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Transport maritime: Les prix sont multipliés par deux

Par L'Economiste | Edition N°:1674 Le 31/12/2003 | Partager

. L'AFFM dénonce une hausse “abusive” des prix du fret et de la manutention au port de Casablanca. Les armateurs l'estiment justifiée et nécessaire pour leur survie. Le Premier ministre saisi de l'affaireDepuis quelques semaines, le transport maritime de marchandises connaît de gros déboires. D'ailleurs, les membres de l'AFFM (Association des Freight Forwarders du Maroc), qui rassemble les groupeurs de marchandises, multiplient les doléances à l'adresse des instances concernées. Il s'agit de l'Assamat, l'association des armateurs, de l'Odep et la Comanav, de Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et de Transport, de Abderazak El Mossadeq, ministre des Affaires économiques, et même Driss Jettou, le Premier ministre. Que dénoncent-ils au juste? Ils disent être “victimes d'un cartel monopolistique d'armateurs marocains qui contrôlent des lignes maritimes reliant le Maroc à des ports européens, et qui ont relevé depuis peu, abusivement, les prix du fret et de la manutention au port de Casablanca”. Intervenue en novembre 2003, l'augmentation est de l'ordre de 250 et 400 euros respectivement pour les conteneurs de 20 et 40 pieds. Ce qui porte leur prix de fret à 690 et 880 euros. Le prix de la manutention, quant à lui, a été relevé de 20%.Conjugué au changement de la devise de facturation des armateurs, du dollar vers l'euro, l'AFFM constate globalement que le coût du fret et de la manutention a été multiplié par deux. Ce qui selon ses membres “alourdit anormalement les charges de transport maritime des marchandises des opérateurs économiques marocains, et ce d'une manière brutale”.Son président, Ahmed Zyne, explique que “cela est contraire à toute logique concurrentielle et ne sert ni les intérêts des opérateurs économiques ni les ambitions affichées pour le commerce extérieur”.Si le prestataire de services applique cette hausse, c'est le client final qui paie les pots cassés. Par ailleurs, le président de l'AFFM se dit “soucieux en premier lieu de la légalité de la démarche de ces armateurs, dont l'union monopolistique sur certaines lignes maritimes constitue une entrave à la liberté concurrentielle”.Un premier incident avait opposé les affiliés à l'AFFM aux armateurs en novembre dernier. Près de 200 conteneurs avaient été bloqués à Valence en Italie, les trois armateurs refusant de les acheminer vers Casablanca qu'après paiement des nouveaux prix par les groupeurs. Ces derniers n'avaient d'autres choix que de passer à la caisse.Il se trouve que ces groupeurs ont des contrats avec les clients, déterminant ainsi les prix annuels qui leur sont appliqués. Il se trouve aussi que “la hausse a été décidée à huis clos entre les armateurs, sans concertation avec l'AFFM”, indique Ahmed Zyne. L'association avait demandé de reporter l'application des prix jusqu'à janvier 2004 et de procéder à des hausses successives, de moindre ampleur. “La hausse-surprise appliquée à partir de novembre fait que le coût du fret et de la manutention au port de Casablanca devient l'un des plus chers au monde”, selon l'AFFM. L'Asmex estime en effet que “les tarifs appliqués sont excessifs, comparés aux frais de gestion encourus aux services fournis”. Dans le détail, elle relève que “la marge brute dégagée par l'exploitation des conteneurs de 20 et 40 pieds atteindraient respectivement 525 et 945 DH, soit 60 et 67% du prix facturé par les compagnies et les stevedores. Pour sa part, la Comanav estime que “c'est un réajustement nécessaire des prix qui intervient à la suite d'une dégradation sans précédent des taux de fret”. Toufiq Ibrahimi, son DG, soulignait dans une lettre adressé à l'AFFM que “les prix pratiqués jusque-là ne leur permettait plus d'assurer le transport des marchandises dans des conditions de rentabilité minimale. Et ce, suite à la flambée du marché d'affrètement des navires et des prix du combustible”.Le DG de la Comanav avait estimé également que “les anciens prix, qui ne correspondaient plus à aucune réalité économique, ont largement profité à la clientèle durant des années et que ce premier réajustement, justifié par ailleurs, ne saurait présenter une entrave à l'activité”.L'Assamat a pour sa part justifié l'augmentation du fret et de la manutention par l'ampleur de la charge salariale des dockers et le taux d'assurance AT. Les armateurs estiment que “ces tarifs constituent une base de référence et non une entente tarifaire”. Ils mettent en avant que “des réductions substantielles, de l'ordre de 65%, sont accordées à certains clients. En réponse à ces avances, l'AFFM estime que les groupeurs de marchandises se voient facturés “à pleins pots”.L'Asmex est montée récemment au créneau pour dénoncer cette hausse, auprès du Premier ministre, estimant que “les augmentations des charges salariales et le taux des accidents du travail ne sauraient être invoquées comme raison pour justifier les augmentations des tarifs de la manutention et du fret”. L'association des exportateurs estime “que seule une gestion rationnelle des effectifs employés dans la manutention est de nature à éviter le recours à des augmentations injustifiées des tarifs”.


Acteurs du transport maritime

La chaîne de transport maritime des marchandises comprend les armateurs, les freight forwarders, les stevedores, les dockers et l'Odep. Les armateurs possèdent ou louent les bateaux qui acheminent la marchandise entre les ports. Les forwarders, eux, louent des contenaires pour grouper les lots de marchandises des clients. Quant aux stevedores qui gèrent les dockers, ils ont pour mission de charger et décharger les bateaux. L'Odep, pour sa part, met à la disposition des stevedores le matériel de manutention (grues, portisues, chariots élévateurs), et s'occupe de la surveillance et des magasins d'entreposage.Bouchaïb EL YAFI

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