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    Courrier des Lecteurs

    Tourisme: La reprise de l'été

    Par L'Economiste | Edition N°:45 Le 17/09/1992 | Partager

    La saison touristique estivale qui s'achève marque une reprise de 20 à 30% par rapport à 1991. Mais les résultats de 1990 ne sont pas encore atteints. Le marché français continue à bouder. Le tourisme marocain par contre s'organise. La Fédération des Hôteliers annonce une reprise, en nombre de nuitées, de 35% par rapport à 1991. Pour les agences de voyage, la reprise, évaluée en chiffres d'affaires, serait de 25%. Les résultats de 1990 ne seront, toutefois, pas encore atteints.

    Les touristes étrangers sont essentiellement d'origine latine. La reprise la plus intéressante a été enregistrée sur le marché italien, où le nombre de touristes pour cet été a presque atteint les résultats de 1990. Le marché le plus morose demeure le marché français. Celui-ci représentait près de 35% de l'ensemble des entrées de "touristes utiles" avant 1991. M. Fouad Lahbabi, Directeur Général de Comanav Voyages, souligne que "la France a réalisé une promotion de son tourisme national. L'industrie touristique française accueillerait près de 56 millions de résidents et d'étrangers". La tension des rapports Nord-Sud pèse également sur la conjoncture des entrées de touristes européens. Et cela, sans oublier le spectre de l'intégrisme. Le Maroc et la Tunisie sont généralement confondus avec l'Algérie. Pour la Fédération des Hôteliers, les entrées de touristes européens observent un cycle de quatre à cinq ans où les ménages européens préfèrent s'équiper au lieu de voyager à l'étranger.

    La Fédération estime alors qu'il faudrait développer la promotion du produit touristique marocain. De même, M. Lahbabi désigne les insuffisances de la politique marocaine du tourisme comme raison de la reprise lente. Il note, en effet, que les responsables ont réalisé peu de promotion pendant les deux ou trois dernières années. Par ailleurs, les professionnels notent la faiblesse des infrastructures. "Les quelque 60. 000 lits dont dispose le Maroc ne suffisent pas à une promotion de la part des Tours Opérateurs", explique M. Lahbabi. Près de 60 à 70% du tourisme international est balnéaire, note pour sa part M. Farid Mahrouch, Directeur Général de Fm Tours. "Sur 3.600Km de côtes marocaines, il vaudrait au moins dix stations balnéaires comme la ville d'Agadir". En effet, cette ville a connu le flot le plus important de touristes étrangers venant de la rive Nord de la Méditerranée ou des Iles britanniques. L'Hôtel d'Amadil affiche des taux d'occupation de 68,64%, de 84,45% et de 94,70% respectivement pour les mois de Juin, Juillet et Août.

    Les villes impériales ont été, également, sollicitées, sans atteindre toutefois les chiffres de 1990. Le taux d'occupation de l'Hôtel de Fès, par exemple, tourne autour de 65 à 75% pour les mois de Juin, Juillet et Août, dont 80 à 85% assurés par des touristes étrangers. Le tourisme de découverte demeure très modeste. Les professionnels mettent en relief le prix exorbitant des 4x4. Sur ce marché, le Maroc est concurrencé par d'autres pays tels que la Turquie où le tourisme de découverte est offert à des prix beaucoup plus compétitifs, qui s'ajoutent aux atouts balnéaires dont bénéficient ces pays.

    Le tourisme national, quant à lui, "se réveille". La ville d'Agadir a été occupée à hauteur de 40 à 50% par les nationaux. Ils se sont installés à Marrakech en été lorsqu' Agadir affichait "complet". Cette année, les touristes marocains ont transité par les agences de voyages. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le profil est variable, il va du simple employé au directeur général. Les Marocains auraient apparemment pris connaissance des avantages offerts par les agences de voyages pendant l'année sinistrée 1991. M. Lahbabi juge que dans deux ou trois ans, 50% des touristes marocains devraient transiter par les agences de voyages. Atlas Voyages, vendeur exclusif du "Club Med", a enregistré une bonne reprise cette année pour les ventes réglées en Dirhams.

    Le Nord ainsi que la ville d'Agadir constituent leurs destinations privilégiées. "Les Almohades" à Tanger avance des taux d'occupation de 28,88%, de 55,89% et de 84,88% pour respectivement les mois de Juin, Juillet et Août. Les touristes marocains, voyageant généralement en famille, logent dans des résidences. Ce mode de séjour, ne concurrençant pas les hôtels selon la Fédération des Hôteliers, est appelé à se développer puisqu'il pourrait créer sa clientèle particulière. Enfin, les professionnels notent que l'Administration devrait décaler les vacances scolaires nationales par rapport à celles des étrangers, de façon à permettre aux Tours Opérateurs d'alterner les ventes du produit touristique marocain aux nationaux et aux étrangers. Ils suggèrent également aux entreprises marocaines qui ferment pour un mois d'été, généralement en Août, d'étaler leur période de fermeture. Les "voyages à l'export", organisés depuis 1991 pour les Marocains à destination de l'étranger et payables en Dirhams, ont connu cette année une évolution favorable. Atlas Voyages en a commercialisé 200 à 300. Comanav Voyages a dénombré 50 à 60 clients par semaine. Face à la demande importante, Comanav Voyages a dû recourir à des avances de l'Office des Changes. Fm Tours, quant à elle, a connu une évolution de 10 à 15% par rapport à 1991. Les demandes de destinations sont beaucoup plus variées que l'an passé, notent les professionnels. L'exposition de Séville a été très sollicitée ainsi que l'Euro Disney. Le Canada ou les Etats-Unis ont également été au programme.

    Laïla TRIKI

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