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    Affaires

    Une bande de faussaires démantelée

    Par L'Economiste | Edition N°:2161 Le 30/11/2005 | Partager

    . Sept escrocs présumés vendaient des terrains qui ne leur appartiennent pas. Des terrains qui sont immatriculés à la Conservation foncière! . Ils passent devant la Cour d’appel cette semaineImaginez une opération de vente d’un bien immobilier où l’identité du vendeur, le certificat de propriété, celui de l’immatriculation et de la conservation sont faux. En fait, seul le terrain est vrai, mais il ne vous appartient pas, même si vous êtes certain de l’avoir acquis! Cette histoire est arrivée à Casablanca où une bande de faussaires et d’escrocs dupaient des citoyens en leur vendant des terrains appartenant à autrui. Heureusement que les agents de la Police judiciaire ont réussi à mettre sous les verrous les membres de cette bande criminelle. Il s’agit de 7 escrocs qui passeront devant la Cour d’appel de Casablanca cette semaine. Signalons que cette affaire a d’abord été traitée par le tribunal de première instance de la métropole avant que le procureur du Roi ne décide, devant la gravité des faits, de transférer le dossier à la Cour d’appel. Tout commence en juin 2003, lorsqu’un MRE, en vacances au Maroc, découvre qu’un immeuble de deux étages a été bâti sur son terrain. Lorsqu’il contacte le propriétaire de l’immeuble, ce dernier lui explique qu’il l’a acheté et lui montre le contrat de vente signé par l’ancien propriétaire. Mais quelle ne fut pas sa stupéfaction lorsqu’il lit sur le contrat de vente son nom et sa signature en tant que vendeur! Sans perdre de temps, le MRE dépose une plainte auprès de la Police judiciaire, accusant les deux adoul ayant effectué l’opération et l’acheteur d’escroquerie. L’enquête policière révèle que plusieurs terrains ont été vendus à l’insu de leurs propriétaires. L’œuvre est attribuée à des escrocs qui n’ont aucun lien ni avec les terrains ni avec leurs propriétaires. Les escrocs commençaient par localiser les terrains. Ils se rendaient ensuite à la Conservation foncière pour récupérer les coordonnées du propriétaire. Après avoir bien noté le nom, numéro de la CIN, adresse, copie de la signature etc., les malfrats s’appliquaient à confectionner de faux documents. Grâce à un ordinateur et un scanner, la bande qui grossit à mesure que les opérations se multiplient, prépare tous les documents nécessaires à la vente et cherche un client pour l’acquisition du terrain. Le contrat est alors passé devant deux adoul et le nouveau propriétaire n’a aucun mal à immatriculer le bien immobilier à la Conservation foncière puisque le contrat comporte le nom et la signature du vrai propriétaire. Le cerveau de cette bande a avoué dans le rapport de la PJ, dont L’Economiste détient copie, qu’il a été contacté lors de sa sortie de prison en 2003, par l’un des membres du gang pour «travailler». «Devant la précarité de ma situation, j’ai accepté d’intégrer cette bande. Mon travail consistait à falsifier les signatures et à les légaliser à la commune. Pour cela, j’avais un complice à la commune de Bernoussi», raconte le prévenu aux agents de la PJ. Selon ses aveux, les opérations ont commencé par la vente d’un terrain au quartier Bernoussi 2. La vente a été enregistrée à la Conservation foncière sans aucun problème. La deuxième opération concerne un lot de 420 m2 dans le lotissement Mimosa. D’autres opérations concernant des terrains au quartier Bernoussi ont suivi. Ces terrains étaient vendus aux membres de la bande qui les revendaient à leur tour et percevaient l’argent. Lorsque les membres de la bande organisée ont été arrêtés, les agents de la PJ ont retrouvé plusieurs certificats de propriété concernant des terrains que les prévenus n’avaient pas encore réussi à vendre. Autrement dit, l’action publique a évité à des acheteurs éventuels, de sérieux problèmes.


    Les 7 escrocs présumés

    Le rapport de la Police judicaire liste 7 personnes. Il s’agit de Moussa Beda, Belkacem Abou Saboun, Abdellah Ahbaria, Redouane Sader, Lahssen Wafad, Mohamed El Khouli et Tahar Laftam. Les prévenus ont été arrêtés en 2004 et fait l’objet d’une garde à vue et une détention provisoire. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux et escroquerie, en action principale et complicité. Naoufal BELGHAZI

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