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    Economie

    TVA sur la margarine: Grogne des industriels

    Par L'Economiste | Edition N°:2163 Le 02/12/2005 | Partager

    . Ils réclament sa généralisation pour le beurre en vrac. Le gouvernement invoque le caractère social du produitL’association des fabricants de margarine (AFAMAR) monte au créneau. Pour elle, l’imposition sur le beurre doit être totale. Dans un communiqué rendu public mercredi 30 novembre, l’association dénonce une politique «de deux poids deux mesures» pratiquée à son égard par le gouvernement. Elle en veut pour preuve la loi de Finances 2006, dont une disposition soumet toujours le secteur à une TVA de 14%. Ceci alors que le beurre en vrac, lui, est toujours exonéré. Une mesure que les opérateurs du secteur jugent injuste. L’association y voit même «la pression d’un lobbying » mené par quelques importateurs. Un point de vue que parlementaires et ministres ne partagent pas. Pour eux, et contrairement à la margarine, le beurre est un produit social, une denrée de première nécessité. Il n’est donc pas question de le taxer. Les industriels, eux, font retentir un autre son de cloche. Pour eux, «le beurre et la margarine sont des produits parfaitement substituables, du même goût, de la même texture et correspondant aux mêmes utilisations». Membre de l’Afamar, Hassan Berrannoun, explique: «la distinction entre margarine et beurre est née de l’utilisation de la margarine dans la pâtisserie. Mais la margarine est devenue un produit de table depuis plusieurs années». Et d’ajouter: «la margarine, moins chère que le beurre, est aujourd’hui consommée par les couches sociales les plus défavorisées», avance l’association. La différenciation est cependant toujours de mise. Conséquence, et pour l’heure, même le beurre emballé n’est pas taxé. Un produit comme celui de la marque Président, vendu entre 20 et 25 DH les 250 gr, n’est pas soumis à la TVA. «Inconcevable!» s’insurge Berrannoun. De son côté, le directeur de la production industrielle au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, Jamaleddine Jamali, rassure: «Nous avons franchi un grand pas vers les industriels en soumettant également, dans le cadre de la loi de Finances, le beurre emballé à cette TVA. L’imposition du beurre en vrac, elle, s’est avérée plus difficile».Autre paradoxe, le beurre en vrac, de par les conditions peu hygiéniques dans lesquelles il est commercialisé, est normalement interdit de vente au détail. Sur le terrain, il se taille le plus gros du marché. Jamali plaide dans ce sens pour une action parallèle pour limiter les dégâts. «L’idéal serait de lancer des campagnes de sensibilisation à destination des consommateurs pour avertir sur les risques du beurre en vrac sur la santé», propose-t-il. Mais là n’est pas tout, rétorquent les margariniers. «Le beurre en vrac comme l’emballé sont à hauteur de 95% importés. Ils ne dégagent aucune valeur. Au contraire, à leur non-imposition, s’ajoutent les avantages douaniers dont ils bénéficient», dénonce Berrannoun. Les 40.000 tonnes de beurre importées chaque année bénéficient de droits préférentiels sur 8.800 tonnes. Au lieu des 32,5% de droits d’importation, ce tonnage n’obéit qu’à un quitus de 10%. En face, le secteur de la margarine, avec 35.000 tonnes produit, par an, un chiffre d’affaires de 600 millions DH et 4.000 emplois, doit débourser près de 70 millions DH de TVA annuellement. «Ce que nous recherchons, ce n’est pas la suppression de la TVA, mais sa généralisation. Une manière de mettre importateurs et industriels sur un pied d’égalité», dit Berrannoun.Tarik QATTAB

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