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Economie

Un porte-conteneurs hollandais interdit d'accès au port d'Agadir

Par L'Economiste | Edition N°:568 Le 09/08/1999 | Partager

· Les exportateurs gadiris estiment que cette décision fera renaître le monopole du fret maritime de
ses cendres

· Faut-il favoriser le pavillon marocain au détriment des exportations?


La décision n'est pas encore officiellement communiquée, mais le fait est déjà là. La compagnie hollandaise KNSM vient de voir son autorisation d'escale à Agadir refusée le 30 juillet dernier. Pour l'heure, aucun argument officiel n'est avancé par la Direction de la Marine marchande pour motiver cette décision. Mais, auprès des opérateurs d'Agadir, on parle déjà d'une volonté de marocanisation de cette entreprise. A préciser que la compagnie KNSM ne se voit livrer qu'une autorisation ponctuelle et non permanente pour effectuer ses escales à Agadir.
Ainsi, moins de quatre jours (après cette décision) ont été nécessaires pour que le branle-bas de combat s'installe dans les rangs des exportateurs gadiris, notamment les conserveurs. Ne perdant pas de temps, l'Unicop (l'Union Nationale des Industriels de Conserves de Poisson) vient d'envoyer mercredi 4 juillet une lettre à M. Thami El Khyari, ministre des Pêches Maritimes. Relatant les enjeux et les répercussions de cette décision sur les exportations de la région d'Agadir, notamment vers les marchés européens, l'Unicop sollicite donc une intervention de son Ministère de tutelle auprès de celui du Transport pour trouver une solution à ce problème.
En fait, ce ne sont pas seulement les conserveurs qui sont touchés par cette décision, mais également les exportateurs de fruits et légumes.

A rappeler que la présence à Agadir depuis 1997 de trois compagnies maritimes était accueillie par tous les exportateurs comme une véritable aubaine. "Alors que 80% de nos exportations embarquaient auparavant par le port de Casablanca, la tendance s'est inversée au profit de celui d'Agadir grâce notamment aux nouvelles lignes de la compagnie KNSM", affirme M. Majid Joundy, président de l'Unicop. Concrètement, poursuit-il, cette compagnie aura donc permis une croissance et une régularité des fréquences. De plus, elle a favorisé, en raison de la compétition, de meilleurs taux de fret et de qualité de services.
Aujourd'hui, les exportateurs gadiris redoutent que cette décision ne soit de nature à faire renaître le monopole du fret maritime de ses cendres. Furieux, M. Joundy fustige. "Cette interdiction remet d'ailleurs en cause tous les investissements consentis par l'Etat: le nouveau port de commerce, le matériel de manutention pour les conteneurs...".
Par ailleurs, si la décision de la Direction de la Marine marchande vise vraisemblablement à favoriser le pavillon marocain, elle est en revanche largement défavorisante pour les exportations (toujours marocaines).

A l'origine de ce débat, les exportateurs gadiris avancent différentes hypothèses. "Cette situation est due à deux prises de positions différentes entre le Ministère du Transport et celui de l'Industrie et du Commerce", est-il indiqué.
Autre raison invoquée, la bataille feutrée livrée entre le Maroc et l'Union Européenne sur le dossier de la pêche notamment.
Les langues se délient: "Il est plus que probable que cette affaire ne serait qu'une manière de rendre la monnaie à ce qui vient de se dérouler au port de Cadix: Le car-ferry Atlas de la société marocaine IMTC, vient d'y être bloqué". D'autres supputations, dans la foulée, sont formulées, mais sans faire avancer la situation d'un iota. Or, le véritable débat aujourd'hui, est celui des choix stratégiques à opérer. Autrement dit, faut-il ou non marocaniser notre flotte.


Le commerce illégal du poisson à l'origine de l'anarchie?


Il n'aura fallu pas plus d'un mois après l'entrée en application le 15 avril du protocole d'accord sur la commercialisation des produits de la pêche au port d'Agadir pour que ce dernier replonge dans son "anarchie". En effet, petit à petit, les vieilles habitudes ont pris le pas sur l'effort de modernisation du port que les autorités locales (le wali notamment) et le Ministère des Pêches Maritimes ont voulu concrétiser justement par la signature de cet accord.
Du côté officiel, cette situation a été confirmée par l'établissement d'un rapport émanant du service vétérinaire de la Direction provinciale d'élevage d'Agadir et ce, à la suite d'une opération d'inspection effectuée par une commission de vétérinaires(1). Le rapport est on ne peut plus alarmant. Aussi bien les quais que la halle au poisson sont dans un état pour le moins piteux.
"Les bouches d'eau potable installées le long des quais, nécessaires pour le pompage du poisson industriel, sont non fonctionnelles. Des eaux résiduaires stagnantes par quelques endroits entraînent la formation de petites mares favorables à la putréfaction et dégagent des odeurs nauséabondes. D'autres déchets sont accumulés dans des conteneurs qui, de surcroît, ne sont pas étanches". Le rapport d'évaluation du port de pêche d'Agadir ne s'arrête pas là. Il fait même référence aux marchands ambulants de divers produits qui encombrent les quais et, au passage, rejettent les déchets (viscères, écailles et sang). "C'est un véritable marché aux puces où chaussures de sport, vêtements de tout genre côtoient au quotidien le poisson dans une anarchie caractérisée", déplore un armateur de la pêche côtière. "Et ce n'est pas pour des raisons pseudo-sociales que nous pouvons tolérer ce désordre et porter également préjudice à la matière première destinée aux conserveurs qui, eux, orientent leurs marchandises presque exclusivement vers les marchés à l'export", ajoute-t-il.
Selon des industriels gadiris, cette situation engendre de sérieux problèmes. Il s'agit en l'occurrence de la "Faquira", commerce illégal du poisson et qui justifie le maintien de la situation anarchique actuelle.

(1) L'opération d'inspection a été effectuée le 8 juin 1999. Quant au rapport de la commission, il est daté du 13 juillet.

Hassan BOUCHACHIA

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