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    Tribune

    Trop, c’est trop!
    Par Ahmed Zejjari

    Par L'Economiste | Edition N°:3514 Le 22/04/2011 | Partager

    Ahmed Zejjari est docteur d’Etat en droit public et chercheur universitaire

    A la veille d’une grande réforme constitutionnelle, les dirigeants des institutions «consultatives» se ruent pour revendiquer davantage de pouvoirs. Il ne manquerait plus qu’ils organisent (eux aussi) un sit-in avec banderoles à l’appui!
    De quoi se plaignent ces Messieurs je vous prie? Tout simplement, ils ne supportent plus que leurs institutions soient seulement consultatives. Ils veulent avoir des prérogatives, des pouvoirs… ils veulent faire peur… eux aussi.
    Au moment où l’on parle de la rationalisation de l’exercice du pouvoir, au moment où le Roi a décidé de donner aux institutions constitutionnelles une plus large autonomie d’action, voilà que ces «dirigeants» demandent au Roi de faire usage (encore!) du fameux article 19 de la Constitution et leur promettre ou donner plus de pouvoirs, comme si ceux qui en disposent vraiment en font bon usage.
    Il est temps de rompre avec des institutions épouvantails, budgétivores en matière de sièges, logistique, voyages à l’étranger, séminaires, marchés bidon, cérémonies et de déclarations fantaisistes.
    Avec la multiplicité des institutions «exotiques», le citoyen ne sait plus où donner de la tête. Il se trouve en effet perdu entre le médiateur, le Conseil consultatif des droits de l’Homme, le délégué ministériel aux droits de l’Homme, le Conseil de la concurrence, l’Instance nationale de la prévention de la corruption, le Conseil économique et social (et j’en oublie certainement). Tellement les attributions se chevauchent. Qui fait quoi? ou plutôt que fait l’un que l’autre ne fait pas? et que fait, en fin de compte, l’un et l’autre à part la dissertation des rapports.
    Allez donc expliquer au pauvre citoyen la sphère de compétences de chacune de ces institutions pour lui éviter de naviguer entre elles!
    Dans un Etat qui se respecte, le pouvoir judiciaire suffit, à la seule condition que les juges soient honnêtes et intègres.
    Le citoyen n’a pas besoin de chercher une Instance auprès de laquelle il peut pleurnicher, sangloter ou trouver compassion. Il voudrait une autorité qui protège ses droits, non à travers des rapports sans suite, mais par des jugements qu’on exécute. Au lieu de renforcer ou de créer des institutions décoratives, non électives, non soumises au contrôle du gouvernement et du Parlement (ne sont-elles pas immunisées par le sceau royal?) il faudra renforcer l’autorité de la justice, lui redonner de la crédibilité aux yeux de la société.
    «Si la justice va bien, tout va bien» aurait dit Winston Churchill.

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