×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprises

Un an après la fusion, SNI ouvre ses comptes

Par L'Economiste | Edition N°:3509 Le 15/04/2011 | Partager
Les 36 filiales du groupe
Les réels effets du rapprochement
Plus de valorisation, moins de bénéfices

ON prônait que le retrait de SNI-ONA de la Bourse engendrerait la disparition de l’information financière sur le groupe. Erreur. L’ensemble continue de communiquer. Il maintient ses commentaires, même si l’année 2010 a été difficile.
Une page s’est, en effet, tournée dans la saga du tandem ONA-SNI, en 2010. Après les offres publiques de retrait, la radiation de la cote et la fusion place à l’optimisation et rationalisation du périmètre de l’ensemble. Cela passe (voir notre édition du 14 avril 2011), premièrement par le redéploiement des équipes au niveau des différentes filiales du groupe ainsi que l’ouverture du capital des sociétés les plus matures (Lesieur-Cristal, Cosumar et Centrale Laitière) à un nouvel actionnaire professionnel et l’augmentation de leur flottant en Bourse. Selon le management du holding royal reconfiguré, «SNI serait à la recherche d’un acquéreur qui dispose d’un réel projet de continuité et qui soit prêt à payer le meilleur prix».
En attendant, la société a publié ses résultats annuels pour 2010 compte tenu de son obligation d’informations suite à l’emprunt obligataire qu’elle a émis en 2009 (1,5 milliard de DH sur 10 ans). Une publication qui a fait l’effet d’une bombe au sein du marché. En effet, une lecture peu pointue des agrégats financiers du nouvel ensemble pourrait fausser la réalité des chiffres dans un périmètre constant. Et les progressions qui ressortiraient de cette interprétation sont hors contexte. Les 8,2 milliards de DH de résultat net consolidé réalisés par SNI en 2010 ne sont, ainsi, pas représentatifs de la réelle performance du holding. «Ce montant est majoritairement constitué d’une réévaluation à la juste valeur de la quote-part antérieurement détenue des filiales acquises suite à l’offre publique de rachat et de la fusion-absorption ONA par SNI», explique Bachir Tazi, associé gérant du cabinet Ernst & Young, le co-commissaire aux comptes du holding.

Création d’un holding à vocation d’investissement

Ce regroupement sans précédent de l’histoire de la Bourse de Casablanca des deux plus grosses entités, qui a vu disparaître de la cote plus de 20 milliards de DH de capitalisation, n’a été réellement comptabilisé dans les comptes que depuis le 1er octobre 2010. L’objectif de cette méga-fusion était la mise en place de la nouvelle vocation de SNI en tant que société d’investissement détenant des positions minoritaires. Une sorte de fonds de développement, version géante.
Dans ces conditions, la réévaluation qui compose le résultat net se chiffre à 6,5 milliards de DH qui n’a, selon Tazi, «aucune incidence sur la trésorerie du groupe». Ce montant émane de l’application de la norme IFRS 3 révisée, entrée en vigueur au 1er janvier 2010. La norme stipule que «lors d’une prise de contrôle d’une cible, dans laquelle le groupe détenait une participation ne lui conférant pas de contrôle, cette participation est évaluée à la juste valeur en contrepartie du résultat», soutient Tazi. En clair, «les agrégats publiés ne sont pas représentatifs des performances de SNI».
Et pour cause, «une partie de plus en plus importante des participations (actuellement Attijariwafa bank et Sonasid à titre d’exemple et des sociétés dont le contrôle sera cédé ultérieurement), est mise en équivalence et donc non intégrée globalement dans les résultats consolidés», soutient Aymane Taud, directeur au sein de SNI. Il faut noter que les sociétés mises en équivalence impactent le résultat net part du groupe (RNPG) mais pas le chiffre d’affaires ni le résultat d’exploitation.
A périmètre constant, sans prendre en compte l’effet de la fusion, le RNPG de SNI serait donc ressorti à 1,8 milliards de DH. La contribution des filiales issues du rapprochement ONA et SNI à ce résultat net récurrent est de l’ordre de 1,6 milliards de DH. Sans surprise, Attijariwafa bank est le principal contributeur. Il est respectivement suivi de Lafarge Maroc, Marjane puis Centrale Laitière.
Même constatation pour ce qui de l’activité du nouvel ensemble. Le chiffre d’affaires (CA) consolidé est passé de 3,4 milliards de DH pour SNI et 37,3 milliards de DH pour ONA en 2009 à 14,1 milliards de DH en 2010. Cette diminution est essentiellement attribuable au changement du périmètre de consolidation. «Le nouveau périmètre de consolidation de SNI intègre les filiales apportées par ONA dans le cadre de la fusion, et ce à partir du 1er octobre 2010 et non rétroactivement au 1er janvier compte tenu de la fusion ONA-F3I», explique le directeur. Ce qui signifie concrètement que les comptes consolidés publiés ne sont pas représentatifs puisqu’ils ne prennent en considération que le dernier trimestre 2010.
Sur le plan des résultats sociaux, les agrégats ne font pas bonne figure. Impacté par le coût de la fusion, le résultat net de SNI se détériore de 40% passant de 1,13 milliard de DH à seulement 684 millions de DH. «Cette régression est principalement attribuable aux frais engagés dans la fusion absorption d’ONA et aux intérêts liés à l’endettement relatif l’offre publique de retrait (OPR) de la cote», justifie Taud.
A ce titre, la société d’investissement a dû débourser une enveloppe de 6,8 milliards de DH financée à la fois «par dette bancaire et levé de fonds sur le marché de la dette privée», d’où l’obligation de publier ses comptes pour au moins 8 ans!

Il.B. avec M.A.B

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc