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    Tomates: Gros investissement maroco-français à Agadir

    Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

    C'est une première, et une première de taille que le groupe français Pomona et le groupe marocain Arbor viennent de réaliser dans la région d'Agadir: ils se sont en effet associés pour produire de la tomate de haute qualité, essentiellement destinée aux marchés européens.

    Pomona est un opérateur bien connu des producteurs marocains. Il s'agit, ni plus ni moins, du numéro 1 français et de l'un des principaux opérateurs européens dans la distribution des fruits et légumes. Il réalise chaque année 10% des importations françaises de fruits et légumes, soit 350.000 tonnes, qu'il distribue auprès d'une clientèle comprenant 600 à 700 hypermarchés et 8.000 à 9.000 supermarchés! Il gère directement un réseau de 500 vendeurs et de 3,500 points de vente. Il s'approvisionne auprès de 40 pays différents, dont le Maroc où il achète chaque année environ 40 à 45.000 tonnes, hors pommes de terre. Ce géant de la distribution qui regroupe une quarantaine de sociétés, investit pour la première fois dans la production. Pour cela, il a choisi la tomate marocaine et le groupe Arbor pour partenaire.

    Pour Arbor, il s'agit également d'une diversification. Le groupe présidé par Larbi Sekkat s'est au fil des ans taillé une solide réputation dans l'arboriculture fruitière, la floriculture et les fruits exotiques; il fut parmi les premiers à avoir compris la nécessité de se fidéliser le consommateur en créant une marque et un label.

    Aujourd'hui, le groupe Arbor gère trois exploitations, à Oulmès, Teders et Biougra. Il comprend également la société Frigo Tarik (entrepôts frigorifiques et station de conditionnement ).

    Ses exploitations représentent une superficie de 600 ha et produisent 4.000 à 6.000 tonnes de fruits ainsi que dix millions de tiges de fleurs par an. Arbor envisageait depuis quelques années de diversifier sa production. Ses dirigeants savaient qu'ils ne pourraient le faire que dans l'une des deux directions suivantes: les agrumes ou les légumes. Le hasard a voulu que Pomona nourrisse une réflexion complémentaire. Le partenariat Arbor-Pomona a ainsi donné naissance à Armona.

    Il s'agit d'une association à parts égales entre Arbor et Pomona, pour un investissement global à terme estimé à 70 millions de DH destiné à produire de la tomate de haute qualité L'exploitation est située à Biougra, à 30 km d'Agadir, sur une superficie de 70 ha. En quelques mois, l'endroit s'est métamorphosé. En Juin dernier, il s'agissait encore de 70 ha de terres quasiment désertique. En Août, le montage des serres et la construction des bâtiments étaient bien avancés.

    En Septembre, les serres montées s'alignaient sur un kilomètre et pouvaient alors être plantées en tomates. En Octobre, apparut le premier bouquet et enfin en Novembre, les premiers fruits. Entre-temps, Armona a entrepris de construire sur place, sa propre station de conditionnement.

    Aujourd'hui, la première tranche du projet est donc terminée avec 17,5 ha. L'objectif de cette année est d'exporter un millier de tonnes de tomates Au terme du projet, 70 à 80 ha seront plantés, produisant 7.000 à 8.000 tonnes qui seront distribués par Pomona sur les marchés européens. La tomate Armona sera commercialisée sous la marque "Red and Red".

    Les deux partenaires Arbor et Pomona accordent une importance toute particulière à ce projet. Le hasard a en effet voulu que la première tranche soit achevée au moment où la tomate marocaine était la cible en France d'attaques injustifiées. Les deux groupes voient dans leur action une manière différente de concevoir l'avenir des relations commerciales agricoles maroco-communautaires. La partie marocaine insiste, à l'instar semble-t-il des autres opérateurs du Royaume, sur les objectifs de complémentarité et non de concurrence par rapport aux productions européennes.

    De son côté, Pomona n'entend pas se substituer aux producteurs marocains. Elle cherche plutôt à renforcer sa position dans notre pays, y compris sur le plan commercial et augmenter son volume d'approvisionnement. Elle continuera donc à s'approvisionner sur le marché comme elle le faisait auparavant. Parallèlement, ces différents efforts devraient entraîner une amélioration globale de la qualité de la tomate marocaine.

    N.E.

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