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Culture

Tariq Ramadan épingle la colonisation intellectuelle

Par L'Economiste | Edition N°:1672 Le 29/12/2003 | Partager

. Il lance un appel au Maroc pour entrer avec sagesse dans le débat sur le hijab en France. Il énumère les préjugés à éviter au sujet de l'islamTariq Ramadan a fait salle comble. “L'islam et la modernité”, thème sur lequel il était invité à débatte, est au coeur de l'actualité, avec la place de la religion dans un monde en pleine évolution. Le débat était animé par Mhamed Boucetta, président de la Fondation Allal Al Fassi qui a initié et abrité cette manifestation le jeudi dernier à Rabat. Tariq Ramadan n'était pas le seul à la tribune. Mohamed Ayad, professeur, et Mohamed Laârbi Messari, ancien ministre, ont également présenté leur vision de la question sous des angles différents. Curieusement, leur message est resté inaudible. L'assistance montrait son impatience de voir ces deux intervenants vite terminer leur exposé pour écouter le “grand prêcheur”, comme le surnommera Boucetta à plusieurs reprises. Il les a écrasés. D'ailleurs, ils ne leur ont adressé aucune question. Ramadan a la parfaite maîtrise de la rhétorique et le sens de la formule. “Le silence sur la trahison rend non crédible votre discours sur la fidélité” ou encore “s'il faut passer par Genève pour connaître l'islam, c'est grave…”. Ces formules à l'emporte-pièce comme celles sur des intellectuels qui miment les Occidentaux ont décoiffé plus d'un. Au cours du débat, un intervenant a exprimé la solidarité des téléspectateurs marocains avec Ramadan, particulièrement après le débat avec le ministre français de l'Intérieur. La salle applaudit. On n'a pas vu les deux télévisions publiques. Plus tard, “le grand prêcheur” prend l'assistance de court: il ne faut pas être derrière moi mais à côté, dira-t-il en substance. C'est une nuance de taille. Dans la foulée, il aborde le débat sur le hijab en France et s'étonne du silence des officiels et de la société civile. Il a d'ailleurs lancé un appel pour que le Maroc entre dans la danse en faisant entendre la voix de la sagesse pour en dépassionner le débat. Visiblement, Ramadan a réussi à captiver l'assistance pendant près de trois heures et demie. D'emblée, l'assistance était invitée à chasser de son esprit les préjugés entretenus en Occident mais surtout dans les pays musulmans. Il en cite cinq qu'il faudra éviter. L'islam ne doit pas être assimilé aux radicaux. Pour lui, se référer au Coran et à la Sunna ne légitime pas l'appropriation des radicaux des valeurs religieuses. Ramadan épingle également l'attitude défensive alimentée par un sentiment de culpabilité potentielle et une colonisation intellectuelle via les TV françaises captées dans les salons marocains. Il revient sur le thème du débat Islam et modernité en conseillant d'éluder l'équation qui oppose les deux mots. Le premier sera lié à l'ancienneté et le second à la pure rationalité. La modernité est la capacité de vivre avec son temps, d'être en phase avec son environnement. L'islam fournit les outils pour mieux se mouvoir dans ce monde en développant son identité. L'association de la modernité et l'occidentalisation est un préjugé, dira-t-il. Ramadan invite l'assistance à refuser également l'idée que l'islam s'oppose à l'Occident. Le Maroc en est la preuve vivante de ce moment de passage des deux. Sur ce registre, le prêcheur fustige deux attitudes qualifiées de catastrophiques. La première, voir l'Occident avec adoration, l'imiter dans la sphère de la vie privée. A Casablanca et Rabat, des personnes vivent comme si elles étaient à Paris, c'est de la colonisation intellectuelle, dit-il. La seconde est de refuser tout ce qui vient de l'Occident, notamment les langues qui sont une richesse. La pique est indirectement lancée en direction de l'Istiqlal qui a opté pour l'arabisation à outrance. Cependant, à plusieurs reprises, Ramadan revient sur l'héritage de Allal Fassi qu'il s'agit de fructifier, conseille-t-il.


Le choix du site

Le choix du lieu du débat n'est pas fortuit. Les organisateurs ont opté pour le siège de la Fondation, l'ancienne résidence de feu Allal Fassi, située au km 6 au quartier Souissi. Les organisateurs ont dressé une tente caïdale avec projection pour suivre le débat. L'objectif du choix du site est d'attirer une élite branchée sur les satellites, évitant du coup d'attirer des éléments qui pourraient perturber le déroulement des discussions. A l'entrée de la résidence, les organisateurs ont réservé une table pour les ventes de livres sur l'islam, notamment ceux de Tariq Ramadan. Le stock a été visiblement bien écoulé, beaucoup de livres ont été en effet vendus.Mohamed CHAOUI

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