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Politique Internationale

Un jury d'exception pour la soutenance d'un sujet classique

Par L'Economiste | Edition N°:14 Le 30/01/1992 | Partager


ETAT et capital privé au Maroc (1956 - 1980)" fut le thème de la thèse soutenue par le professeur Abdelkader Berrada. La thèse a été présidée par un jury exceptionnel au sein duquel figuraient deux membres du gouvernement, Mohamed Berrada ministre des Finances et Rachidi El Ghezouani ministre du Plan et M. Oualaalou député, M. Jouahri, P.D.G de la BMCE annoncé n'a pas assisté. Sur leur présence au sein du jury, Abdelkader Berrada explique que ce sont d'abord des enseignants et professeurs et qu'ils ont une connaissance approfondie de l'économie marocaine. Sur la composition des membres d'un jury de thèse, Abdelkader Berrada remarque que la tendance est à choisir un "jury-maison" d'une même idéologie ce jury est formé soit exclusivement d'enseignants de la faculté, soit de membres choisis en fonction des tendances politiques et non en fonction de leur compétence. "Il faut éliminer toutes ces anomalies pour l'intérêt du développement et de la recherche" clame l'auteur de la thèse "l'encadrement doit se faire en fonction de la spécialisation". Abdelkader Berrada a voulu ainsi rompre avec cette tendance. Le jury doit être choisi en fonction de l'hon-nêteté intellectuelle et de la connaissance approfondie du sujet, et aussi en fonction de l'ouverture de l'université sur son environnement. "La recherche doit être à l'épreuve des différentes idées dans leur diversité" . Une thèse doit être "discutée selon des points de vue différents".

Abdelkader Berrada professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales de Rabat, a intégré cette Faculté en 1972 en tant qu'assistant. Il reconnait avoir été encadré à l'époque par une très bonne équipe entre autre composée de Abdelaziz Belal et Jean Marie Chevalier.
A chaque déplacement en France, Abdelkader Berrada a aussi bénéficié des conseils du célèbre Economiste brésilien Celso Furtado exilé à Paris. L'auteur regrette l'absence d'une structure à la Faculté de Droit à même d'assurer l'encadrement des chercheurs en herbe. "Le problème de l'encadrement est un problème sérieux faisant obstacle au développement de la recherche". Le chercheur marocain est soumis à plusieurs difficultés et obstacles qui l'empêchent de mener à bien son travail. Ce chercheur a besoin de connaître les origines et les sources des informations qui sont difficiles voire impossibles d'accès. En plus l'orientation dans l'administration marocaine est insuffisante. Le chercheur ne sait à quelle porte il faut frapper pour disposer de l'information dont il a besoin.

La thèse traite de la logique et des modalités de l'action de l'Etat dans ses rapports avec le capital privé. L'auteur constate la diversité des moyens d'actions de l'Etat en faveur du capital privé. La politique budgétaire demeure toutefois la pièce maîtresse de la politique économique de l'Etat en faveur de ce segment du capital. L'action de l'Etat "Post colonial" au Maroc vise d'après lui beaucoup plus à favoriser la création d'une classe bourgeoise riche qu'une dynamique de croissance. Il soutient que la politique économique de l'Etat manquait de cohérence, et ce, pour diverses raisons dont notamment le caractère ambivalent de la planification économique et surtout en l'absence d'une action pénalisatrice dirigée contre les activités spéculatrices. A. Berrada note qu'une autre tendance lourde se dégage de cette étude du rapport de l'Etat au capital privé sur la période 1956-80 c'est que "l'action multiforme de l'Etat Post-colonial évolue certes pour une large part dans le sens des intérêts du capital étranger et privé local sans pour autant être uni-voque". Enfin une dernière tendance se dégageant de la thèse. L'action de l'Etat aurait été sous l'influence du marché mondial capitaliste. L'auteur note dans ce sens l'influence de la BIRD et du FMI sur la politique économique du Maroc. Abdelkader Berrada affirme avoir donné un examen approfondi basé sur l'observation et l'analyse, de la politique budgétaire, des autres variantes de la politique économique (crédit, prix à la production et salaires, stabilisation sociale et économique) et enfin de la problématique du partage des fruits de la croissance. Ces trois thèmes constituent les titres respectifs des trois thèmes de sa thèse de 400 pages chacun, dirigée à l'origine par feu Abdelaziz Belal.

Nabil CHAKOR

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