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International

Un sommet de l’Otan aux portes de la Russie
De notre envoyé spécial à Riga, Amin RBOUB

Par L'Economiste | Edition N°:2412 Le 30/11/2006 | Partager

. L’Afghanistan au cœur des préoccupations de l’Alliance . La France propose des groupes de contact pour accroître la coordination . Kosovo, Darfour, élargissement de l’Alliance... les priorités C’est aux portes de la Russie, à Riga la capitale lettonne, que se tient sous surveillance le sommet de l’Otan. Il s’agit du 1er sommet de l’Alliance atlantique dans l’ex-URSS. Naturellement, une bonne partie de la population russe voit d`un mauvais œil qu’un sommet de l’Otan se déroule aux portes de Saint-Pétersbourg, a fait remarquer le ministre russe de la Défense quelques jours avant la rencontre. Tout en reconnaissant la souveraineté des pays baltes, le ministre russe de la Défense a exprimé des réserves sur la tenue du sommet de Riga, où Poutine était le grand absent.Dans la capitale balte, les dirigeants des 26 pays de l’Otan sont appelés à examiner autant de dossiers notamment sur la situation en Afghanistan, le Kosovo, le Darfour ou encore les perspectives d’élargissement de l’Alliance vers de nouveaux pays membres et la sécurité énergétique.Selon les organisateurs, ce sommet de Riga vient tracer les contours de l’Alliance pour les 10 à 15 ans à venir. Après la guerre froide, l’Alliance et l’Europe ne sont plus menacées directement. Le 11-Septembre a précipité un certain nombre de remises en cause pressenties dès la chute du Mur de Berlin et la dissolution de l’Union soviétique. Le nouveau contexte mondial apporte son lot de nouveaux risques et des enjeux différents: le risque terroriste, les armes de destruction massive, la cybercriminalité... sont autant de menaces posées a l’Alliance et qui appellent de nouveaux moyens pour y faire face. L’Otan devrait aussi contribuer à la prévention des conflits et s’engager dans la gestion des crises. Elle en est capable grâce à sa capacité de mobilisation. L’Alliance revendique une capacité de mobilisation allant jusqu’à 300.000 hommes. La force de réaction, la défense antimissile, une surveillance air/sol, sol/air, le renforcement des capacités militaires... sont aujourd’hui des éléments de réponses qui s’inscrivent dans la transformation dictée par la Directive politique globale de l’Alliance. Le thème de la transformation et du redéploiement de l’Alliance revêt un caractère particulier dans les débats à Riga. «Aborder la transformation permet d’appliquer une vision stratégique qui consiste à mettre en œuvre toute la gamme des missions et des opérations de l’Alliance», a fait remarquer mardi James Appathurai, porte parole de l’Otan. L’objectif étant d’entamer une mise à niveau des capacités militaires de l’Alliance dans le but de répondre aux défis du nouveau contexte mondial. Au cœur de ce processus de transformation, la mission de l’Otan en Afghanistan arrive en pole position. L’ordre du jour du sommet de Riga est presque exclusivement dédié a la guerre en Afghanistan. Le constat aujourd’hui est que l’Otan est confronté à de grandes difficultés dans ce pays. Les plus pessimistes parlent de «l’impasse afghane ou encore le spectre d’un bourbier». Depuis l’été, l’Otan s’est heurté dans le Sud à une résistance plus forte que prévu. Les attaques et les attentats attribués aux talibans ont déjà fait 3.700 morts cette année, soit 4 fois plus qu’en 2005. Face à cette situation, le secrétaire général de l’Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, estime que la situation extrême en Afghanistan est un défi qui ne fonctionne que dans la durée. Autrement dit, la présence des forces s’inscrit dans le long terme. Jaap de Hoop Scheffer a aussi fustigé l’incapacité des alliés à fournir les renforts nécessaires face à l’insurrection des talibans: “Il n’est pas acceptable que notre mission dans le Sud manque toujours de 20% de ses effectifs nécessaires”, a-t-il jugé. George W. Bush a plaidé également mardi pour que les pays de l’Otan envoient des renforts et acceptent des “missions difficiles”.Certains pays dont la France mènent l’opposition à un élargissement tous azimuts de l’Alliance. Ils appellent l’Otan à se «recentrer sur les opérations militaires». Le président Chirac, lui, propose la création d’un “groupe de contact” sur l’Afghanistan pour mener une politique plus structurée, mieux coordonner la reconstruction de l’Afghanistan, accroître la coordination politique et orienter l’action des pays engagés. Avis partagé par Jaap de Hoope, qui estime que la solution en Afghanistan ne peut être purement militaire, mais que la sécurité et le développement sont indissociables. D’où l’appel à une meilleure coordination sur le terrain entre l’Isaf et les autres principaux intervenants: ONU, Banque mondiale, Union européenne...Les soldats français déployés à Kaboul pourront désormais prêter main forte à leurs homologues canadiens, britanniques ou néerlandais dans le Sud de l’Afghanistan, mais uniquement «au cas par cas», précise-t-on.Pour contrer l’offensive des talibans, le commandement sur place de l’Alliance à demandé l’envoi de quelque 2.500 soldats supplémentaires et la levée des restrictions des troupes déployées. Avant Riga, rappelons-le, des pressions ont été exercées sur la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pour qu’ils lèvent leurs restrictions.Les troupes déployées de ces pays opèrent dans des régions relativement calmes, alors que quelque 10.000 soldats canadiens, britanniques, australiens et néerlandais sont engagés dans de violents combats dans le Sud.Outre l’Afghanistan, l’Alliance atlantique planche aussi sur la situation au Kosovo. Elle étudie notamment le rôle que devra jouer la KFOR dans les mois qui viennent. Une proposition est à l’étude pour la résolution du statut futur du Kosovo. La situation au Darfour n’est pas en reste. En revanche, aucun nouvel élargissement de l’Alliance n’est prévu. Les pays des Balkans candidats à l’adhésion (Croatie, Macédoine et Albanie) n’étant pas jugés prêts pour négocier leur adhésion.


Guerre froide

L’Otan a pris en 2003 en Afghanistan la tête d’une Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) mandatée par l’ONU et qui regroupe 32.000 soldats de 37 pays, dont les 26 pays alliés, pour appuyer le gouvernement Karazai. Le choix de Riga cette année s’explique par la nouvelle configuration du monde. Les pays baltes semblent prédisposes à épouser cette nouvelle donne du «nouveau monde», explique-t-on à Riga.Il y a quatre ans, les dirigeants de l’Alliance avaient déjà tenu un sommet dans l’ancien bloc communiste, à Prague. Mais cette année, ils s’aventurent dans une ville qui faisait partie de l’Union soviétique, à quelque 200 kilomètre seulement de la frontière russe.

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