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Un tiers des ruraux pense que "la fille n'a pas besoin d'école"

Par L'Economiste | Edition N°:458 Le 08/03/1999 | Partager

· Le poids des coutumes et de la culture multiplie les inégalités
· Plus de 6 femmes sur 10 sont analphabètes
· Moins de 2% des femmes participe à la vie politique


La femme est l'avenir de l'homme, chanson bien connue. Cependant, la reconnaissance de l'autre moitié de l'homme est exclusivement verbale. Dans les faits, les inégalités sont frappantes au Maroc. L'enquête Nationale sur le Budget Temps des Femmes 1997/1998 réalisée par la Direction de la Statistique met à plat certaines vérités comme sa vulnérabilité et les inégalités auxquelles la femme doit faire face au quotidien.


Pourtant, les femmes sont plus nombreuses que les hommes


La femme représente plus de la moitié de la population. Les Marocaines sont un peu moins de 14 millions, ce qui n'est pas négligeable, surtout que 7 sur 10 ont moins de 35 ans. L'avenir de l'homme est donc bien assuré. Pourtant, ses droits minimums ne sont pas respectés. Culturellement dépendante de l'homme, son épanouissement socio-économique est rendu difficile. Le poids des coutumes est omniprésent. L'inégalité débute dès son jeune âge pour son droit à l'éducation de base qu'est la scolarisation. "La fille n'a pas besoin d'aller à l'école". Près du tiers de la population rurale le pense. La signification est importante. En fait, les problèmes d'accès aux écoles et l'insuffisance de revenus ne constituent pas les seules entraves à la scolarisation des fillettes, les résistances culturelles pèsent également de tout leur poids. D'ailleurs, en même milieu de résidence, l'investissement dans les capacités humaines à travers l'école ou la formation professionnelle profite d'abord aux hommes, la femme rurale étant encore plus désavantagée.
Cette inégalité se perpétuera tout au long de sa vie: mariage, gestion des biens, travail, dans la prise de décision politique... Très absentes en effet de la sphère décisionnelle, elles sont un peu moins de 2% à être adhérantes à un syndicat, un parti politique, une association non féministe ou à une association des oeuvres sociales. Cette situation est celle du milieu urbain. En milieu rural, c'est bien pire. Elles ne sont que 0,2% à faire partie d'une association féministe et 0,1% à être membre d'une coopérative.
L'enquête révèle un fait frappant: ces femmes sont pleinement conscientes de leurs conditions. Plus de quatre femmes analphabètes sur dix expriment leur volonté d'adhérer à tout projet social de lutte contre l'analphabétisme. C'est fondamental lorsque l'on sait que plus de quatre femmes sur cinq sont analphabètes.
La proportion de celles âgées de 15 ans et plus qui n'ont jamais été à l'école est de 2/3, avec moins de la moitié dans les zones urbaines et 87% dans les zones rurales. Le cas est similaire pour la santé où l'accès de la femme aux prestations sanitaires de base demeure bloqué par une série de contraintes aussi bien financières que familiales ou sociales. Ces deux dernières étant loin d'être négligeables. Les centres sont loin, la femme doit être accompagnée. Si le médecin est un homme, la femme est découragée, près de 7 femmes sur 10 préfèrent consulter un médecin-femme.

Fatima MOSSADEQ

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