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    Economie

    Un sondage L'Economiste - SUNERGIA : Les cadres et le crédit

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    Près du tiers des cadres (31,2% dans notre échantillon) n'ont jamais eu recours à un crédit de type bancaire. Les deux tiers restants ont en moyenne emprunté à deux reprises auprès d'une banque et à deux reprises auprès d'un organisme spécialisé, soit quatre emprunts au total. Telle est l'une des principales conclusions de l'enquête Sunergia sur "le crédit et les cadres" réaliser pour L'Economiste.

    La première partie du compte-rendu de cette enquête (L'Economiste n°56) avait permis d'identifier les différentes formules de prêt personnel utilisées par les cadres; d'évaluer la notoriété de chacun d'entre eux au sein de la population cadres; de déterminer les principales utilisations auxquelles sont destinés les prêts; de connaître le jugement que les cadres portent sur chaque formule de crédit...

    Quatre fois emprunteurs

    Le recours au crédit, c'est tout ou rien. Quand le cadre emprunte, il est rapidement "fidélisé", n'hésitant pas à cumuler deux formules de prêt ou à solliciter un nouveau crédit quand il a fini de rembourser le premier. C'est ainsi qu'en moyenne, les deux tiers des cadres interrogés ont jusqu'à présent emprunté à quatre reprises: deux fois auprès d'une banque, deux fois auprès d'un organisme spécialisé.

    Malgré les critiques relevées dans la première partie de l'enquête, les procédures d'obtention des crédits ne semblent pas laisser un souvenir impérissable dans l'esprit des cadres. Le quart d'entre eux trouve le processus d'obtention d'un crédit bancaire normal...au point qu'ils ne s'en souviennent pas. Dans le cas des maisons spécialisées, ce taux grimpe à près de 90%, probablement en raison du rôle joué par les intermédiaires dans la constitution des dossiers.

    Les formalités nécessaires à l'obtention d'un crédit bancaire recouvrent une large gamme, et notamment l'attestation et la domiciliation du salaire, l'hypothèque, l'assurance, la caution de tiers, la signature d'une reconnaissance de dette et... dans un cas, l'intervention auprès d'un responsable.

    A chaque fois, le capital accordé s'est élevé en moyenne à près de 97.000 DH. Le montant du prêt est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (respectivement 102.126 DH et 78.607 DH) et a tendance à baisser au fur et à mesure que l'emprunteur avance dans l'âge. Les sommes empruntées sont plus faibles dans le commerce et l'administration, plus élevées dans l'industrie, les professions libérales et d'une manière générale, le secteur privé.

    Cette moyenne recouvre en fait des disparités importantes, en raison de l'existence de montants élevés destinés à financer l'acquisition ou la construction d'un logement. On relève ainsi huit cas de crédits supérieurs à 500.000 DH. Par contre, 65% des cadres interrogés ont contracté des emprunts inférieurs à 50.000 DH.

    La durée de remboursement s'étale, en fonction du montant emprunté, de 1 à 240 mois. Le taux d'intérêt moyen s'élevait, pour le dernier crédit contracté, à 13% en moyenne. Il se situe dans la plupart des cas, entre 12 et 15%.

    L'endettement des cadres

    Le niveau d'endettement des cadres paraît tout à fait raisonnable puisque le tiers de notre échantillon déclarent n'avoir jamais eu recours à un emprunt (de type bancaire) tandis que pour les deux tiers restants, la traite de remboursement ne dépasse pas 22% des revenus en moyenne. Dans 65% des cas, elle est inférieure à 25% des revenus.

    Invités à juger les crédits bancaires selon une échelle à trois degrés (excessif, raisonnable, intéressant), près des trois-quarts des cadres interrogés épinglent le niveau élevé des taux d'intérêts. Les avis sont par contre partagés concernant les garanties, la durée du crédit, les formalités et le délai d'obtention, avec des jugements divergents.

    Dans le cas des maisons spécialisées, ce qui saute d'abord aux yeux, c'est le taux élevé de non-réponse: le tiers des cadres interrogés ne semblent pas avoir une idée précise au sujet de ce type de crédit. Les autres jugent en général les taux excessifs tandis que les garanties, la durée du crédit, les formalités et les délais d'obtention sont plutôt considérés comme étant raisonnables.

    A la question "comptez-vous solliciter un prêt?", le quart des cadres interrogés donnent une réponse positive, en précisant qu'il s'agira d'un crédit bancaire. Seuls 2,6% de notre échantillon comptent s'adresser à une maison spécialisée et 1% à la famille ou aux amis.

    Au total, ce sont donc 70% des cadres interrogés qui ne se prononcent pas, soit parce qu'ils n'ont encore rien planifié, soit parce qu'ils évitent de recourir au crédit, soit enfin parce qu'ils s'estiment déjà endettés.

    Les crédits qui sont planifiés seront essentiellement destinés à l'acquisition ou la construction d'un logement, l'achat d'une voiture ou l'ameublement, avec aussi toute la gamme classique des utilisations ( financer des festivités, éponger une dette, lancer une affaire personnelle etc... ).

    Enfin, si près du tiers de notre échantillon n'ont jamais eu recours à un crédit, c'est pour la moitié d'entre elles parce qu'elles n'en ont jamais éprouvé le besoin.

    28,7% jugent les taux excessifs tandis que 13% se déclarent franchement contre le crédit. Un seul cadre explique ce fait en invoquant l'interdiction des intérêts par la religion.

    N.E.

    Les formes de crédit aux particuliers

    L'enquête Sunergia a montré la coexistence de trois segments de crédits aux particuliers:

    - les formules modernes où le prêt est un financement, accordé sous des conditions bien codifiées, avec ou sans garanties: prêt bancaire, leasing, maisons spécialisées (*). Bien que destiné à un usage professionnel, le leasing est parfois, comme on le sait, mis à profit pour financer l'acquisition de certains types de produits destinés à des cadres dirigeants et notamment les voitures. Une telle utilisation paraît toutefois marginale en regard de l'usage purement professionnel qui est fait de ce mode de financement;

    - les formules de solidarité familiale et sociale: recours à la famille et aux amis pour "dépanner" (évidemment sans intérêt), crédit de l'employeur (on retrouve toute la gamme de taux d'intérêt, y compris nuls) et la fameuse formule "Darate", similaire aux tontines d'Afrique Noire où un groupe d'amis, de parents ou de collègues se financent chacun à tour de rôle, pour un montant identique, fixé à l'avance,

    - une pratique illégale: le versement de chèques de garantie. Cette pratique est utilisée pour financer l'acquisition de biens d'équipement (électronique, meubles etc...) ou pour obtenir rapidement de l'argent liquide. Les taux sont prohibitifs, voire usuriers et ce, d'autant plus que cette pratique est quasiment réservée à des personnes dont la solvabilité est douteuse et ne leur permet pas d'accéder aux autres formules de crédit.

    (*) Citons à titre d'illustration Eqdom pour l'équipement domestique, Sofac et Diac pour l'acquisition d'automobiles, Wafasalaf et Essalaf Chaâbi pour une gamme plus large de produits.

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