×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Textile et habillement
    La carte arabe pour contrer la Chine

    Par L'Economiste | Edition N°:2922 Le 17/12/2008 | Partager

    . La coproduction pour tirer profit des différents atouts. Une étude détaille les combinaisons optimales. Accord d’Agadir, une arme encore sous-utiliséeEtre plus compétitif que la Chine, c’est possible… même pour les articles textiles. Une étude réalisée par le comité technique de l’accord d’Agadir montre que les quatre pays signataires (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie) disposent de potentiels suffisants pour monter un produit en mesure de faire face à la concurrence asiatique, chinoise notamment. «Les quatre pays ont deux principales différences qui pourraient être exploitées en termes de complémentarités. L’Egypte dispose d’un avantage industriel surtout au niveau de l’amont textile (fabrication de tissus). Les autres pays sont privilégiés quant à la pénétration des marchés occidentaux: Etats-Unis et Europe. Ainsi, «la complémentarité pourrait se manifester, de manière croisée, pour renforcer les positions sur ces marchés sous forme de capitalisation d’expérience». «Il existe de très intéressantes possibilités de coopération entre les quatre pays, tout particulièrement en termes de cumul d’origine», peut-on lire dans ce rapport réalisé par Jean-François Limantour, président du cercle euroméditerranéen du textile-habillement.«Il s’agit notamment des fils de coton et des tissus de coton (écrus ou imprimés) produits par l’Egypte. Ces derniers devraient trouver des débouchés intéressants auprès des industriels des trois autres pays soit pour le tricotage d’étoffes, pour la confection de vêtements ou de produits finis chaîne et trame ou pour alimenter des unités de finissage», explique-t-il.L’expert cite l’exemple réel de la fabrication d’une chemise haut de gamme pour illustrer ces possibilités de cumul d’origine permises par l’accord d’Agadir. Cette chemise exportée en France à 45 euros (HT) et vendue au consommateur final à 100 euros (TTC) est en fait fabriquée avec un tissu de coton double retour (120 à 130 g/m2). Le prix de ce tissu est de 8,5 euros le mètre en Italie et ne coûte que 5 euros en Egypte et en Chine. Fabriquée en Tunisie avec un tissu européen, cette chemise revient à 21,65 euros alors que le prix à l’import de la chinoise ne dépasse pas 13,66 euros. La chemise fabriquée avec un tissu égyptien et une façon tunisienne coûte presque autant que le produit chinois, soit 14,8 euros. Pour les grossistes européens, baisser le prix de revient leur permet d’améliorer considérablement leurs marges. Avec le produit égypto-tunisien, ils gagnent 30,20 euros par chemise, un chiffre qui n’est pas très loin des 31,3 euros que leur permet de gagner la fabrication chinoise. Donc, déjà en termes de prix, le produit arabe arrive à tenir tête au produit chinois. En plus de cela, il peut faire la différence en s’appuyant sur la qualité, le savoir-faire, la réactivité et la connaissance accumulée des marchés importateurs.Outre les chemises haut de gamme, l’étude de Limantour identifie une série de produits où la coproduction entre les pays de l’accord Quadra peut se révéler profitable. Il s’agit des accessoires comme les étiquettes, les triplures et les rubans ainsi que des produits textiles comme le linge de maison et le tissu d’ameublement. «Les vêtements peuvent également constituer un domaine de complémentarité dans la mesure où chacun des quatre pays dispose d’un important savoir-faire: lingerie, balnéaire et vêtements de travail de Tunisie, prêt-à-porter féminin du Maroc et chemises d’Egypte», ajoute l’étude.Bien que la portée économique de cette division arabe du travail soit réelle, dans la pratique les choses ne se passent pas comme souhaité. Une faible communication autour des avantages que permet l’accord d’Agadir conduit à une sous-utilisation de son arsenal de la part des opérateurs nationaux et à une méconnaissance totale du côté des importateurs.Pour que la formule arabe prenne et pour dépasser ces blocages, l’étude propose d’adopter une politique de prospérité partagée. Celle-ci est encadrée par une batterie de principes: solidarité, complémentarité, excellence, différenciation et subsidiarité. La solidarité signifie que «les programmes mis en œuvre doivent l’être collectivement au profit du développement du secteur textile-habillement de la zone Agadir et non pas au profit exclusif d’intérêts nationaux». Pour que ce principe soit vérifié, poursuit Limantour, «il conviendra que les actions proposées soient attractives, mobilisatrices et génératrices de valeur ajoutée. C’est à cette condition seulement que les comportements de méfiance, les égoïsmes nationaux, le scepticisme d’organisations publiques et professionnelles à l’égard de la démarche «Agadir» et le manque de transparence dans les échanges, pourront être vaincus et surmontés». Pour la complémentarité, «elle consiste à additionner les atouts, les compétences et les ressources des quatre pays pour améliorer leur compétitivité face à la concurrence internationale». «L’expression de ce principe s’illustre à travers la mise en œuvre du cumul de l’origine mais aussi par le partage d’expériences capitalisées ou, par exemple, au moyen de la création de consortiums», est-il précisé.Le troisième principe est celui de l’excellence. Dans la pratique, il doit se traduire par l’amélioration des performances industrielles et commerciales des opérateurs des quatre pays. Cette action doit aussi se fixer des objectifs ambitieux dans des domaines tels que l’intégration des nouvelles technologies, le développement des qualifications professionnelles, de l’organisation, du marketing, du management de l’innovation, de la productivité, de la logistique, etc. «L’offre sectorielle “Agadir” doit être en adéquation étroite avec la demande internationale», insiste Limantour.Les deux autres principes sont la différenciation et la subsidiarité. Cette dernière signifie que le retour sur investissement attendu de la coproduction arabe doit être optimisé. En plus simple, cela veut dire que les actions prises au niveau du Quadra ne doivent pas être redondantes avec les actions menées au niveau national.L’étude propose également un plan d’action où figure entre autres la création d’une association textile-habillement des pays de l’accord d’Agadir et d’une business task force. On y parle aussi de l’amélioration des transports entre ces pays, la création d’un institut de mode commun, la coopération en termes de ressources humaines et de R&D. En plus de la création de consortiums, il est aussi question de mener une politique commerciale commune.L’étude de Limantour identifie quatre indicateurs dont l’évolution renseigne sur la bonne marche ou la panne du processus d’intégration recherché à travers l’accord d’Agadir. Il s’agit en fait de l’évolution du volume des échanges commerciaux entre les pays de l’Accord. Pour le moment, ces derniers sont jugés encore trop faibles. Les investissements croisés, le nombre de consortiums créés et les exportations sur de nouveaux marchés sont les autres indicateurs.


    Les combinaisons gagnantes

    Ce travail a permis d’identifier quelques combinaisons de coproduction optimale entre les pays de l’accord d’Agadir. C’est l’exemple de l’association entre filature égyptienne et bonneterie tunisienne ou entre tissu égyptien et confection marocaine. C’est aussi le cas pour un consortium constitué entre tisseurs égyptiens, finisseurs tunisiens et confectionneurs jordaniens. Ou encore l’association entre confectionneurs tunisiens et distributeurs marocains. Nabil TAOUFIK

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc