×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique Internationale

Une autre facette de l'école vue par un linguiste

Par L'Economiste | Edition N°:506 Le 13/05/1999 | Partager

· Une conférence pour consacrer le pouvoir de la langue, de l'écrit et de la parole
· Parmi les missions de l'école, doter les enfants d'armes linguistiques


"Gardons-nous d'intenter à l'école un mauvais procès en l'accusant d'être la principale responsable de l'illettrisme. Un tel reproche serait injuste; tout comme il serait hors de propos d'exiger par exemple qu'elle règle la question du chômage des jeunes".
Durant deux heures, M. Alain Bentolila, professeur de linguistique, s'est penché sur les missions de l'école et ce, lors d'une conférence-débat, le 12 mai, au Ministère de l'Education Nationale en présence du ministre et de M. Abdelaziz Meziane Belfkih, conseiller de SM le Roi et président de la Commission Spéciale Education-Formation.
Philosophique et ponctué d'anecdotes, le discours de M. Bentolila expose une autre manière de voir l'école. Pour lui, la mission de l'école fondamentale n'est pas d'apprendre un métier, mais de former des cerveaux.
Pour l'aspect linguistique de la langue, trois fonctions essentielles se dégagent: la maîtrise de la parole, de l'écrit et de la lecture.

Choisir des phrases correctes


"Parler ou écrire, c'est porter la pensée plus loin que l'oeil et non uniquement de constater. Apprendre à choisir ses mots, c'est gagner du pouvoir", dira-t-il. L'enseignant doit pouvoir amener ses élèves à décrire ce qui se passe ailleurs et à des personnes qui ne sont pas présentes sur place. "Dans leur quête de se faire comprendre, les élèves choisiront des phrases correctes", explique M. Bentolila. Autre fonction de la langue, pouvoir transcender les conditions des hommes et porter leurs messages plus loin dans le temps et dans l'espace". Autrement dit, laisser une trace.
En matière d'écrit, la mission de l'école est également de doter les élèves "d'armes linguistiques". Cette langue, qui passionne tant M. Bentolila, sert aussi bien le juste que l'infâme. "Tout écrit, toute parole fait appel à notre arbitre". Aussi, il ne suffit pas d'apprendre aux enfants à lire et à écrire, mais aussi à déchifrer ce qu'il y a entre les lignes. Sinon "ils seront livrés, mains et pieds liés, aux usurpateurs". De son côté, la maîtrise de la grammaire n'est pas non plus un jeu gratuit. Elle permet de transformer "les choses".
M. Bentolila donne l'exemple d'une classe de maternelle, qui, en transmettant une recette incomplète à des pâtissiers, s'est retrouvée avec un gâteau immangeable. "Il a suffi que les enfants reprennent la recette avec des mots adaptés pour donner meilleur goût à leur gâteau". Selon lui, c'est le secret pour garder les enfants à l'école. "Les effets de la séduction et de la punition ne sont pas durables. Mais, c'est en montrant aux élèves qu'avec la langue, ils acquièrent le pouvoir de transformer les choses, qu'ils prendront goût à l'école".

Malika EL JOUHARI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc