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Un financement global de la Banque Mondiale pour les réformes Youssoufi

Par L'Economiste | Edition N°:518 Le 31/05/1999 | Partager

· Pour la première fois, la Banque Mondiale accompagne une politique globale d'un gouvernement, au Maroc et dans les PVD
· L'institution internationale donne son accord au programme de Youssoufi


C'est aujourd'hui que se tient le conseil d'administration de la Banque Mondiale à Washington(1) . Ce rendez-vous est attendu avec beaucoup d'impatience au Maroc. Car, l'institution financière se prononcera sur le projet d'accord pour financer le Programme de Réformes Economiques et Sociales (PRES). Il s'agit d'un prêt de 250 millions de Dollars, soit environ 2,4 milliards de DH. Cet accord entraînera de facto l'acceptation d'un deuxième prêt de 200 millions de Dollars (l'équivalent de 2 milliards de DH). Le tout servira à financer les réformes économiques et sociales qui sont dans le pipe-line du gouvernement d'alternance.
Pour M. Ahmed Lahlimi Alami, ministre des Affaires Générales du Gouvernement, la Banque Mondiale a été convaincue par la Déclaration de politique générale du gouvernement (annoncée par M. Abderrahman Youssoufi en avril 1998 devant la Parlement). C'est la première fois que cette institution internationale décide d'accompagner une politique globale d'un gouvernement au Maroc et dans les pays en voie de développement.
Le programme de gouvernement a été affiné par une lettre de politique de développement et une matrice des actions à entreprendre à court terme. Ces deux documents ont été préparés et soumis au CA de la Banque. C'est la première fois que de tels documents seront rendus publics au Maroc.

Mutation du secteur public


Le PRES s'articule autour de quatre axes. Le premier se traduit par une vision dite partagée du développement économique, alimentée par une planification réhabilitée, devenant ainsi l'outil privilégié pour mobiliser l'ensemble des acteurs économiques, politiques et sociaux. Cette stratégie permettra d'anticiper et de piloter les réformes économiques et sociales. Il est à rappeler que les composantes de la politique globale du gouvernement sont développées dans le projet du Plan quinquennal 1999-2003 qui sera présenté au Parlement lors de la session d'automne. Ce document marquera l'engagement des pouvoirs publics a atteindre une croissance annuelle de 6%. Ce taux est jugé nécessaire pour résoudre le chômage. "Ceci implique un effort d'épargne nationale garantissant une capacité d'investissement de 25% à l'horizon 2003", indique un document de la Primature.
Le deuxième axe porte sur la mutation du secteur public. Il s'agit de restructurer les dépenses publiques de manière à atténuer la rigidité du budget et à en modifier la structure. Le but est de le transformer en un levier de l'investissement, de la croissance et de la résorption des déficits accumulés en matière de développement social. C'est ainsi qu'une réforme profonde de l'Administration est nécessaire. Sur ce registre, les pouvoirs publics affichent la ferme intention de modifier en profondeur les relations entre l'Administration et les citoyens. Pour cela, le gouvernement a mis en place un comité stratégique de la réforme de la fonction publique. Ce Comité est chargé d'élaborer une vision stratégique visant à moderniser l'Administration et à en renforcer la déconcentration. La révision des procédures administratives ainsi que l'adoption d'une nouvelle approche en matière de recrutement, de gestion de carrière et de motivation des fonctionnaires. Tout cela favorisera le redéploiement et la mobilité entre les différents secteurs.
La modernisation de la justice n'est pas en reste. C'est une priorité pour le gouvernement qui compte engager un processus urgent de redressement et de réhabilitation de l'institution judiciaire.
Quant au troisième axe, il porte sur le développement du secteur privé. Pour les pouvoirs publics, il s'agit d'étendre le périmètre de ce secteur en lui intégrant des entreprises publiques ayant un caractère concurrentiel. Cette évolution devra favoriser la participation privée à la réalisation des chantiers d'infrastructures tels que les télécoms ou les transports. L'élaboration d'un cadre législatif et réglementaire, régissant cette participation au financement et à la gestion des infrastructures est en cours. Il s'agit aussi d'améliorer la compétitivité du secteur privé par un soutien à la mise à niveau des entreprises et un large accès aux sources de financement. Le gouvernement compte également accélérer son programme d'appui aux PME, génératrices de croissance et d'emplois.
Dernier axe, la mise en place d'une stratégie sociale intégrée. Elle devra étendre l'accès des populations pauvres aux soins de base, lutter contre le chômage, les disparités et l'exclusion et réformer le système de protection sociale. Cette démarche s'appuie sur la participation active et contractuelle de la population. Un ensemble de mesures traduisent la volonté de progrès et la solidarité entre les couches. Elles concernent notamment la réforme de l'Entraide Nationale et la création du fonds de développement social.

Mohamed CHAOUI

(1) Cf L'Economiste des 5 et 28 mai 1999.

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