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Economie

Tourisme
«Une saison moins bonne, mais pas perdue»
Entretien avec René-Marc Chikli, président des TO français

Par L'Economiste | Edition N°:3509 Le 15/04/2011 | Partager
Au Maroc, les fondements sont solides
Quand ça a «pété» à Casablanca…
En Tunisie, l’activité reprend

Le site web des TO français (SIS) est conçu avec des partenaires experts sur les questions traitées notamment Mondial Assistance, Antas Conseil et Sécurité sans Frontières. Pour le président du CETO, c’est «un outil indispensable pour permettre aux professionnels d’assurer leur devoir d’information auprès du client»

- L’Economiste: Quel est l’impact du Printemps arabe sur l’activité touristique?

- René Marc Chikli: Les crises en Tunisie, en Égypte et plus récemment encore la catastrophe au Japon, même si ça n’a rien à voir avec le Printemps arabe, ont généré de l’inquiétude, rationnelle et irrationnelle, qui a incité les Français en tout cas à moins bouger. Ce qui s’est traduit par des pertes de commandes de l’ordre de 20% les trois premières semaines du mois de mars sur les destinations comme le Maroc, la Tunisie et l’Egypte. Et pourtant, le Maroc est loin d’être sinistré. Il a aujourd’hui des difficultés qui ne lui appartiennent pas.

- Peut-on dire que le reste de la saison est compromis?

- Non! Elle sera moins bonne, mais pas fichue comme le laissent entendre certains observateurs. La saison est bien rattrapable pour le Maroc. La question est de savoir si elle est perdue pour la Tunisie. On a vu pire avec des mois de mars, avril et mai difficiles. Néanmoins, on a réussi à sauver la saison au dernier moment. Quelques grands opérateurs m’ont confié que la situation est bien mieux qu’elle ne l’était il y a quelques semaines. De plus, on n’est qu’au mois d’avril et le marché du voyage pour 2011 était prévu comme bon. Est-ce qu’il sera un peu moins bon? Oui, mais on reste globalement sur le bon.

- Faut-il revoir les prix?

- Il ne faut pas brader. Je ne prêche pas pour ma paroisse, parce que j’ai affaire à des chefs d’entreprises qui sont très opportunistes. Oui à la relance par le prix des destinations sinistrées. Mais tant qu’elle n’est pas sinistrée, il faut que tout le monde gagne de l’argent. Je pense que de belles destinations comme Agadir, Marrakech ne devraient pas connaître beaucoup de soucis. Au moment où je vous parle, ça a l’air de se calmer parce que les médias ont plus tourné les regards vers la Côte d’Ivoire.

- A ce jour, quelle est la tendance?

- Il est encore tôt de s’avancer sur un bilan chiffré, mais je peux vous assurer que l’on n’est pas loin du retour à la normale sur le Maroc en tout cas où, il est vrai, un léger flottement a été enregistré au plus fort des contestations sociales dans la sous région. Même sur la Tunisie, les voyagistes français ont repris leur activité sur l’ensemble des territoires touristiques, sachant que le Quai d’Orsay (Ndlr: ministère des Affaires étrangères français) continue de recommander aux touristes voulant s’y rendre de se limiter aux destinations côtières, à ses yeux plus sûres…

- Justement SIS, le site des voyagistes français sera mis en ligne le 1er mai. Qu’apporte-t-il aux voyageurs?

- Il a fait la Une des journaux avec Juppé, (Ndlr: Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères). Il permet aux agences de voyages de mieux gérer l’information. Aujourd’hui en France, la loi impose qu’on est responsable de plein droit, avec obligation d’information. Celle-ci est quand même liée à un risque pays. Heureusement, sinon on est obligé de dire au client qu’on lui garantit qu’il fait beau et s’il pleut, il nous attaque en justice. Avec ce site, on pourra lui conseiller d’aller dans tel ou tel autre pays où il n’y a pas de problème.
Nos analyses de la situation en Tunisie nous ont permis d’ouvrir toutes les destinations touristiques de la Tunisie alors que le Quai d’Orsay a du mal à s’associer à cette décision. Le plus pour CETO: apporter les nuances touristiques. Quand par exemple ça a pété à Casablanca, on a recommandé aux touristes d’aller à Marrakech, Essaouira ou Agadir. C’est dire que ce site n’a vocation ni plus ni moins que de donner aux agences de voyages les moyens de faire mieux leur travail.

- On reproche aux médias d’alimenter la psychose en se faisant l’écho de ces évènements. Qu’en dites-vous?

- La presse, on est bien content de l’avoir quand on veut faire passer des messages (rires). C’est un fait, il faut commenter l’actualité. On est pour la liberté d’expression. Mais c’est vrai que cette amalgame sur le Printemps arabe repose sur une série d’évènements bien précis, intervenus peut-être pas au meilleur moment parce que mars est un mois déterminant pour les prises de commandes. Mais, aujourd’hui, moins on parle de manifestations, mieux le marché risque de se porter.

- Voulez-vous dire qu’il faut revoir la façon de rapporter les évènements?

- Je veux dire simplement que la vraie communication aujourd’hui est de remonter l’avis des clients, plutôt que d’essayer d’alimenter la psychose. C’est très difficile, vu ce qui se passe dans ces régions d’y faire venir les touristes en usant de la communication dite classique. L’élément positif dans tout cela, c’est que jusqu’en janvier, on était sur un trend de croissance et les Français affichaient leur envi de voyager surtout dans des pays où on les accueille bien.
Je ne crois pas, comme le rapportent certains médias, aux fameux Français qui décident d’aller au fin fond d’un camping en Bretagne sous la pluie, parce qu’ils ne veulent pas aller au Maroc. Et parfois à des prix supérieurs à un «tout compris» à Agadir, sous le soleil, au bord de la mer. Je n’y crois pas une seule seconde. Les Français veulent voyager, ils ont envi de prendre du soleil.
Ça fait deux ans qu’ils sont un petit peu sous pression de la crise et ils sentent que 2012 va être un grand chamboulement avec les élections. Ils ont donc besoin cette année de bien profiter de la vie. Et pour cela, c’est aller pendant leurs vacances là où il y a du soleil, de l’accueil et une bonne nourriture… En somme, tous les ingrédients qui font qu’on passe de bonnes vacances et en plus à un bon prix. Et de toute façon, la Côte d’Azur française n’a absolument pas les moyens de recevoir tout le monde. En plus, c’est cher.

- Qu’est-ce qu’il faut améliorer?

- Il n’y a pas de limites. On est dans des métiers extrêmement exigeants. Tout peut être mieux. Tout peut s’améliorer. Ce qui est important de constater au Maroc, c’est qu’il y a des fondements solides. La stratégie est tout à fait celle qu’il faut avoir pour un pays touristique. Reste à faire attention au développement des nouvelles stations touristiques pour qu’elles ne soient pas de villes fantômes. Il faut qu’elles aient une âme.
On ne développe plus un territoire touristique, comme on le faisait du temps de l’Espagne ou de la République dominicaine, en coulant du béton, puis les touristes arrivent et c’est terminé. La stratégie qui consiste à donner une âme, une vie à toute station est la règle du succès.


Belles perspectives


René Marc Chikli n’est pas surpris par le bilan de dix ans de stratégie touristique au Maroc. «Au regard de tout ce qui s’est passé, notamment les séries de crises, ce bilan est extrêmement positif». Mieux, le patron de l’association des agences de voyages françaises (CETO) se dit impressionné par la qualité des nouvelles perspectives du secteur au Maroc en termes de stratégie, de partenariat.
«On sent que le Maroc a l’intention de donner une âme à son tourisme, c’est-à-dire qu’il soit plus écologique et beaucoup plus intelligent». Pour Chikli, on sent qu’il y a une volonté de faire venir un grand nombre de touristes au Maroc, pour qu’ils en repartent en se disant: «J’ai découvert un pays qui fait des efforts pour l’écologie, pour l’artisanat, les métiers traditionnels… ».


Propos recueillis par
Bachir THIAM

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