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Technologies propres: Les Américains ouvrent les marchés

Par L'Economiste | Edition N°:74 Le 08/04/1993 | Partager

J'avais une vision romancée de Casablanca, comme tous les Américains. Sans doute héritée du temps d'Humphrey Bogart", déclare M. Hischorn(1), "je l'ai perdue à la vue des cheminées d'usines et des pots d'échappement des autobus, des amoncellements d'ordures". Cette réaction, peut-être exacerbée chez un expert américain de l'environnement, peut être celle de milliers de touristes, dont "le taux de retour" est particulièrement bas. "La conscience écologi4ue" a remplacé aux USA, en Europe, les "consciences idéologiques". En revanche, dans les PVD elle est faible, occultée par les problèmes de l'industrialisation, du développement, de l'emploi. Les Américains, armés de leur bonne conscience et de leur sens des affaires, voient dans la cause écologique de nouveaux marchés qu'il faut ouvrir, conquérir. C'est pourquoi ils étaient présents à la dernière journée de l'ENIM (Ecole Nationale de l'Industrie Minérale), sur les "technologies propres dans les procédés de fabrication(2).

Il n y aurait donc pas de veille technologique. Ce qui entraîne des erreurs de stratégie industrielle. Ainsi, les experts américains prévoient la fin de deux branches, les pesticides et les engrais industriels, dont les phosphates.

L'objectif des Américains, à travers l'USAID, est de propager un nouveau discours écologique. La protection de l'environnement ne doit plus être conçue ni comme un poids pour la collectivité, ni comme un coût pour les entreprises industrielles. La défense de l'environnement peut être un investissement rentable.

Les Américains ne viennent pas avec des produits précis, en grande série. Ils semblent être encore au stade des "tests de marché", sondent les besoins, répandent le principe.

L'USAID est impliquée dans la bataille des technologies propres pour deux raisons. D'abord, parce qu'elles vont toucher des problèmes de développement, et que c'est sa raison d'être. Ensuite parce que l'offre américaine émane de PME, qu'il faut soutenir à conquérir les marchés internationaux .

Dans l'approche des "technologies propres", il faut repérer une usine, des segments du process, qui polluent l'atmosphère, et coûtent, en gaspillage d'énergie ou de matière. Intervient alors l'ingénierie qui conçoit un équipement propre, à même de récupérer une matière, de la retraiter pour un autre usage. Ou bien un procédé améliore la qualité des produits en apurant l'atmosphère, ce qui génère des gains .

La défense de l'environnement n'est plus un credo, mais un créneau rentable. Les marchés peuvent alors se développer, parce que la compétitivité de l'entreprise est en cause. La défense de l'environnement prend un sens économique, traité en termes coûts - avantages familiers au monde des affaires.

Les Etats-Unis sont parvenus à ce discours après l'échec des politiques réglementaires. Pendant 20 ans, poussé par l'idéologie verte, ils ont réglementé les odeurs, les couleurs, les taux de gaz carbonique des cheminées d'usines, l'acidité des eaux usées... Beaucoup de pays copiaient par mimétisme les textes américains. En vain. Partout, les lois étaient contournées et la fraude se développait. Ou bien les industries se "délocalisaient vers les pays dépourvus de réglementations trop heureux de les accueillir car avides de croissance. Ce fut le cas du Mexique et de Taiwan. Les Etats-Unis et l'Europe exportaient leur pollution: les "dragons", jugés "modèles de croissance", étouffent littéralement. Ils sont désormais contraints de supporter des coûts, a posteriori, de leur inconscience. Suite à ses contacts au Maroc, M. Hishom attribue la pollution industrielle à l'usage d'équipements anciens de technologies dépassées.

L'achat de matériel d'occasion y est pour beaucoup. Par ailleurs, "l'information industrielle circule mal, surtout chez les directeurs techniques qui gèrent ces équipements. Quand le mal de la pollution est fait, il n'y a plus qu'à engloutir des milliards en "bouts de canalisation", en fins de process, "End Of Pipe" (EOP), selon le jargon des spécialistes.

L'incinérateur d'ordures ou l'unité de traitement d'eaux usées sont les exemples types d'équipement, curatif "en fin de canal". A cette approche curative est proposée une alternative, la "Prévention de la Pollution", qui reçoit déjà un sigle "P.P". L'idée peut être vendue aux entreprises.

Reste le rôle de l'Etat. "Il devrait s'écarter du rôle réglementaire coercitif, à l'initiation. Avant tout, il lui revient de tracer une stratégie, et de l'exposer au public, aux villes, avec industries ", nous confie M. Hischorn.

"Cette approche rencontrera moins de résistance. Il faut mieux expliquer ce que chacun doit faire, plutôt qu'interdire". C'est plus efficace, du moins dans les pays de culture démocratique où le civisme est bien développé. .

K.B.

(1) Dr. J. Hischorn, titulaire d'un PHD en ingeniering, commence par enseigner dans les universités américaines. Puis il travaille à Washington pour, l'OTA (Office of Technologie Assessment) en charge d'examiner les technologies en diffusion aux USA. Il est actuellement consultant d'entreprises pour l'écologie et l'environnement, et intervient, à ce titre, pour l'USAID.

(2) L'ENIM a organisé cette manifestation le 10 mars, sous l'égide du Ministère de l'Energie et des Mines. Y ont collaboré le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation, le sous secrétariat d'Etat à l'environnement et l'USAID. Il s'agissait de discuter d'une stratégie marocaine de contrôle et de réduction de la pollution urbaine et industrielle.

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