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    Transport national routier de marchandises : Le secteur avance ses nouvelles cartes

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Passage du système de coopérative à la forme de société, émergence de nouveaux groupes, développement d'un savoir-faire commercial, le secteur du transport national routier de marchandises prépare sa déréglementation.


    "La mise en place du système de régulation de l'offre de transport par agrément (de l'ONT) a créé un lobby important qui résiste à toutes les tentatives de libéralisation du régime des transports routiers intérieurs malgré les preuves patentes de sa faillite et de son surcoût économique", telle est la réflexion des analystes de l'Agribusiness Marketing Investissement (AMI) sur le secteur du transport routier national. En effet, plus de 80% des tonnes kilométriques sont réalisées par le parc libre, en infraction à la législation sur le monopole d'affrètement de l'Office National du Transport (ONT). Ce transport est effectué essentiellement sur des véhicules de 8,5 tonnes, dont les coûts sont nettement plus élevés que les semi-remorques et les ensembles complets de grandes capacités, affirme le rapport de l'AMI.
    Parmi les effets indirects de ce type de régulation, peu porteurs de croissance, les analystes citent le cas général où les clients ne choisissent pas leurs transporteurs, ce qui se traduit par une banalisation du produit transport et un manque de spécialisation. "Aussi n'est-il pas étonnant qu'aucun groupe de transport n'émerge, les uns sont protégés dans le secteur ONT et les autres ne peuvent se développer dans le cadre légal", n'hésitent pas à souligner les experts de l'étude menée par l'AMI.

    Mutations

    Cependant, depuis quelque temps, les sociétés privées s'organisent, développent un savoir-faire commercial, démarchent leur clientèle, installent des filiales à travers le pays et introduisent des programmes de gestion par ordinateur de leurs parcs. A cela s'ajoute la mise en place de départements de formation des chauffeurs et des ateliers de réparation et d'entretien au sein même des structures. La tendance actuelle du marché est la mutation du système artisanal de coopérative à la forme de société organisée. Pour les experts de l'ONT, les meilleures organisations sont celles qui se sont érigées en sociétés de transport.
    Tel est le cas du Groupe Tazi dont l'entreprise leader est la Comitram créée en 1975 par la CTM et l'OCE en vue d'assurer le transport des produits agricoles marocains vers l'Europe. Au bord de la faillite, la société a été rachetée par M. Mohamed Tazi Hemida en 1984. "La Comitram est agréée TIR. Cependant, la législation actuelle n'encourage guère cette branche par son attitude envers les transporteurs en cas de découverte de contrebande ou de drogue dans les marchandises transportées. Ce qui a poussé Comitram à mettre en veilleuse le secteur TIR", précise M. Amine Tazi Hemida, administrateur-délégué du groupe Tazi.

    Aujourd'hui, le groupe comprend également la SMTR (Société Marocaine de Transport Routier), la ENTA (Entreprise Nouvelle de Transport Automobile) et la Sother. Le transport interne constitue l'essentiel de l'activité du Groupe dont les plus grands clients sont les sociétés pétrolières, les organismes étatiques tels que la RAM, ou encore les sociétés privées.
    Outre le siège à Casablanca, le Groupe a ouvert des filiales à Fès et Meknès et une à Agadir pour la fin de l'année 1995. Le Groupe possède près de 420 véhicules roulants et 50 autres viendront rejoindre le parc à la fin de l'année 1995. Le parc est constitué de camions gros-porteurs avec, comme remorques, des plateaux, des citernes, des porte-chars, des surbaissées, des savoyardes... Le tonnage transporté par le Groupe est de près de 800.000 tonnes par an, toutes catégories de marchandises confondues pour environ 10.000 km de routes parcourues par mois.

    Le carburant en première position

    S'agissant des différentes catégories de marchandises transportées par les différentes entités du marché, le carburant occupe de loin la première place et représente, par exemple, 60% du chiffre d'affaires du Groupe Tazi, suivi de près des produits agro-alimentaires. Le reste concerne le transport en vrac du blé, celui des céréales effectué en bennes ou encore du poisson, soit en température contrôlée, soit en emballage final pour les conserves.
    En été, les stations balnéaires demeurent les sites les plus desservis par les sociétés de transport.
    Pour les intervenants du secteur, "le marché du transport des marchandises est amené à se développer, car les échanges nationaux sont de plus en plus nombreux et importants". Le Maroc est aujourd'hui entièrement desservi et "plus régulièrement qu'avant".
    Unanimes, ils avancent que "la libéralisation du marché intérieur est devenue une donnée inévitable. Une redéfinition de la mission de l'ONT nous permettra de nous recentrer sur notre vrai métier de manière à rendre notre produit beaucoup plus compétitif".

    Meriem OUDGHIRI

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