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    Economie

    Toute la politique remise à plat

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    La libéralisation de la filière céréalière perturbe et inquiète. Les intervenants jouent des coudes pour conserver leur pré-carré. Le ministre de l'Agriculture renvoie tout le monde aux textes et promet de «faire bouger les choses».


    La Banque Mondiale vient de terminer la première partie d'une étude consacrée à la stratégie de développement du monde rural. «Elle envisage d'organiser un séminaire technique au Maroc, avant la fin du mois d'avril, pour discuter des conclusions de ces travaux», indique une source proche du siège à Washington.
    D'ici là, les différents services du MAMVA (Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole) ne chômeront pas. Le 24 mars courant, un colloque consacré à l'agriculture, réunissant pouvoirs publics et opérateurs, sera organisé à Rabat. Objectif: baliser le terrain pour les commissions chargées de se mettre au chevet du secteur. La création de ces commissions avait été annoncée lors d'une réunion présidée par M. Driss Basri, tenue le 14 mars au MAMVA. Ces structures devraient, entre autres, réfléchir sur la restructuration du secteur des agrumes, la réforme du mode d'exploitation des terres, le financement et la commercialisation des produits agricoles. Selon un opérateur, les travaux commenceront aussitôt après le choix des membres prévu après le colloque. Quant aux recommandations, «elles devront être formulées dans les délais les plus courts pour pouvoir être appliquées le plus rapidement possible», est-il indiqué. Une commission permanente composée des ministres de l'Agriculture, de l'Intérieur, des Finances et des Travaux publics a par ailleurs été constituée pour veiller sur le secteur.

    Après le Conseil du Gouvernement exclusivement consacré au monde rural, on s'achemine vers ce qui doit être considéré comme les Etats Généraux de l'Agriculture.
    Ce grand remue-ménage intervient après le Discours prononcé par SM Le Roi lors de la Fête du Trône. L'Allocution du Souverain est venue à point nommé pour préciser de nouveau la place de l'agriculture dans l'économie du pays.
    Balloté par une libéralisation à peine entamée, ce secteur a montré des signes de faiblesse évidents. Les perturbations du marché des céréales ont sonné l'alerte et indiqué la mesure des efforts d'adaptation que devront fournir toutes les parties prenantes: Administration, agriculteurs, négociants, coopératives et minotiers. A ce jour, cette filière, d'une importance stratégique, ressemble à une véritable Tour de Babel. Agriculteurs, négociants et minotiers défendent, toutes griffes dehors, leur «blé», sous le regard inflexible des autorités de tutelle. Lors d'une conférence de presse organisée le 18 mars à Rabat, M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole, a renvoyé tout le monde dos à dos. Il a lâché, d'un ton rageur: «La loi 12-94 relative à l'ONICL et à l'organisation du marché des céréales prévoit ce qu'il faut faire» . Et de préciser que, si «la dérégulation n'est pas bonne, il faudra proposer des modifications de la loi».

    Intoxication


    M. Abouyoub considère que la «presse a été intoxiquée» et a promis d'organiser «une journée de désintoxication». Il n'a pas dit, malgré les demandes publiques des journalistes, quelle était l'intoxication, qui intoxiquait et dans quel sens. Quand deux journalistes, dont celui de L'Economiste, lui ont demandé, toujours en public, de donner son point de vue sur la polémique qui agite en ce moment la filière céréalière, M. Abouyoub a répondu «qu'un ministre ne s'occupe pas de polémique». Il faut néanmoins croire que l'affaire est importante puisqu'elle a abouti à la formation d'une commission interministérielle comprenant le Ministère de l'Intérieur, puis à la remise à plat de la politique agricole. La copie doit être prête à la fin avril.
    M. Abouyoub a reproché «à la presse» de ne pas chercher ses informations à la source. Nous ne citerons pas les cas où des fonctionnaires de son Ministère ont essuyé des reproches de sa part lorsqu'il les a soupçonnés d'avoir donné des informations qui, avant son arrivée au Ministère, étaient disponibles pour qui les demandait. Nous avons promis à ces personnes de leur conserver l'anonymat, car elles craignent d'être mises davantage en difficulté. En revanche, M. Abouyoub doit avoir oublié l'incident public qu'il a provoqué en se montrant pour le moins discourtois envers deux journalistes-femmes de L'Economiste, et en refusant de répondre à leurs questions, en juillet 1995, sur... la libéralisation!

    Alié Dior NDOUR

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