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    Economie

    Textile: La baisse du dollar décime les marges

    Par L'Economiste | Edition N°:2754 Le 11/04/2008 | Partager

    . Grosses pertes pour les exportateurs sur les marchés britannique et américain. Le spectre de la crise plane sur des entreprises installées à Rabat La fluctuation du change donne des sueurs froides aux exportateurs du textile.«Il y a à peine trois ans, le dollar valait entre 9,5 et 10 DH. Il en est actuellement à moins de 7,50 DH. Face à la chute de la devise américaine, l’on ne peut qu’exporter à perte», estime Mohammed Lahlou, président d’honneur de l’Association marocaine de l’industrie du textile (Amith). Conséquence, difficile de faire des affaires, notamment sur le marché US, mais pas seulement. Certains n’hésitent pas à refuser des commandes, surtout celles en provenance de la Grande-Bretagne. Ce que Mohammed Tamer, président de l’Amith, traduit par une formule soignée: «Le potentiel des commandes est douteux». L’année dernière, le secteur textile a exporté 4,5 milliards de DH contre un peu plus de 5 en 2006. D’ailleurs, on constate une baisse sensible lorsqu’on compare le chiffre d’affaires réalisé au cours des deux premiers mois de cette année avec ceux de 2007. Les commandes ont chuté de 55 millions de DH (voir info). «La dépréciation du dollar, dont la baisse a atteint 30%, décime les marges», s’alarment les professionnels. Le plus dramatique, c’est «la baisse de la livre sterling qui s’est dépréciée de 13% entre novembre 2007 et mars 2008», précise Tamer. Plus alarmant encore! L’incidence du coût de change a provoqué des ravages financiers parmi plusieurs entreprises. Pour les marchés vendus et exécutés en Grande-Bretagne, l’on compte six sociétés ayant subi un manque à gagner chiffré en millions de DH. Elles sont toutes implantées dans la région de Rabat. «Les pertes les plus élevées frôlent les 4 millions de DH et les plus basses atteignent les 345.000 DH», d’après l’Amith. Mais, pour le moment, il faut relativiser car l’impact des pertes doit être corrélé avec la taille de l’entreprise et son chiffre d’affaires. Et qu’en est-il des clauses contractuelles qui anticipent les fluctuations de change? Tout dépend du poids économique de chaque partie. Les entreprises marocaines ne peuvent pas toujours dicter leurs conditions aux mastodontes british. Toujours est-il que les pertes sont «évaluées entre 9,5 et 12% du chiffre d’affaires réalisé», selon les dernières données de l’Amith. La dépréciation de la livre sterling fait planer «un risque de fermeture des entreprises dans la région de Rabat», confirme Mohammed Tamer. Les dégâts ne sont pas aussi énormes du côté de la capitale économique. La concentration des entreprises de textile qui travaillent avec la Grande-Bretagne y est moins importante. Et lorsque c’est le cas, le poids de la livre sterling dans leur chiffre d’affaires reste modeste. «Car ces sociétés facturent soit en euros, soit partiellement en devise britannique», précise le président des textiliens. Les dégâts pour les exportateurs du textile vers le marché US et britannique sont-ils de même nature? La percée des Marocains en Grande-Bretagne date de 20 ans. «La perte tendancielle subie depuis les six derniers mois retentira surtout sur le chiffre d’affaires», notent les représentants de l’Amith. Pour le marché américain, le scénario est moins dramatique. «Notre présence y est assez récente, le repli va toucher notre potentiel d’exportation». En 2007, la valeur des exportations sur les Etats-Unis a atteint à peine 268 millions de DH contre 4,5 milliards réalisés sur le Royaume-Uni. Et la comparaison entre les deux premiers mois de 2008 révèle aussi une grande disparité. L’export vers le RU a réalisé un CA de 691 millions de DH contre seulement 38 millions côté américain. Et ce n’est pas tout. L’accord de libre-échange avec les Américains fait planer une certaine désillusion. «Pour les exportateurs, les ambitions sont nettement inférieures aux prévisions: les exportations ne suivent pas le rythme souhaité», affirme Mohammed Lahlou.


    Dévaluation du dirham?

    Face à la baisse de la parité du dollar et de la livre sterling, les opérateurs du textile estiment «qu’il n’y a de voie salutaire que dans la dévaluation du dirham». Une solution dont «la clé est entre les mains du gouvernement». Sauf qu’il ne peut pas suivre cette voie, surtout avec les menaces d’érosion qui pèsent sur le pouvoir d’achat. Une mesure aussi impopulaire va faire galoper encore plus l’inflation. Pour certains analystes financiers, «la dépréciation du dollar va continuer, il faudra donc compter avec». Pour preuve, «les banques centrales augmentent leurs réserves en or et baissent celles en billets verts», argumente Mustapha Belkhyate, gérant d’un fonds d’investissement. Les opérateurs marocains doivent «négocier leurs contrats de sorte à facturer des euros à leur client», estime-t-il. Faïçal FAQUIHI

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