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Economie Internationale

Tunisie: L’économie au plus bas
De notre correspondante, Yousra MAHFOUD

Par L'Economiste | Edition N°:3503 Le 07/04/2011 | Partager
Une croissance entre 0 et 1% en 2011 contre 5,4% prévus, si rien n’est fait
Fermeture définitive ou momentanée de grands sites de production

C’est un exercice difficile auquel s’est livré Jelloul Ayed pour sa première sortie médiatique depuis sa nomination à la tête du ministère des Finances dans le gouvernement provisoire. Cet ancien haut cadre de BMCE Bank a eu la lourde charge de livrer la situation d’une économie au point mort. L’heure est sérieuse et l’économie est au creux de la vague. Face à une pléiade de journalistes, venus en force lors d’une conférence de presse tenue dans la foulée de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, Jelloul Ayed a d’emblée donné le topo: une croissance entre 0 et 1% en 2011 contre 5,4% estimés fin 2010, une baisse des investissements de l’ordre de 1,5 milliard de dinars tunisiens, dont 1 milliard sous forme d’IDE (1dinar tunisien équivaut à 5,72 DH), une baisse du rythme de créations d’emplois (au plus 15.000 postes d’emploi contre 80.000 prévus initialement). Les prévisions établies par le budget économique sont désormais obsolètes. En l’absence de mesures urgentes, le déficit du budget devrait se creuser à 5% du PIB sous l’effet de la baisse des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses publiques alors que les besoins de financement extérieur devraient culminer à 5 milliards de dinars. «En l’absence de mesures urgentes, la situation serait dramatique pour des centaines de milliers de salariés. Elle constituerait un obstacle à la transition démocratique. Nous devons nous mobiliser pour faire face à cette situation», a souligné Jelloul Ayed.
Pour parer à cette situation «exceptionnelle», maintenir l’activité des entreprises et dégager les ressources financières nécessaires pour la relance de la machine économique, le gouvernement a prévu un Programme économique et social dont l’objectif est de créer un impact immédiat sans toutefois hypothéquer l’avenir. Ce programme se décline en une série de mesures horizontales et sectorielles touchant à l’appui à l’économie, à l’entreprise, au développement régional, à l’emploi, à la sécurité… La finalité étant d’éviter toutes les précarités, de production, d’investissement et d’emploi, est-il souligné.
La conférence intervient à un moment où la conjoncture est de plus en plus délicate. La semaine dernière, des poids lourds de l’économie avaient annoncé la fermeture définitive de leurs sites de production, d’autres l’ont fait de façon momentanée alors que d’autres encore ont réduit leur production. Certains observateurs estiment que le pire est à venir si rien n’est fait. Il y a quelques semaines, on recensait la perte d’une dizaine de milliers d’emplois. Aujourd’hui, la situation socioéconomique du pays est inquiétante.
Ces derniers jours, la tension est en effet montée d’un cran après la vague de fermetures opérées par des poids lourds dans l’industrie du pays. Jal Group (spécialiste dans la chaussure de sécurité), 6e entreprise exportatrice de Tunisie par le chiffre d’affaires, employant plus de 4.500 personnes, a décidé de fermer son usine dans la région de Bizerte en raison des agressions dont a été victime la direction générale. Pour sa part, la Compagnie franco-tunisienne de pétrole opérant dans le gouvernorat de Sfax a cessé son activité à cause des sit-in observés par des habitants de la région.
De son côté, British Gaz Tunisia, un des plus importants investisseurs étrangers dans le pays, a annoncé que la reprise de son activité dépend de la sécurité de ses employés et le libre-accès à ses sites. En tout cas, les indicateurs de conjoncture sont là pour fournir l’éclairage ou plutôt confirmer les craintes présupposées.


Plan d'urgence


Le Plan de relance économique et social, annoncé par le ministre des Finances, comporte une série de 17 mesures horizontales et sectorielles. Parmi elles:
- encouragement du financement de l’investissement par le biais du marché financier;
- facilitation de l’acquisition des équipements importés ou fabriqués localement nécessaires à l’investissemen;
- soutien des entreprises totalement exportatrices pour faire face aux difficultés relatives à l’exportation de leurs services et produits;
- amélioration de la liquidité des contribuables et simplification de leurs obligations fiscales.

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