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    Textile: Les perspectives du secteur vues par les ingénieurs

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    L'ingénieur textiles aura un rôle de plus en plus important à jouer dans le nouveau visage qu'est en train de présenter l'industrie du textile et de l'habillement. Son point de vue sur le développement de l'industrie textile met en relief la culture industrielle avec tout ce qu'elle suppose.

    Les ingénieurs textiles, réunis lors d'un dîner-débat le 4 Décembre, ont choisi de commencer cette nouvelle formule avec l'exposé de leur perception des problèmes du textile et du vêtement au Maroc.

    M. Abdellah Hasnaoui-Amri, Président de l'AITM (Association des Ingénieurs Textiles du Maroc) et premier ingénieur textiles marocain, a ouvert le débat en dressant un tableau sommaire de l'existant. "Les acquis, les avantages et les failles, mais surtout les mutations rapides qui s'opèrent dans le secteur textile transforment le visage de l'industrie marocaine", a-t-il expliqué. La culture industrielle avec son vocabulaire, ses propres notions (qualité, certification, développement des départements "recherche et développement") conduit à préconiser la prépondérance du rôle de l'ingénieur.

    Le choix du mot "perspectives" au lieu de "crise" a permis d'analyser les difficultés du secteur sous un autre angle. Ainsi, la croissance du secteur textile au Maroc qui n'est plus que 10% par rapport à 20% précédemment, est qualifiée de relativement correcte, si l'on tient compte de la récession mondiale. Il existe des difficultés, des problèmes à résoudre. Le contexte n'est pas idéal mais les intervenants sont demeurés optimistes. L'activité sera amenée à connaître des développements trËs importants, mais les failles sont là. L'intégration inter-branches dont l'importance est primordiale pour le développement du textile marocain devra atteindre les 30 à 40, voire 50%. Le taux d'intégration qui était de l'ordre de 25% est actuellement descendu autour de 10%.

    Bien entendu, une meilleure intégration suppose des investissements lourds, même si les conditions ne sont pas toujours réunies pour encourager l'investissement. Sont en cause le coût de l'énergie, des terrains, la faiblesse du pouvoir d'achat, la productivité qui n'atteint pas toujours un degré convenable, les lourdeurs administratives, la qualité...

    Les dirigeants "ancienne génération" ont certes réalisé beaucoup de choses, mais n'ont pas eu le réflexe de créer des réseaux de distribution ou d'introduire certaines fonctions. Quand le bouclier de protection sera levé, il faudrait qu'au moins les grandes structures s'orientent vers les services, la logistique, les finances, la certification. Cette démarche devra être entreprise immédiatement. En effet, "ou on évolue dans la mouvance des changements rapides qui s'opèrent ou on est dépassé avec les conséquences connues. Ce n'est pas un choix", a indiqué M. Hasnaoui-Amri.

    La fonction "recherche et développement" est à introduire dans les mentalités. Un ingénieur a cité le cas du velours dans le tissage. Les unités de tissage qui produisaient du velours avaient une capacité installée "énorme" et ont pratiquement toutes fermées. Leur production était destinée à l'Irak et à la Libye. Le produit fabriqué au Maroc n'a pas changé alors que le velours que produisent les européens a changé d'aspect grâce à la fonction recherche et développement. Cette fonction suppose qu'il existe un état d'esprit qui consiste et une remise en question continuelle chez les dirigeants.

    Les principales branches textiles ont été passées en revue avec les problèmes particuliers à chacune d'elle, La filature est une branche qui a connu un développement important. Le Président de l'Association raisonne en terme de révolution au niveau de la bonneterie au Maroc. Le fil fabriqué localement est de bonne qualité, mais le fil de Suisse revient moins cher. La raison est que le matériel installé est dépassé. Le coût de l'énergie est qualifié de handicap sérieux. Le jour où la protection de 40% ne sera plus, il risque d'y avoir quelques surprises. Les ingénieurs pensent que cette branche présente néanmoins des possibilités de développement. Les branches tissage et filature dépendent du finissage sans lequel la valeur ajoutée de l'industrie sera toujours limitée.

    Les industriels ont commencé à investir des sommes conséquentes dans le finissage, mais rencontrent des obstacles constitués par la non maîtrise du savoir-faire, tant sur le plan technique qu'humain.

    N.H.

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