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Economie

Tourisme : La déréglementation du ciel, la thérapie miracle

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

Le transport aérien a été la grande vedette du congrès de la FNAVM. Les opérateurs attribuent le marasme actuel du tourisme aux rigidités de la réglementation et à la cherté du prix du billet. Ceci est en partie vrai. De son côté, l'Administration promet que la libéralisation se fera en douceur pour éviter des dérapages.


Ouvrez-nous le ciel et vous verrez! S'il y a un point sur lequel les professionnels du tourisme semblent s'accorder unanimement, c'est bien celui de la libéralisation de l'attribution des routes aériennes nationales. Leur raisonnement se résume en ceci: si nous n'avons plus de touristes, c'est parce que le prix du billet d'avion est prohibitif par rapport à la concurrence. La rigidité de la réglementation des transports aériens cadre mal avec la souplesse imposée par l'industrie des loisirs et la généralisation des discounts sur le marché.
Ce n'est sans doute pas un hasard si la séance réservée au transport aérien fut de loin la plus animée lors du congrès. A entendre parler les opérateurs, on croirait qu'il ne manque que des avions pour que les touristes déferlent à nouveau vers la destination marocaine.
A l'appui de leur argumentation, ils brandissent l'exemple de la Turquie qui, en jouant à fond la carte de la libéralisation des transports aériens, est parvenue à décupler ses flux touristiques en moins d'une décennie. Il faut néanmoins tempérer cet enthousiasme: cette ouverture totale des ciels turcs ne se fait pas non plus sans conséquences. Plusieurs compagnies aériennes privées y ont laissé leurs plumes. Le transporteur national, la Turquian Airlines, affiche des déficits faramineux que comble le budget de l'Etat. L'engouement que suscite la Turquie auprès des consommateurs n'est pas dû au seul prix du transport aérien: tous ceux qui ont visité ce pays le reconnaissent: la qualité des prestations de services est sans commune mesure avec ce qui se fait ici. De même, la diversité des produits y est telle que les touristes n'ont pas le temps de s'ennuyer.

Casser le mythe de la thérapie


Imperturbable, M. Daoudi, directeur de l'Administration de l'Air au Ministère des transports s'est évertué à convaincre un auditoire frondeur. Là bas, explique-t-il, le classement des hôtels reflète le vrai standing de l'établissement. Rien à voir donc avec des rangs parfois douteux affichés dans l'hôtellerie marocaine. Chiffres à l'appui, M. Daoudi s'est efforcé de casser le mythe suivant lequel la thérapie du marasme du tourisme passe par une libéralisation complète du transport aérien. Il prédit qu'il ne faut pas s'attendre à des évolutions spectaculaires dans le futur sur ce plan. Au grand dam des professionnels, la libéralisation ira donc à petits pas.
Prenant l'exemple sur le boom des voyages en Asie, le responsable du Ministère des Transports démontre que ce ne sont pas forcément les régions qui ont le plus libéralisé l'aérien qui ont bénéficié de l'augmentation des trafics.

On rappellera au passage que, jusqu'au début de la moitié des années quatre-vingt, le Maroc dépassait la Turquie en nombre d'arrivées internationales de touristes. Aujourd'hui, elle est visitée par un peu plus de 11 millions de voyageurs par an contre le million et demi qui vient vers le Maroc. Mais ce qui semble moins attirer l'attention des professionnels, c'est le fait que des centaines de tours opérateurs turcs se sont installés dans tous les grands marchés émetteurs et y assurent le rôle de "rampe de lancement" de centaines de milliers de touristes vers leur pays. Les Tunisiens ont également compris que c'était peut-être la bonne solution. Cent-cinquante T.O. tunisiens sont implantés un peu partout sur le vieux continent et contribuent de fait à la promotion touristique de leur pays. A part quelques rares cas isolés, les opérateurs marocains, eux, sont aux abonnés absents. La RAM s'est dit prête à encourager, même financièrement, ceux qui auraient des projets dans ce sens. Le transporteur national est accusé de faire obstruction à une plus grande déréglementation de l'espace aérien national à tort (ce n'est pas dans ses attributions). Même si 45% de son activité proviennent du tourisme, la compagnie qui se trouve toujours en phase de restructuration ne peut se permettre le moindre faux-pas qui compromettrait son redressement. La contrainte de taille fait qu'elle ne peut pas se lancer dans une logique de charterisation de son activité sous peine d'obérer l'équilibre de son exploitation. Il y a donc ici un arbitrage à faire: soit que la compagnie axe totalement sa stratégie sur le tourisme et qu'elle travaille à perte, et dans ce cas il faut trouver de l'argent pour financer le déficit, soit qu'elle intègre, comme toute entreprise, ses contraintes de rentabilité dans sa gestion. Par les temps qui courent, cette option est celle qui prévaut.

Abashi SHAMAMBA.

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