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Une bonne carte pour le Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

Le Maroc dispose de 90 barrages. 70 autres seront construits d'ici 2020. Le pays met le paquet dans ces infrastructures qui sont vitales pour son agriculture


Au 9 octobre, le volume d'eau stockée dans les retenues des barrages était de 9.686 millions de m3 correspondant à un taux de remplissage de 70,5%. De l'avis de M. Hassan El Badraoui, chef de la Division Planification et Gestion de l'Eau de la Direction Générale de l'Hydraulique, ce niveau de remplissage permettra la satisfaction dans de bonnes conditions des besoins en eau des villes alimentées à partir des retenues et la satisfaction des besoins en eau d'irrigation des périmètres irrigués. Une heureuse nouvelle qui présage d'une bonne année agricole. Et pour cause, le Maroc fonde de grands espoirs sur l'agriculture irriguée.

L'irrigué: 45% du PIB agricole


Face aux aléas climatiques, l'irrigation est la seule possibilité pour le développement de l'agriculture. Qui dit irrigation doit penser nécessairement barrage. Le Maroc a entrepris dès les années 1960 une politique de dévelop-pement de ses ressources en eau, axée principalement sur la construction de barrages de stockage d'eau. Pour M. El Badraoui, cette politique a largement montré sa pertinence et justifié la justesse des choix effectués. L'irrigation d'un million d'hectares en l'an 2000 est l'objectif majeur de la construction des barrages. "Cet objectif majeur vise essentiellement la satisfaction des besoins alimentaires du pays, l'amélioration des conditions de vie des agriculteurs et la contribution au développement des exportations en produits agricoles", précise M. El Badraoui. Les barrages sont par ailleurs des infrastructures nécessaires pour la promotion du développement des régions déshéritées et la réduction des disparités régionales avec pour objectif la lutte contre l'exode rural. "Ceci est possible à travers l'instauration d'une solidarité inter-régionale en matière d'accès à l'eau grâce au recours à la pratique des transferts massifs d'eau entre bassins hydrologiques voisins".
L'infrastructure hydraulique déjà réalisée se compose de 90 barrages et 13 systèmes hydrau-liques de transfert d'eau. Ce patrimoine sera enrichi par six barrages en cours de construction. La capacité totale de l'ensemble des barrages est passée de 2.340 millions de m3 en 1967 à près de 14.300 millions de m3 en 1997. Cette capacité permet de fournir en année moyenne près de 9.000 millions de m3 d'eau superficielle régularisée.

La mobilisation et la mise en l'eau a permis l'établissement de véritables pôles de croissance économique et favorisé un développement plus équilibré des différentes régions. L'agriculture irriguée, développée actuellement sur une superficie de près d'un million d'hectares, représente en année moyenne 45% du PIB agricole. Cette valeur atteint 75% durant les années de sécheresse. En terme de production agricole, l'agriculture irriguée représente 30% de la production nationale, 75% des exportations agricoles et un tiers des emplois en milieu rural.
Sur un autre registre, l'énergie hydraulique a atteint au cours des deux dernières années près de 2.000 gWh/an, soit 18% de la production énergétique totale du pays. La production hydroélectrique, qui contribue d'une manière sub-stantielle dans la satisfaction des besoins énergétiques du pays, a permis d'économiser près de 720.000 tonnes de fuel par an.

70 barrages d'ici 2020


La demande en eau est appelée encore à s'accroître durant les premières décennies du prochain siècle. Elle serait de l'ordre de 15,5 milliards de m3 en 2020. "La disponibilité de l'eau, en quantité et en qualité suffisantes constituera un défi majeur pour le développement des ressources en eau si une gestion intégrée n'est pas adoptée", précise M. El Badraoui. Cette gestion devrait s'articuler principalement sur l'adéquation de l'offre et de la demande en eau. "Les études de planification entreprises au niveau de l'ensemble des bassins hydrologiques ont montré la nécessité de la poursuite de la réalisation d'un vaste programme de mobilisation de l'eau axé sur la construction de retenues de barrages pour sécuriser l'ap-provisionnement en eau potable, permettre le développement de l'irrigation et de la production énergétique et assurer la protection contre les inondations".
Ainsi, il est prévu la réalisation d'ici 2020 d'environ 70 grands et moyens barrages avec un rythme de réalisation d'un grand barrage par an jusqu'à l'an 2000, deux barrages par an entre 2000 et 2010 et trois barrages par an entre 2010 et 2020. Un vaste chantier en perspective.

Salim LAHJOMRI


Les 6 barrages en cours de construction


1/ El Ghrass: Dans le bassin de la Moulouya de 92 m de haut, ouvrage de type béton voûte avec une digue de col zonée. Sa retenue de 275 millions de m3 servira à l'alimentation en eau potable des villes d'Oujda et de Taourirt, à l'irrigation de 4.000 ha, à l'atténuation des crues et à la limitation du transport solide au niveau du barrage Mohammed V en aval.

2/ Chakoukane: Dans le bassin du Souss, d'une hauteur de 61 m permettant de créer une retenue de 50 Mm3, ce barrage constitué d'une digue en alluvions avec masque amont en béton d'un volume de 2.000.000 m3 de remblai permettra d'assurer les besoins en eau d'appoint pour la sauvegarde du périmètre agrumicole de Sebt El Guerdane d'une superficie de près de 10.000 ha.

3/ Bouhouda: Dans le bassin du Sebou d'une hauteur de 55 m et un volume de retenue de 56 Mm3, cet ouvrage permettra d'assurer l'irrigation d'un périmètre de petite et moyenne hydraulique de 3.000 ha.

4/ Bab Louta: Dans le bassin de l'Inaouène d'une hauteur de 54 m, cet ouvrage permettra de créer une retenue de 37 millions de m3 afin d'assurer l'alimentation en eau potable de la ville de Taza.

5/ Dchar El Oued: Dans le bassin de l'Oum Er Rabia d'une hauteur de 100 m et d'une retenue de 740 millions de m3, cet ouvrage assurera l'irrigation de 35.000 ha, la production de 172 millions de kWh/an sous une puissance de 92 mW et fournira 65 millions de m3 d'eau potable aux villes de Khouribga, Oued Zem, Kasba Tadla, Boujaâd et Béni-Mellal.
6/ Aït Messaoud: Compensateur du barrage Dchar El Oued , d'une hauteur de 34 m et d'une retenue de 13,2 millions de m3, cet ouvrage de type poids en béton et dont le volume s'élèvera à 115.000 m3 permettra de compenser les lâchers de l'usine hydroélectrique de Dchar El Oued en vue d'assurer la satisfaction des besoins en irrigation et alimentation en eau potable à l'aval. Il est équipé d'une usine qui permettra d'assurer la production de 28 millions de kWh sous une pression de 6,4 mW.
Source: Direction Générale de l'Hydrau-lique du Département de l'Equipement

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