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Tenant son Assemblée Générale Ordinaire : CIMR: La gestion redevient la priorité

Par L'Economiste | Edition N°:65 Le 04/02/1993 | Partager

La sentence arbitrale a mis fin à la polémique répartition-capitalisation. La gestion du régime CIMR redevient prioritaire. Principaux axes: la pérennité, la maîtrise des frais de gestion et même le marketing. La CIMR pourrait montrer la voie de la gestion des organismes de prévoyance. La conjoncture s'y prête avec le regain d'intérêt pour le social, le projet d'extension de l'assurance-maladie, l'assainissement des assurances. Témoin la récente restucturation de la Direction des Assurances et de la Prévoyance sociale.

"L'année 1991 constitue la fin de l'éclaircie". Contrairement aux deux années précédentes, elle a été marquée par un retournement de tendance. "La CIMR a payé en allocations retraites plus qu'elle n'a encaissé en contributions de ses adhérents", indique le rapport moral, soumis à l'Assemblée générale tenue le 2 Février à Casablanca.

La tension du temps de la bataille pour la réforme est tombée. Les A.G.O de la Caisse de retraite reprennent leur train-train. Il n'y a même pas eu de question écrite préalable, alors que les rapports moral et financier sont désormais adressés aux adhérents à l'avance pour étude. Les débats chauds répartition-capitalisation ont laissé place à quelques questions orales sur les nouveaux produits CIMR, la retraite complémentaire, et la retraite à 55 ans sans anticipation, encore mal compris. Curieusement, n'a pas été évoquée l'imposition de l'option capital rendue obligatoire, par prélèvement à la source. Dans la foulée, une exonération des pensions CIMR, à l'instar de celle de la CNSS, aurait pu être discutée

Indicateur de conjoncture

Il n'y a peut-être plus d'enjeux pour des polémiques, à moins que cette A.G.O. ne soit un indice de démotivation. du recul de l'esprit revendicatif et combatif du monde des affaires, à la fin des années 80. Une réaction tout aussi molle est d'ailleurs affichée autour du projet de soins de santé, évoqué à l'AGO de la CIMR.

Sur ces attitudes et bien d'autres aspects, la CIMR pourrait devenir un "indicateur de conjoncture", un organisme révélateur et représentatif des tendances. Elle regroupe près de 2.500 entreprises, généralement structurées pour offrir à leurs employés une retraite "complémentaire". Les effectifs affiliés, plus de 204.000 en 1991, renseignent sur la structure de la population active (20% de femmes), son âge, son ancienneté, et même sur les tendances de I ' emploi . Ainsi les "nouveaux actifs cotisants" ont été 8.955 contre 8.119 en 1990. Un tassement de ce chiffre, pour 1992 révélerait celui des embauches, et une "crise". Par ailleurs, la population active vieillit légèrement, l'âge moyen atteint désormais 39 ans et 1 mois. En fait, elle perd sa jeunesse.

Le vieillissement apparaît en fait au niveau du rapport actifs-retraités. Il fallait, en 1991, 5,80 actifs pour couvrir une pension. Il n'en fallait que 5,64 un an auparavant. Les 204.000 actifs financent les 42.233 pensions (dont 3.200 liquidées en 1991). En valeur, la CIMR a récolté plus de 521,2 millions de Dirhams en contributions, surprimes, rachats de services, en hausse de 4,78%, contre 19,5% en 1990 et 14% en 1989. Ce tassement s'explique par la chute des surprimes et des rachats des services passés. Si ce tassement se confirmait, ils pourrait traduire celui de la masse salariale des entreprises, et ici encore servir d'indicateur.

Face à ces contributions, les allocations ont dépassé les 544,3 millions de Dirhams (+13,6%). Constatant ce "rapport de charge" inquiétant, la CIMR s'auto-félicite "d'avoir pris en leur temps les dispositions nécessaires pour rétablir la pérennité de notre régime

La pérennité des régimes est encore un terme clef, signe d'une conjoncture. Certes, c'est parce que la pérennité de la CIMR était menacée que la bataille pour récupérer une partie des ressources de la capitalisation a été déclenchée. Mais la recherche de pérennité domine également l'élaboration des systèmes de couverture maladie, ou l'assainissement des assurances.

Participations aux bénéfices

La pérennité est d'abord soutenue par l'amélioration de l'apport de la capitalisation aux charges des retraites. Il s'agit d'améliorer de 70 à 90% la participation aux bénéfices des parts salariales placées auprès des compagnies d'assurances, d'instaurer une plus grande transparence dans la détermination de cette participation. Pour ce faire, les compagnies devront désormais être plus transparentes, adresser leur audit aux comptes qui servent à la détermination des bénéfices. Sinon, les compagnies subiront des sanctions: la CIMR, "tiers bénéficiaire", demandera aux entreprises un mandat pour résilier le contrat capitalisation des compagnies défaillantes.

Dans sa recherche de pérennité, la CIMR adopte une attitude révélatrice de son temps de crise. Elle misera sur le marketing pour développer ses nouveaux produits, (les 2 formules de retraite nouvelles) pour élargir sa clientèle d'adhérents. Si M. Jouahri reconnaît que la généralisation de la CIMR aidera à sa pérennité, il ne compte pas sur l'Etat pour en faire un régime obligatoire. "Notre régime peut devenir une ardente obligation, par l'effort marketing. Il peut se généraliser de fait", estime-t-il.

La CIMR est allée jusqu'à adresser un questionnaire à un échantillon de ses adhérents pour connaître leurs desiderata. Une plaquette sera éditée présentant l'institution, le détail de ses prestations.

Une autre préoccupation caractéristique des conjonctures de crise est l'attention portée aux frais généraux. Ils sont stabilisés à 2,34% des produits. Certains adhérents se préoccupent, à juste titre, de leur ventilation. Dans un souci de transparence, la composition de certains postes peut être donnée sur demande écrite.

CNSS, mutuelles et assurances devraient cultiver la même transparence, pour leur crédibilité publique.

Khalid BELYAZID

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