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Toujours pas assez de logements

Par L'Economiste | Edition N°:2209 Le 08/02/2006 | Partager

. 250.000 unités à construire. En 20 ans, le déficit s’est creusé. Des carences aussi en espaces verts, servitudes et équipements «LE Marocain est soit un aigle, soit une taupe». Ce n’est pas la dernière trouvaille scientifique sur les origines de l’homme, mais une allusion au rapport du Marocain avec l’espace et à sa propension à accaparer le maximum de terrain. L’assertion vient du propriétaire d’une villa, se rappelle le responsable d’une commission de contrôle: «Le Marocain est aigle quand il convoite les terrasses et taupe quand il se confine dans le sous-sol alors qu’il dispose de grands espaces vacants», explique-t-il. Cet état d’esprit, constatent des urbanistes, n’est pas propre aux seuls bidonvillois en manque d’espace. Il caractérise aussi des nantis et autres propriétaires de villas.Les promoteurs ne sont pas en reste. Certains, animés par le souci du gain, ont institué de nouvelles pratiques de construction: des mezzanines dans le rez-de-chaussée, des parties indivises squattées (parkings, terrasses…). Pis encore, les servitudes rétrécissent comme une peau de chagrin au détriment du bien-être et de la sécurité. «Nous avons beau expliquer aux propriétaires l’utilité des servitudes tant pour l’ensoleillement, l’aération, la luminosité que pour l’harmonie de l’ensemble. Ils ne veulent rien savoir», rapporte une jeune urbaniste désabusée. Résultat, des extensions tous azimuts, occupation de l’espace public, des logements hideux et amorphes, des fissures et une densité démographique qui bat tous les records. Et pourtant, Casablanca n’est pas encore une mégapole. Il faut compter au moins 8 millions d’habitants pour aspirer à ce statut. «Ce n’est ni Le Caire ni Calcutta», précise Azzeddine El Haffif, conseiller du gouverneur de l’Agence urbaine. Aujourd’hui, à elle seule Casablanca abrite plus de 12% de la population nationale. L’essentiel de la population se concentre à Hay Hassani (323.944 habitants), Sidi Moumen (289.253) et Aïn Chock (253.600)(1). Suivis de Sidi Belyout (218.918), Moulay Rachid (207.624). A lui seul, le quartier de Sidi Moumen a enregistré, en 10 ans, un taux d’accroissement de 8%, soit la plus forte croissance. Aïn Chock qui le talonne n’a évolué que de 3% sur la même période. En 20 ans, le déficit en logements s’est creusé davantage. Il est passé à plus de 250.000 unités. Les besoins annuels en logements se chiffrent à 18.000 unités. Paradoxalement, le phénomène d’appartements vides s’est exacerbé durant les dix dernières années. En revanche, selon les responsables de la ville, une réserve foncière assez importante existe encore notamment à Aïn Sebaâ, Roches Noires, Aïn Chock et Ben M’Sick. Mais dans ces quartiers-là, le désordre est frappant. Des unités industrielles, des dépôts à l’abandon jouxtent des lieux d’habitation. «Ce sont des spéculateurs qui n’attendent que le nouveau schéma directeur pour avoir plus de visibilité»: le maire de la ville, qui parle de zones en friche au quartier Belvédère, La Gironde, Roches Noires et Aïn Sebaâ notamment, prévoit une flambée de prix avec l’éventuel changement du zoning. Sajid cite l’exemple de la réhabilitation des avenues Al Qods et Mekka qui induit une flambée des prix. Il y a des sites où le prix du terrain est passé du simple au double. Sajid parle lui de 20 à 30% de plus. Comme quoi les infrastructures renchérissent la valeur du foncier.


Le casse-tête de la réglementation caduque

SI aujourd’hui il y a l’unanimité sur un sujet, c’est autour de la caducité de la réglementation. «Il n’y a plus de réflexion. Nous travaillons par à-coups. Des fois cela marche et nous avons de belles réalisations comme bd Al Massira qui doit son aura à une franchise. Des fois, ça rate et c’est la catastrophe comme à Ben M’Sick», note Yahia Ben Moussa, architecte-urbaniste. Souvent, par souci de se conformer à la réglementation, architectes et promoteurs se livrent à des acrobaties inimaginables qui défigurent la ville. Il n’y a qu’à voir les faces arrière des bâtiments (côté cour) pour s’en convaincre. Les programmes de logements sociaux en misant sur la politique des grands ensembles contribuent à l’accentuation de cette situation, expliquent des architectes. Du coup, la mixité sociale, garant de l’équilibre d’une ville, est bafouée.


Espaces verts: 0,85 m par habitant!

LES espaces verts sont le parent pauvre de la ville. L’on parle d’à peine 85 centimètres par habitant, alors que la norme internationale est de 16 m2. Le maire qui ne parle pas d’extension d’espaces verts reconnaît que la verdure fait défaut à Casablanca. La priorité pour lui est à l’optimisation de gestion de l’existant. «Nous avons divisé la ville en 4 zones. Elles seront confiées à des sociétés spécialisées».


Casablanca, pourvoyeuse de migrants

RENVERSEMENT de tendance: Casablanca, qui était durant des décennies la plus sollicitée par les migrants, commence à en produire.La métropole, agglomération de la classe 8 (plus de 1 million d’habitants), semble devenir une ville pourvoyeuse de migrants puisqu’elle affiche un solde migratoire négatif, estime le chercheur Saïd Chahoua dans le n° 5 des Cahiers du plan. C’est aussi le cas pour plusieurs grandes villes comme Rabat, Safi ou encore Oujda. En effet, «plus de la moitié des flux migratoires est destinée aux villes ayant des tailles comprises entre 20.000 et 50.000 habitants ou entre 500.000 et 1 million d’habitants».K. E. H. & A. R.------------------------------------------------------------(1)Ce sont les chiffres du dernier recensement de 2004.

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