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Très riches banques!
Il est temps de rémunérer les dépôts à vue!
Entretien avec Khalid Lahbabi, consultant en droit bancaire

Par L'Economiste | Edition N°:2733 Le 12/03/2008 | Partager

. La contrepartie serait la généralisation de paiement de tous les services. Sur les clients «tout venant», il n’y a pas une réelle concurrence entre les banquesExcepté les pays anglo-saxons, la rémunération des comptes à vue relève presque du tabou chez les banquiers. Quelques groupes européens ont rompu l’entente sectorielle sur ce sujet s’attirant les foudres de la profession. Au Maroc, les conditions d’une telle évolution sont aujourd’hui réunies, estime Khalid Lahbabi, expert en droit bancaire. La rémunération des dépôts à vue s’inscrit dans une évolution «logique» car, en face, plus un service (à part le chéquier) n’échappe au paiement. Mais on peut compter sur le puissant lobby du GPBM pour repousser toute idée de toucher au statu quo actuel.- L’Economiste: A quelles conditions la rémunération des comptes à vue est-elle possible au Maroc? Ce sujet est presque tabou chez nos banquiers…- Khalid Lahbabi: La rémunération des comptes à vue en banque me paraît tout à fait possible dans les conditions actuelles. En effet, de la même manière que le banquier se fait rémunérer le crédit qu’il accorde à sa clientèle, il me paraît logique qu’il rémunère le dépôt que celle-ci laisse auprès de lui-même. Certes, la banque rémunère déjà les dépôts à terme, mais cette rémunération est assise sur le principe qu’un dépôt à terme est par définition stable et n’expose pas la banque à un retrait intempestif qui la laisserait sur une position à découvert. Cette idée très ancienne est aujourd’hui totalement dépassée. Dans les pays de l’OCDE, de très nombreuses banques rémunèrent les dépôts à vue. Cette rémunération devient possible grâce aux outils très sophistiqués que possèdent les banques leur permettant de faire de l’anticipation. De nos jours, les banques travaillent sur de grandes masses et parviennent à «lisser» les mouvements et les flux de trésorerie. Des mouvements importants comme des retraits massifs (du type de la banque Northern Rock) exposent la banque certes, mais pas au risque d’insolvabilité. Ce dont nous parlons est un risque de rentabilité et, là, il appartient à la banque de faire la part des choses.- La généralisation des services payants ne rend-elle pas encore plus légitime cette évolution?- Il est vrai que lorsqu’on compare les sources de rémunération de la banque avec ce qu’elle paye à son client, on s’aperçoit très vite du déséquilibre. Rarissimes sont les opérations gratuites offertes au client. Bien entendu, cela varie d’une banque à une autre, mais dans l’ensemble, elles se rejoignent sur un socle commun de services rémunérés. Au Maroc, un des rares domaines qui continuent à échapper à la rétribution est la délivrance de chéquier. Pourtant, le puissant lobby bancaire a essayé de le rendre payant, mais n’y est pas parvenu. Dès lors, je vois dans la rémunération des comptes à vue une juste tentative de diminuer le déséquilibre en question.Il faut bien comprendre que la crainte des établissements bancaires est que la rémunération des comptes n’érode leurs marges. Cela est vrai dans l’absolu. Mais les banques marocaines possèdent une telle marge de progression des produits que cette érosion me paraît dérisoire. De plus, la première banque qui se lancerait dans cette rémunération prendra une avance considérable et améliorera son produit bancaire par l’effet de masse.Une des pistes qui pourraient être explorées est de commencer par rémunérer les comptes à vue pour la fraction dépassant un certain solde en tenant compte des soldes moyens créditeurs. De la sorte, la banque assure un solde stable et non rémunéré tout en fidélisant le déposant par la rémunération de l’excédent.Bien entendu, le taux de rémunération sera bas et en tout état de cause inférieur au taux de rémunération des dépôts à terme à 3 mois. Il ne faut cependant pas négliger le produit que cela peut rapporter à certaines grandes entreprises qui disposent d’une trésorerie pléthorique et qui pourraient tirer profit de cette nouvelle source de revenus.- Avez-vous le sentiment de l’existence d’une réelle concurrence sur les prix des services bancaires? - Non, je n’ai pas le sentiment qu’il y ait une véritable compétition sur le coût des services bancaires, en tout cas, pour la clientèle «tout venant». Les seuls clients qui peuvent mettre réellement les banques en concurrence sont les grandes entreprises dont les opérations sont recherchées et qui ne font pratiquement courir aucun risque à la banque. C’est parce que précisément ce sont des clients sans risque que les banques peuvent leur accorder des conditions de taux très avantageuses. La prime de risque n’y est pas incluse.Propos recueillis par M.A.B.


Clôturer un compte, quelle galère!

S’ils affirment que l’ouverture d’un compte bancaire est une procédure simple, tous les banquiers s’accordent à dire que la clôture est une autre paire de manches. Les particuliers doivent ainsi adresser une demande de clôture à la banque qui décide de la suite à lui donner. Si vous êtes un bon client, le chargé de clientèle se souviendra particulièrement de ses cours de technique commerciale lors de la réception de la demande de clôture. Il vous téléphone à maintes reprises et essaye de décrocher un rendez-vous pour «en discuter». Le changement de compte d’une agence à une autre obéit également à quelques procédures propres au système bancaire. Ainsi, les banquiers recommandent dans le cas d’un changement d’agence «la clôture pure et simple de l’ancien compte pour une ouverture dans la nouvelle agence». «Si elle est beaucoup plus rapide, cette procédure souffre quand même d’un inconvénient de taille: la perte de l’ancienneté qui peut être importante dans la négociation de crédits ou d’avantages sur les taux d’intérêt», explique un banquier. Il existe une procédure qui s’applique au client qui désire changer d’agence, mais il faut compter une dizaine de jours au minimum. Et pour cause, la requête doit recevoir l’aval des deux directeurs régionaux (en cas de changement de ville). Pour les entreprises, la clôture d’un compte est beaucoup plus compliquée. «Elle ne peut pas intervenir en quelques jours puisque la banque n’arrête les comptes que trimestriellement», justifie un cadre d’une grande banque. «C’est la procédure suivie en matière de calcul des intérêts», poursuit-il. Ces diligences constituent un dispositif de prévention: la clôture d’un compte d’une entreprise entraîne systématiquement l’arrivée à échéance de toutes les traites et la fin de tous les contrats liant la banque à la société. N.Be

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