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    Europe

    UE-Turquie
    Négociations (définitivement) dans l’impasse?

    Par L'Economiste | Edition N°:3514 Le 22/04/2011 | Partager
    Aucune relance depuis juin 2010
    L’Europe se crispe de mieux en mieux
    La France et l’Allemagne dament le pion

    L’EUROPE ne sait plus quoi faire de la Turquie. Encore une fois, mercredi à Bruxelles, les discussions sont parties en vrille. Le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan est ressorti en colère de la réunion du conseil de partenariat: « Il est flagrant qu’il existe des problèmes d’adaptation sérieux entre les positions générales de la Turquie et de l’Union européenne (…) C’est un entretien durant lequel tous les différents ont été mis sur la table. Les négociations d’adhésion à l’UE sont presque entrées dans l’impasse», a-t-il déclaré. Le processus est menacé à cause des conflits qui opposent Ankara aux Chypriotes et aux objections formulées par l’Allemagne et la France.


    Toujours plus de garanties


    L’UE joue à la sourde oreille et demande toujours plus de garanties. La politique stricte de visa de l’UE vis-à-vis des ressortissants turcs est considérée comme un obstacle qualifiée par le Premier ministre turc de « juridiquement sans fondement et injuste». Ankara se plaint que l’UE n’a pas encore autorisé le lancement des négociations sur un régime de circulation sans visa pour les citoyens turcs. Le blocage survient au moment où plusieurs pays européens se rigidifient sur l’intégration des populations musulmanes.
    «L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est vitale, à telle enseigne qu’elle ne peut pas être utilisée dans le cadre de campagnes électorales ou à des fins de politique intérieure», a dit le Premier ministre turc devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
    Le président de l’AKP, parti islamiste qui se définit comme démocrate et pro-européen, a vanté la croissance économique de son pays, 8,9% en 2010, et mis en avant «la capacité de la Turquie à prendre des initiatives» dans de nombreux domaines qui concernent la prospérité européenne.
    En visite à Paris, le ministre des Affaires européennes turc, Egemen Bagis, a tenté de faire évoluer la position du gouvernement français, farouchement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’UE. «On dit que la Turquie est trop grande, trop religieuse, et trop pauvre», a-t-il affirmé. «Trop pauvre? Ce n’est plus vrai», a-t-il objecté. «Trop grande? La diplomatie européenne serait renforcée si la Turquie faisait partie de l’UE», a-t-il poursuivi. «Musulmans? Nous n’avons jamais dit que nous ne l’étions pas». Et le ministre d’ajouter: «Ce serait un avantage pour l’Europe, dont 10% de la population est musulmane. Voulons-nous qu’elle soit influencée par le message de Ben Laden, ou que la Turquie leur dise que la démocratie et l’islam peuvent coexister?» Il a estimé que la Turquie fait «coexister l’islam et la démocratie depuis 200 ans». Au-delà de la question religieuse, le ministre turc est aussi revenu sur les voisins de la Turquie. L’UE a-t-elle vocation à avoir des frontières communes avec l’Irak et l’Iran? «Si c’était le cas, cela accroîtrait l’influence de l’Union européenne dans la région, et donnerait de l’espoir aux populations de ces pays». «Il n’y a pas de frontières géographiques, mais psychologiques», a-t-il ajouté. Depuis juin 2010, la Turquie n’a ouvert aucun nouveau chapitre politique dans les négociations avec l’UE, soit la période de sécheresse diplomatique la plus longue depuis le début des négociations en 2005.

    Karim SERRAJ

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