×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Très riches banques!
Marché de l’art: Le bazar oriental

Par L'Economiste | Edition N°:2733 Le 12/03/2008 | Partager

. Une profusion d’intervenants qui se disputent un marché opaque . Les banques et les grandes entreprises sont les premiers clients. Absence d’une législation spécifique et adaptée aux produits C’est un marché en pleine effervescence où règne encore une grande anarchie. C’est en résumé le tableau que dressent nos interlocuteurs au sujet du marché de l’art au Maroc. Lucien Amiel, propriétaire de Venise Cadre, une des plus anciennes galeries du pays, l’estime à 50 millions de dirhams annuels. Pour lui c’est un petit marché. «Un seul tableau vendu en France peut atteindre voir dépasser ce montant», argue-t-il.«Trop de bluff et de tchatche», lâche, frustré, Abdelmalek Chorfi, tenancier de la Chorfi Art Gallery. «Même nous nous ne savons plus si l’on doit vendre ou garder nos tableaux», renchérit-il. Ce témoignage montre à quel point le marché de l’art marocain manque de transparence (ou plutôt brille par son opacité). Les professionnels, eux-mêmes, manquent de visibilité. Abderrahmane Saâidi, ancien ministre reconverti dans l’art et qui dirige la galerie Mémoarts, abonde dans la même direction tout en nuançant: «Le marché marocain est encore en phase d’émergence. Il est certes attractif, mais souffre comme tous les marchés naissants d’un manque de liquidité et de transparence», affirme-t-il.Il semblerait que ce sont les maisons d’enchères qui sont à l’origine de ce désarroi régnant. «C’est de la folie», s’emporte Faouzi Chaâbi en collectionneur averti. Il s’indigne notamment de «l’engouement que rencontrent les œuvres des étrangers et la place accordée à des toiles marocaines de meilleure qualité». Cela fait pourtant partie de la règle du jeu du marché, les épargnants s’orientent naturellement vers les œuvres pour lesquelles ils anticipent un fort potentiel de valorisation de leur investissement.«Les maisons d’enchères ont faussé le jeu», insiste pour sa part Lucien Amiel. Cela entraîne que les peintres réclament de plus en plus des cachets exorbitants qui ne reflètent pas forcément la qualité de leurs œuvres. «Pour que le prix de l’enchère se rapproche du prix réel, il faut qu’une cinquantaine de tableaux du même peintre soient vendus à ce prix là», fait remarquer Amiel.Abderrahmane Saâidi pense qu’il faut sans doute passer par la voie législative pour mettre de l’ordre dans ce «bazar oriental»: «Une cotation réelle ne peut exister que dans un marché transparent et liquide. Ce qui n’est pas encore le cas au Maroc. Nous nous y acheminons, mais je crois que nous n’y arriverons qu’après une  intervention intelligente et mesurée du législateur, tant sur le plan de la réglementation des professions opérant que sur le plan douanier et fiscal en général», analyse l’ancien ministre de la Privatisation. Cela ne peut que rejaillir sur le développement du marché de l’art au Maroc, de la création artistique, de notre patrimoine culturel et sur son rayonnement à l’international.En l’absence d’une place de marché, c’est donc le flou artistique total et est quasiment impossible d’avoir la réalité des prix. La pléthore des intervenants n’est pas pour arranger les choses. «Ils sont nombreux», assure Saâidi: «De l’artiste lui-même aux multiples intervenants classiques tels que les galeries d’art, les antiquaires, les brocanteurs, les négociants déclarés ou non, les marchés aux puces où l’on peut acquérir des œuvres et objets d’art de gré à gré ou encore à travers les ventes aux enchères connues chez nous sous le nom de «Dlala». Ajoutez à cette liste les nouveaux intervenants que sont les salles de vente aux enchères». «Aucune de ces activités n’est régie par des textes spécifiques, mais plutôt par les textes généraux tels que le code des obligations et contrats ou le code de commerce, etc.», explique l’expert. Quant aux acheteurs, l’on constate une présence assez dominante des opérateurs institutionnels notamment et les grands groupes. Preuve de ce poids décisif, la collection détenue par Attijariwafa bank constitue «une partie non négligeable du patrimoine artistique pictural  marocain». «Il en est de même de la collection de la Société Générale et  celle de l’OCP qui se distinguent par la taille impressionnante de leurs œuvres et par le fait qu’elles accordent une place d’honneur à la peinture marocaine par comparaison à la peinture orientaliste». C’est en effet grâce aux acquisitions de ces institutionnels que certains artistes marocains ont pu vivre décemment de leurs œuvres. «Le rayonnement de la peinture contemporaine marocaine leur doit beaucoup», témoigne Abderhamane Saâidi.Quant aux particuliers, «leur  grande majorité n’était pas attirée par l’art et jusqu’à une date récente, l’art pictural marocain ne faisait pas partie de notre culture», insiste l’ancien ministre. Faouzi Chaâbi, lui, est au contraire un «vieux» collectionneur. «Ma collection a aujourd’hui trente ans». Cela n’empêche, il rejoint l’analyse du patron de Memoarts : «Il n’y a pas une vraie demande au Maroc et quand les gens s’intéressent à l’art pictural, ils préfèrent toujours les toiles les plus réalistes et pas du tout les tableaux abstraits». Chose que synthétise Chorfi avec un ton critique: «Ceux qui achètent n’ont pas de goût et ceux qui ont du goût n’ont pas les moyens d’acheter».Nabil TAOUFIK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc