×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Un projet de chaîne agro-alimentaire à base de cactus pour la région de Kalâa des Sraghna

Par L'Economiste | Edition N°:537 Le 25/06/1999 | Partager

· Confiture, sirop, jus, cosmétiques et sucre de roux peuvent être produits

· La superficie actuelle de 15.000 ha devra être portée, au terme du Plan quinquennal, à 100.000


Un visage émacié avec des pommettes saillantes, le regard vide, une veste usée, un col de chemise sale, des sandales de cuir datant de bien des années Ahmed, paysan de la province de Kalâa des Sraghna, ne sait comment continuer à faire vivre sa famille. Les récoltes céréalières de cette année sont très maigres. Le pâturage est de plus en plus rare et il ne sait comment affronter les dépenses de la saison suivante. Au banc des accusés, la sécheresse qui a frappé une fois de plus. Seulement, lui, il est habitué à cette situation. Dans la Province de Kalâa des Sraghna, le climat est classé aride et semi-aride. La sécheresse n'y est pas un phénomène inconnu. Elle frappe 7 exercices sur 10. Cette année, le ciel a encore été très peu clément. Cependant, Ahmed n'a jamais pensé à changer son agriculture alors que le blé n'est pas la graine destinée à cette région. Actuellement, le Ministère de l'Agriculture et la Province de Kalâa des Sraghna souhaitent introduire un autre type de culture plus adaptée à ce climat. Il s'agit de celle du cactus. Quoique cette plante ait été introduite depuis plusieurs décennies par le Service de la Défense et de la Restauration des Sols (SDRS), elle n'occupe aujourd'hui qu'une superficie de 15.000 hectares. L'ambition des responsables est de la porter, au terme du Plan quinquennal 1999/2003, à 100.000 ha. Les travaux de plantation devront commencer au mois d'octobre prochain, est-il précisé.

L'argumentation développée par les promoteurs de ce projet est que, outre l'adaptation au climat semi-aride, cette plante permette une protection des sols contre l'érosion et la sauvegarde du cheptel en période de sécheresse en utilisant les raquettes sous forme de fourrage.
Reste que le plus important est la possibilité de développer une chaîne agro-alimentaire avec tout l'impact socio-économique qu'elle peut produire sur la population. En effet, les expériences dans d'autres pays, notamment en Amérique latine, et particulièrement au Mexique, montrent que les figues de barbaries sont utilisées pour la production de sirop, jus, confiture, cosmétiques et sucre de roux (naturel). Aussi les raquettes peuvent-elles être utilisées pour la production de biogaz. De même, certaines espèces (Nopals) peuvent servir pour les conserves ou être vendus à l'état frais pour la consommation humaine en tant que légumes. A cela s'ajoute "la possibilité d'exploiter les champs du cactus pour l'élevage d'insectes. L'objectif est l'obtention de colorants naturels (carmin de cochenille)", précise le document technique de présentation du projet. Ces projets devront être appuyés d'une assistance financière et technique étrangère.
Dans tous les cas, ces opportunités offertes par l'exploitation de cactus renseignent sur les nombreuses possibilités de valorisation industrielle qui pourront changer le visage économique de cette région. Les effets sur la population seront mesurés en termes d'emplois créés, de l'activité commerciale induite et des revenus tirés par la population cible.


Le cactus et le Plan quinquennal


Plusieurs mesures s'insèrent dans le Plan quinquennal du Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes.
Ainsi, le budget du Plan prévoit 2 millions de DH pour l'extension des plantations de cactus, particulièrement au niveau de la région de Rhamna (Kalâa des Sraghna). Cette enveloppe devra financer les études, les essais et l'encadrement de la population. Ce même budget concerne aussi la plantation de 2.260 ha de cactus dans la Commune de Jâafra (Kalâa des Sraghana). L'opération entre dans le cadre d'un projet intégré de mise en valeur en bour étalé sur trois ans. L'enveloppe qui lui est réservée s'élève à 13 millions de DH. En somme, le Plan quinquennal prévoit la réalisation de près de 100.000 ha à raison de 18.000 par an.


Les ambitions chiffrées pour le cactus


· L'exploitation de cette culture engendrerait un revenu additionnel de 50 millions de DH par rapport à celle des céréales

· Près de 25.000 emplois permanents peuvent être créés dans la région


Le Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes et la Province de Kalâa des Sraghna placent la barre très haut. Ensemble, ils ambitionnent de porter, au terme du Plan quinquennal 1999/2003, la superficie actuelle des exploitations de cactus dans la Province de 15.000 à 100.000 ha.
Selon une fiche technique du projet(1), l'élargissement des implantations de cactus devra être réalisé particulièrement au niveau de la région des Rhamna. Cette culture permettra ainsi la fixation de la population et l'arrêt de l'exode rural, phénomène plus intense durant les périodes de sécheresse. Cette rétention de la population serait en effet rendue possible via les activités engendrées par les exploitations de cactus.
Ainsi, le projet permettra un revenu additionnel de 50 millions de DH par rapport à la céréaliculture, est-il indiqué. En effet, précise l'étude, un hectare de cactus rapporte au terme de quatre ans d'activité un revenu annuel de 2.000 DH. Pour 100.000 ha, le revenu tiré sera de 200 millions de DH (l'équivalent des revenus de l'activité céréalière). "A cela s'ajoute la valeur de la production fourragère qui est estimée à 500 DH/ha, soit donc un total de 50 millions de DH", est-il précisé. La répartition de cette enveloppe additionnelle "rapportera un revenu moyen additionnel de 8.500 DH par ménage".

Parallèlement, la culture de cactus permettra la création de plusieurs postes d'emploi. Ainsi, outre les journées de travail consacrées au découpage des raquettes et la préparation des aliments destinés au bétail en cas de sécheresse, cette culture induira la création de quelque 3 millions de journées de travail par an, soit l'équivalent de 25.000 emplois permanents. Une richesse de 90 millions en termes de revenus sera ainsi générée.
S'agissant de l'emploi féminin, le projet avance que la préparation de la ration alimentaire destinée à l'élevage ovin à base de cactus permet la création de 225.000 journées de travail sur trois mois. Ce qui représente un revenu total de 6,75 DH dont 50% destinés à la femme rurale.


(1) Développement de la culture de cactus dans la Province de Kalâa des Sraghna.

Aniss MAGHRI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc