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Tourisme: Tirs croisés sur Agadir

Par L'Economiste | Edition N°:471 Le 25/03/1999 | Partager

· La presse hollandaise et allemande déchaînée contre les plages du Maroc

· Les carences marketing du Maroc mises à nu

· Les risques d'annulations sont réels


Au moment où le Maroc renoue avec les bons résultats touristiques, une tache vient noircir le tableau. Le coup de patte provient du Rotterdam Télégraph daté du 19 mars dernier. Cet hebdomadaire a tiré la sonnette d'alarme pour qui veut aller se bronzer au Maroc. Le journaliste auteur de l'article cite une agence de presse allemande et prétend que 9 plages marocaines sur 10 sont contaminées par des champignons pouvant causer de graves maladies. Pour l'auteur de cet article, plonger dans les eaux marocaines, c'est courir le risque de se baigner dans les eaux usées des égouts qui déchargent en mer.

Le feu aux poudres


Les choses ne sont pas restées là. La Fédération des agences de voyages hollandaise a diffusé l'article incriminant le Maroc auprès de l'ensemble du réseau. Pis: elle aurait même recommandé à ses membres d'éviter le Maroc.
Cela a mis le feu aux poudres. Le Ministère de la Santé Publique confectionne un communiqué de presse. Le Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement prépare une réunion pour faire participer l'ensemble des intervenants à la dépollution des plages. Tout converge vers la formation d'une cellule de crise. M. Hassan Sebbar, ministre du Tourisme, organise la riposte et crie à la manipulation: "L'engouement pour le Maroc fait des jaloux". Cette "campagne de dénigrement" contre la destination menée tambour battant en Hollande et en Allemagne se base sur des éléments d'une étude de pollution des plages datant de plus de deux ans et menée par le Laboratoire Public d'Essais et d'Etudes (LPEE) et celle de l'Institut National d'Hygiène. Mais depuis, à quelques exceptions près, pas grand-chose n'a été fait. Au LPEE, les responsables sont en mission. Au Ministère du Tourisme, on s'en défend: "Affirmer que plusieurs nageurs sont tombés gravement malades est un mensonge". Des plages sont polluées, mais Agadir n'est pas concernée. Des agences de voyages et des TO étrangers auraient constaté de visu la situation et se sont indignés du "colportage de ces fausses informations".

Face à cette confusion, quelques voyagistes néerlandais qui programment habituellement le Maroc s'inquiètent. Pour avoir le coeur net, ils ont contacté par téléphone le délégué de l'Office du Tourime à Bruxelles. Absent. L'Ambassade du Maroc en Hollande "ne dispose pas d'éléments sur la question". Voilà qui traduit les insuffisances de la communication institutionnelle de la destination.

L'ombre d'Ocalan


La cible de ces attaques est incontestablement Agadir, la seule station balnéaire vendable du pays. En cette période, elle reçoit beaucoup d'Allemands et de Hollandais. En effet, environ 10.000 touristes hollandais figurent sur les carnets de réservations des TO bataves. Ils sont sensibles à la fibre écologique. Le risque est de voir une partie de cette clientèle détournée vers des destinations concurrentes. Des voyagistes et des hôteliers marocains redoutent que ce genre d'information ne conduise à des annulations de séjours, d'autant que le Maroc était en bonne position pour récupérer une partie du contingent qui traditionnellement se dirige vers la Turquie, le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan dont le leader est emprisonné par Ankara), ayant menacé de s'attaquer aux installations touristiques.
L'ombre d'Ocalan pèse sur Istanbul et les militants de son parti ont menacé de poser des bombes un peu partout. La concurrence (dont la Grèce et la Tunisie...) ne peut, sans l'avouer officiellement, que se réjouir de la tournure que prennent les événements. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit l'adage.

Mohamed CHAOUI



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