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    Economie

    Tourisme/Ressources humaines
    La gestion de carrières, inexistante!

    Par L'Economiste | Edition N°:2782 Le 22/05/2008 | Partager

    . Stagiaires sans statut juridique. Absence de grilles des salaires SI les étoiles certifient la qualité dans l’hôtellerie, en matière de gestion des ressources humaines, elles sont moins étincelantes et plutôt filantes. Ce n’est ni de l’amertume ni du pessimisme, mais le constat d’une étude menée par le cabinet Artegis. Mohammed Setti, l’initiateur du projet, a tout d’abord écarté les grandes chaînes hôtelières et s’est intéressé de près à toutes les autres. Le résultat en a surpris plus d’un, «60% du personnel sont des stagiaires et les 40% restants sont titulaires avec en moyenne des salaires qui varient entre 1.000 et 2.500 DH». Des salaires bas et des situations précaires, pis encore, «d’autres sont payés à la journée, en moyenne 100 DH par prestation», explique Anouar Alaoui, directeur régional de l’Anapec. «Dans ce cas, il ne faut pas espérer des miracles de la part des stagiaires. La qualité de service est indissociable de la rémunération», renchérit-il. Tout le monde le sait. Il n’existe, à ce jour, aucune grille des salaires dans les services de l’hôtellerie, et le stagiaire ne bénéficie pas de statut juridique. A qui la faute? A tout le monde certainement. Avec l’arrivée des grandes chaînes hôtelières au Maroc, «on espérait qu’elles allaient tirer le métier vers le haut. Ça s’est fait pour beaucoup de choses, mais pas en ce qui concerne le personnel», s’exclame un professionnel. Même chez les plus structurés des établissements, il y a des disparités dans les salaires. Mais aussi «au niveau des compétences», confie la DRH du groupe Accor. L’équité interne est un dossier épineux. Comment concilier les anciens sans diplôme, mais avec beaucoup d’expérience, et les nouveaux diplômés avec très peu de pratique? Personne n’est en mesure de donner une réponse pour l’instant. Réajuster les salaires, c’est mettre en place une politique de rémunération ainsi qu’un cadre juridique adéquat pour protéger, à la fois, le personnel et l’entreprise, et assurer une bonne qualité de service. Un équilibre fragile. Selon Aboubakeur Himeur, cadre au ministère du Tourisme, il tient à trois principes: rémunération, équité et compétitivité. Comment concilier ces trois éléments? Les nouvelles orientations sont de mettre «non seulement le client au centre des préoccupations, mais aussi les ressources humaines», estiment les professionnels. Autant dire que beaucoup de chemin reste à faire. Chez le groupe Accor, «nous nous sommes fixés un minimum de rémunération qui est de 22% au-dessus du smig», déclare Tijania Thepegnier, directrice des ressources humaines. Dans l’industrie hôtelière, on tente de plus en plus une approche par compétences. C’est du cas par cas, pour l’instant. Karim Chekkouri, directeur de l’hébergement au Novotel, considère que des avancées ont quand même eu lieu même s’il reste beaucoup de choses à faire. «Pendant très longtemps, les salaires n’ont pas bougé. Il y a eu des réajustements. Chez nous, le taux de turn-over est très bas. Nous faisons tout pour motiver notre personnel, nous encourageons la mobilité interne. Ici, on peut gravir les échelons rapidement. En 5 ans, on peut arriver à un poste de management contre une moyenne de 10 ans ailleurs». L’installation de nouvelles chaînes hôtelières a apporté une offre de qualité. Tirer vers le haut le service, c’est donner de la visibilité aux candidats à l’embauche. «Les lauréats arrivent dans un hôtel et ne savent pas ce qu’ils vont devenir. La gestion des carrières est un point essentiel. Quand on arrive dans un hôtel, on ne voit que les serveurs. Même si le top management est performant, cela ne veut rien dire», fait remarquer Alaoui. Dans l’hôtellerie, comme dans tous les autres métiers d’ailleurs, l’absence de protection sociale est une réalité du métier. «Très peu de personnes sont déclarées à la CNSS et la gestion des retraites est un tout autre souci dont seulement quelques-un se préoccupent», conclut le directeur régional de l’Anapec.


    Salaires et disparités

    LE salaire d’un maître d’hôtel varie entre 10.000 et 15.000 DH, tandis qu’un chef pâtissier est rémunéré à 30.000 DH par mois. Ne demandez pas pourquoi cette différence. Personne n’a la recette, pas même le chef, et encore moins le chef de rang. Ce dernier, avec ses 6.000 DH mensuellement, ne comprend rien à la grille des salaires et vous dira que les voies du management sont impénétrables. Les serveurs, les réceptionnistes, font des va-et-vient entre 2.200 et 3.000 DH. Un barman, avec 11 ans d’expérience, attend la fin du mois pour récupérer ses 3.000 DH. De quoi préparer des cocktails explosifs. Alors, santé! Amira KHALFALLAH

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