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Textile: L’abolition des quotas à l’import reportée?

Par L'Economiste | Edition N°:1764 Le 10/05/2004 | Partager

. Des associations professionnelles turques et américaines soumettent le projet à l’OMC . Objectif: Rallier le plus de pays pour établir l’échéance au 1er janvier 2008. Adhésion massive sauf bien évidemment la Chine, l’Inde et le PakistanQu’est-ce qui pourrait faire bondir de joie les textiliens marocains et ceux du monde entier? Le report du démantèlement de l’Accord Multi-Fibres (AMF) bien sûr! Et il ne s’agit pas d’une plaisanterie. La menace constante et les dégâts que l’abolition des quotas à l’importation pourrait avoir sur les secteurs textile-habillement mondiaux ont conduit six associations professionnelles, notamment américaines et turques à tenter de trouver une parade contre cette future invasion. Surtout de la part de la Chine qui, depuis son entrée à l’OMC, et avant même le 1er janvier 2005, date fatidique du démarrage de l’AMF, a déjà donné un avant-goût de ce qui pourrait se produire. Aussi, se sont-elles réunies à Istanbul, le 3 mars 2004, d’une part, pour dénoncer les pratiques anticoncurrentielles chinoises, et d’autre part, afin de tenter de repousser de 3 ans l’abolition complète de l’AMF, ce qui la ramènerait au 1er janvier 2008. Communément appelé Déclaration d’Istanbul, ce violent réquisitoire a été adressé à l’OMC, suscitant l’intérêt de nombreux organismes professionnels à travers le monde qui se sont dépêchés d’y souscrire. Normal, le monde entier appréhende le danger chinois et les séquelles de l’abolition complète et définitive des quotas, prévus dès le 1er janvier 2005. En substance, l’argumentaire sur lequel ces pays se sont appuyés afin de défendre leur requête s’appuie essentiellement sur les effets néfastes que l’entrée de la Chine dans l’OMC a pu avoir sur leurs économies. Selon eux, «celle-ci a altéré irrévocablement les règles de transformation et les schémas de sourcing que l’élimination des quotas visait à l’origine». Qualifié d’un véritable rouleau compresseur économique, le produit chinois, moins cher, va envahir le monde, n’épargnant ni le Vieux Continent et encore moins le Maroc. D’ailleurs, insistent les associations professionnelles, le commerce international se trouve aujourd’hui fortement compromis du fait du recours aux pratiques commerciales déloyales. De plus, il faut garder à l’esprit que le démantèlement de l’Accord Multifibres réduira conséquemment l’avantage dont jouit l’industrie textile marocaine sur son marché de prédilection, l’Europe. La Chine est explicitement désignée comme étant à l’origine des fortes baisses artificielles des prix, atteignant jusqu’à 75% au niveau de certains produits. «Alors qu’initialement, l’abolition a été imaginée pour permettre la libéralisation du commerce, elle se trouve aujourd’hui utilisée comme un moyen de domination d’une minorité de pays recourant aux pratiques déloyales», selon la Déclaration d’Istanbul. Ce qui, de l’avis de nombreux professionnels marocains et étrangers, est loin d’être faux.Avant de se réunir, ces instances ont tout de même procédé à quelques projections afin d’évaluer l’impact du démantèlement de l’AMF sur l’industrie textile mondiale. Et les résultats sont plutôt effrayants. Tous les pronostics laissent envisager des grandes implications en termes de pertes d’emploi et de faillite d’entreprise. «Les pays en voie de développement perdraient, à eux seuls, 30 millions d’emplois, du fait de cette élimination». Un sacré choc.Pour l’heure, les pays signataires tentent sans grandes difficultés, faudrait-il ajouter, de rallier le maximum de monde à leur cause. D’autres fédérations devraient apposer leurs signatures à la Déclaration d’Istanbul et notamment celles européennes, latino-américaines, et même asiatiques telles que la Thaïlande et le Cambodge. Et cela, même si certaines d’entre elles demeurent sceptiques quant à l’aboutissement d’une telle démarche. Cependant, même si cette proposition soulève autant d’enthousiasme chez la quasi-totalité des pays du monde entier, il en demeure tout de même trois, et pas des moindres qui risquent de tout réduire à néant. Ce sont bien évidemment la Chine, l’Inde et le Pakistan, les plus grand bénéficiaires de l’AMF, qui ont réagi face à cette déclaration. En effet, ce sont ces mêmes pays dont les productions à bas coût risquent de noyer le monde. Les signataires de la déclaration fixent une échéance, celle du 1er juillet prochain, et ont demandé à l’OMC de convoquer, avant cette date, une session extraordinaire consacrée à leur demande de report.L’aboutissement de cette demande reste, toutefois, conditionné par l’accord des gouvernements et des pays membres à l’OMC.


Parenthèse

«Beaucoup de bruit pour de faux espoirs, et reculer pour mieux sauter». Même si c’est une éventualité qui enchante la plupart des pays, le report du démantèlement est considéré par certains professionnels européens comme une parenthèse, qui permettrait certes de souffler, mais qui ralentirait les efforts à fournir pour se mettre au diapason. Un report éventuel poserait des problèmes d’application, notamment la définition des nouvelles bases de calcul des quotas, des critères, etc. Il serait préférable de concentrer ses énergies sur les mesures liées à la compétitivité de l’industrie du textile-habillement et la défense des mesures non tarifaires (respect de règles sociales minimales, normes environnementales…). Pour les détracteurs, à quelques mois de l’échéance du démantèlement de l’AMF, cette initiative intervient trop tard, et par conséquent ne permet pas aux pays qui seraient intéressés d’introduire une requête de report auprès de l’OMC. Le plus dur, selon eux, serait d’obtenir le consensus général de tous les pays membres de l’OMC. Or, il y a des pays qui ont déjà ratifié l’AMF, notamment la Chine, l’Inde, Suisse, Japon. Toujours est-il, ce serait trois ans de gagnés! Radia LAHLOU

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