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Economie Internationale

Turquie: Grande mobilisation pour les victimes du tremblement de terre

Par L'Economiste | Edition N°:577 Le 20/08/1999 | Partager

· Les aides humanitaires affluent vers Istanbul et Izmit, les deux villes les plus touchées
· La Grèce a joué la magnanimité et la réconciliation autour du drame

Par milliers, ils ont convergé vers la Place Taksim et se sont installés dans les squares, les jardins, au milieu des rues, le plus loin possible de tous les bâtiments. Dès la première secousse, la plus forte de toutes, l'électricité et le téléphone ont été coupés. A Istanbul, la première ville de Turquie, une vingtaine d'immeubles se sont effondrés, mais beaucoup de personnes sont mortes de terreur, sautant par la fenêtre de leur appartement. Istanbul est pourtant à 150 km de l'épicentre du séisme qui a frappé mardi à l'aube l'Ouest et le Centre de la Turquie. Toute la journée du mardi, les bilans ont succédé aux bilans. 7 morts à 3h30 du matin, 200 à 8h, 300 à 10h, 800 à 15h, 1.000 à 18h et plus de 3.400 mercredi.
Golcuk, base stratégique de la Marine turque, se trouve près de 100 km après Istanbul, vers l'Est. La veille, une importante cérémonie de passation de pouvoir avait attiré là des hauts gradés du pays. Ils y sont restés pour la nuit. Le lendemain, en début d'après-midi, 248 personnes étaient encore sous les décombres des installations militaires. Les sauveteurs progressent lentement. Sur 44 personnes extraites des ruines, une sur deux est morte. De la ville, à peine plus loin, on voit d'immenses colonnes de fumée qui s'élèvent par-dessus des immeubles.
C'est à Izmit, ville industrielle toujours dans la région côtière très peuplée de la mer de Marmara, que le tremblement de terre a été le plus violent. Des rues entières se sont écroulées, emprisonnant les habitants surpris en plein sommeil. Deux soeurs gisent sur leur lit, écrasées sous un bloc de béton. Coincé sous les débris, un adolescent de 15 ans appelle longtemps au secours des sauveteurs improvisés. Lorsqu'ils le trouvent, il est mort. Dans les rues, des dizaines de personnes, certaines couvertes de sang, sont allongées sur des couvertures tandis, que les plus valides, par centaines, fouillent les gravats. Les routes sont coupées, un pont s'est effondré et, dans l'après-midi du mardi, la ville était toujours noyée dans une épaisse fumée noire qui s'échappe de la raffinerie de pétrole en feu depuis l'aube. Selon le Centre sismologique de Kandilli, la secousse initiale a atteint la magnitude de 6,7 sur l'échelle de Richter, pendant 45 secondes.
Mardi, au hasard des lignes téléphoniques chaotiques ou saturées, chacun essaye de prendre des nouvelles des siens, petits ou grands, inconnus ou célèbres. Alors que le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a immédiatement demandé au gouvernement turc des informations sur la santé de son chef Abdullah Ocalan, emprisonné sur l'île d'Imrali (non loin de l'épicentre du séisme), la chaîne de télévision CNN s'est tout de suite inquiétée de la santé de Bill Richardson, le secrétaire américain à l'Energie en mission à Istanbul. Se trouvant au douzième étage d'un immeuble, l'Américain a expliqué en direct que «les murs ont tremblé, et toute mon équipe a senti le choc». Il à tenu a donner «une bonne nouvelle»: «Il ne semble pas que des touristes américains aient été blessés». Presque au même moment, à Ankara, le Premier ministre turc Bulent Ecevit, le visage sombre, lançait à la presse: «Nous ne pouvons malheureusement pas vous donner de bonnes nouvelles».
Toute la journée, les secours internationaux se sont organisés, en fonction d'une logistique rodée de drames en drames, mais qu'organisent aussi les intérêts géostratégiques des uns et des autres. En Iran ou en Afghanistan, d'autres tremblements de terre mortels avaient donné lieu à d'âpres tergiversations afin de savoir quels pays seraient autorisés à apporter leur aide. Les humanitaires américains avaient notamment été refusés. Pour la Turquie, tout se fait en bon ordre. Chacun aide comme il peut, mais surtout comme il doit. Alliés militaires et stratégiques d'importance, les Etats-Unis et Israël se sont manifestés parmi les premiers. Trois avions Hercules ont décollé de Tel-Aviv, emmenant 180 soldats et un savoir-faire éprouvé dans les attentats. La Bulgarie mais surtout l'Allemagne, qui accueille une importante communauté émigrée turque, a sorti le porte-monnaie, décidant une aide d'urgence de 510.000 Euros.
Meilleur ennemi de la Turquie et belliqueuse voisine, la Grèce a joué la magnanimité et la réconciliation autour d'un drame, dont les secousses ont été ressenties jusqu'à ses côtes nord et dans les îles de la Mer Egée. Tout aussi symbolique, Ankara a accepté les secours tendus par Athènes.
En Turquie, pays régulièrement touché par les séismes, la préfecture de la Province de Zonguldak (Nord-Ouest), elle-même sinistrée, a envoyé 500.000 pains à Izmit, parce qu'ils sont plus durement éprouvés. Un appel aux donneurs de sang a exhorté la population à ne pas retourner dans les bâtiments endommagés et demandé aux automobilistes de laisser les voies libres pour les sauveteurs.

Syndication L'Economiste-Libération (France)

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