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    Un appel d'offres révèle les dissensions des architectes

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    Une réunion d'information initiée par l'Ordre National des Architectes à Rabat a révélé le malaise que vit la profession. Le détonateur: l'appel d'offres lancé par le Ministère de l'Education Nationale pour une candidature conjointe avec les bureaux d'étude.
    LA réunion d'information organisée le 8 mars par l'Ordre National des Architectes a vite tourné au règlement de compte. M. Saïd El Fassi, président de l'Ordre et ministre de l'Habitat, venu en tenue décontractée, a senti le vent tourner. En effet, après un bref exposé triomphaliste au sujet de l'appel d'offres du Ministère de l'Education Nationale (MEN), il a demandé à ses confrères de ne plus bouder les petits projets de R+2 pour faire face à la chute de la demande publique. Par la suite, invoquant des tâches que lui impose son rang de ministre, il a quitté les lieux.
    Son départ a été mal apprécié par une grande partie des architectes qui ont, à leur tour, déserté la salle. «Ils représentent le Forum des Architectes, association qui conteste la légitimité de l'actuel président, reconnaît un responsable régional de l'Ordre. Seul le président les intéresse, c'est donc normal qu'ils quittent l'arène faute de combattant à leur hauteur».

    Mais avant de quitter définitivement la salle, le ministre avait donné des instructions à ses collaborateurs. L'un des destinataires n'est autre que M. Taâtaoui, responsable de la Direction Technique au Ministère de l'Habitat. «Toi, tu étais membre de la commission, il faut intervenir», lui a-t-il dit. D'ailleurs, il ne manquera pas de le faire plus tard pour faire partager avec l'assistance «les difficultés à comprendre si l'appel d'offres du MEN n'avait pas de soubassement». A ses yeux, les ingénieurs seraient les chefs d'orchestre d'une conspiration visant à imposer l'ingénierie. L'appel d'offres n'est autre qu'une de ses manifestations. Le même jour, l'Association Marocaine du Conseil et de l'Ingénierie devenait une Fédération.

    Relâchement de langage


    L'avis rendu par la Commission des Marchés au sujet du conflit né de l'appel d'offres du MEN(1) est diversement jugé. Cet avis conforterait «l'Ordre dans sa position estimant que le cadre légal est inexistant». Malgré cette assurance, une contestation se dessine. Sur ce registre, des architectes ont estimé que «l'appel d'offres en question n'est pas une magouille». Ils ont estimé que la lettre de l'Ordre adressée aux architectes leur demandant «de participer uniquement à des projets symboliques et structurants» est une aberration. La sanction de l'Ordre n'est pas loin. «La loi ne m'interdit pas de me désolidariser avec l'Ordre», s'est exclamé un architecte. L'image de l'unanimité affichée par l'Ordre est donc écornée. Elle l'est davantage puisque pas moins de 48 architectes avaient soumissionné à l'appel d'offres, bravant ainsi l'interdiction instituée par l'Ordre.

    En outre, les architectes souffrent visiblement d'un déficit de communication. La meilleure illustration viendra de M. Abdeslam Menjili qui prit tout le monde de court en déclarant: «Nous remercions M. Rachid Belmokhtar de nous avoir donné l'occasion de nous réunir et de tenir cette assemblée générale extraordinaire». A cette occasion, il a attiré l'attention de l'assistance sur l'épineux problème qui se posera aux nouveaux architectes à partir d'avril prochain. Ces derniers seront désormais obligés de passer un stage de deux ans dans un cabinet avant de prétendre ouvrir le leur. L'Ordre ne semble pas s'inquiéter outre mesure de cette échéance. D'autres viendront pour regretter les assemblées générales disparues depuis bientôt trois ans. Ce qui était une simple réunion d'information a tourné en AG d'une durée de 5 heures. Cette soif de communication a été probablement à la base du relâchement du langage de M. Serhane qui a traité «certains bureaux d'étude de cheikhates qui font la danse du ventre» et insulté M. Nabil, architecte et chef de la Division des Constructions scolaires au MEN, venu pour expliquer et faire valoir le point de vue de son département de tutelle.
    M. Nabil a expliqué l'objectif de la procédure du MEN qui visait à améliorer la qualité des constructions scolaires et à répartir équitablement la commande publique.

    Mohamed CHAOUI

    (1) Cf L'Economiste du 16 janvier 1997.

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