poursuivre leurs études en Angleterre. C’est un échange entre les deux pays. Pour qu’il y ait une amélioration des connaissances de part et d’autre du Maghreb. - La Méditerranée est une région à grands enjeux économiques et politiques, quels peuvent être les scénarios d’ouverture de l’UE sur elle? - Où se trouvent les frontières de l’Europe? Nous avons le cas de la Turquie qui est d’actualité. Ce pays dit qu’il est un pays européen bien qu’une infime partie de son territoire se trouve dans le vieux continent. Il se peut que l’UE l’accepte d’ici 10 ou 15 ans. Il y a aussi le cas d’Israël qui veut être membre. Mais il y a là une considération politique très forte. Le Maroc aussi a exprimé sa volonté, il y a quelques années, de devenir membre de l’UE. Je crois que la philosophie et l’objectif de l’UE, sont que la Méditerranée devienne une région fortement liée à l’Europe. Il est difficile en ce moment de connaître les détails de la relation qui pourrait exister entre l’UE et ces pays-là. Car nous ne savons pas ce que sera la Constitution de l’Europe actuelle. Il y aura des référendums dans les années qui viennent en Angleterre et dans les autres pays européens sur ce point. Mais sans connaître la nature constitutionnelle de l’UE, il est très difficile de prévoir la nature de la relation avec les autres pays voisins. Je crois toutefois que toutes les personnes politiquement actives dans mon pays désirent qu’il y ait des relations spéciales avec les pays de l’Afrique du Nord et la Turquie. - Ne croyez-vous pas que la course USA-UE pour se rapprocher de la Méditerranée est à l’origine de l’intérêt grandissant que la région acquiert aujourd’hui? - Il y a actuellement une crise entre l’Europe et les USA. L’UE est très divisée sur cette question. Il y a des pays européens qui croient qu’il est indispensable de participer aux aventures diplomatiques des Etats-Unis. La France, l’Allemagne et la Grèce par exemple se sont opposées à cette idée. - Vous avez parlé des frontières géographiques de l’UE. Mais il y a d’autres frontières d’ordre culturel et religieux. Qu’en dites-vous? - Il y a 20 millions de musulmans dans l’UE. Ce n’est pas un phénomène nouveau. L’immigration des musulmans en Europe a commencé il y a 40 ans en Allemagne de l’Ouest. Il y a un nombre considérable de Turcs qui travaillent dans ce pays. En Angleterre, nous avons beaucoup de Pakistanais. En France, il y a une grande communauté algérienne. Ils étaient toujours les bienvenus car l’Europe avait besoin de leur travail. C’est une réalité avec laquelle nous devons vivre. Je suis personnellement opposé à la persécution des musulmans en Angleterre. Dans l’Europe actuelle, il y a une situation très complexe. L’espérance de vie augmente et les naissances diminuent. Pour maintenir la population, chaque ménage doit avoir 2,1 enfants. Dans une situation où les vieux vivent 20 à 30 ans après avoir cessé de travailler et un nombre de travailleurs qui diminue, il sera impossible de payer leurs pensions. Une étude récente annonce que si l’Italie veut maintenir son rythme de développement, elle aura besoin de 20 millions d’immigrants sur les 30 années à venir. Il est donc nécessaire que nous soyons plus tolérants envers les immigrants. En Angleterre, nous sommes devenus plus conscients de la nécessité d’être plus accueillants.Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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