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Système ouvert ou propriétaire: Que choisir?

Par L'Economiste | Edition N°:74 Le 08/04/1993 | Partager

Les grandes organisations, entreprises et administrations, qui s'étaient équipées le plus tôt en informatique vivent un dilemme. Peuvent elles rester fidèles à un constructeur et ses systèmes "propriétaires" ? Doivent elles remettre en cause leur investissement, succomber à la vague des systèmes ouverts de l'UNIX pour réduire leur dépendance ? Le point sur un grand débat de la fonction informatique

Bien des décideurs, au moment crucial du choix du scénario de développement de l'informatique au sein de leur organisation, se heurtent au dilemme suivant: faut-il opter pour un système ouvert de type UNIX et "être dans l'air du temps", ou continuer de "dépendre" d'un même constructeur pour le matériel et le logiciel en adoptant un système propriétaire de type IBM OS/400 par exemple. La question, souvent posée en ces termes, oriente d'ores et déjà le sens du débat.

En fait les choses ne sont pas aussi simples, et cet article a pour ambition justement de dissiper, du moins en partie, l'énorme confusion qui règne à ce sujet.

Commençons d'abord par établir la distinction entre les systèmes informatiques dits "propriétaires" et ceux dits "ouverts" en prenant soin d'éviter les comparaisons.

Les systèmes ouverts

Avant toute chose, disons que le système informatique d'une organisation, qu'elle soit privée ou publique, est un ensemble cohérent de moyens matériels, logiciels et humains, concourant à la réalisation de ses objectifs de gestion.

Le degré d'ouverture d'un système est fonction du degré d'indépendance des logiciels, qu'ils soient outils de développement ou applicatifs, et des personnels techniques par rapport à la quincaillerie.

Pour les logiciels, cette relative indépendance (l'indépendance totale n'existant pas, l'affirmer relève tout simplement de l'utopie ou pire, de la mauvaise foi) se traduit par une plus grande probabilité des applications, d'un constructeur à l'autre, que ces applications soient développées par I ' organisation elle-même ou, plus souvent, conçues et diffusées par les sociétés de services informatiques.

Ainsi, les minis et moyens systèmes de gestion vont devoir bénéficier d'une formidable offre logiciel qui jusqu'ici profitait à l'IBM PC/PS et compatibles. Les directions informatiques se libéreront progressivement des contraintes et lourdeurs du développement interne et verraient s'affaisser de manière significative leurs coûts de production, d'exploitation et de maintenance de l'applicatif.

Il est important de noter à ce propos que des études très sérieuses ont montré que si le coût du matériel est en décroissance continue du fait, entre autres, de la robotisation des unités de production des composants électroniques, il n'en est pas de même du logiciel. On estime que le développement et la maintenance du logiciel représentent prés de 60 à 70% des dépenses annuelles consacrées au système informatique de l'organisation.

Dans le domaine des ressources humaines informatiques, les retombées de cette ouverture sont encore plus importantes, puis qu'elle entraîne, en particulier, une standardisation forcée des compétences et donc de la formation. On n'exige plus du personnel qu'il ait une expérience dans tel ou tel environnement constructeur, mais simplement qu'il possède une compétence Unix et Informix ou Oracle... Dans ces conditions, la fameuse volatilité du personnel informatique ira, a priori, en s'aggravant.

Les systèmes propriétaires

Les systèmes dits propriétaires, par opposition aux systèmes ouverts, ne datent pas d'aujourd'hui. En fait, ils étaient les maîtres incontestés du marché de l'informatique, du moins jusqu'à l'avènement du standard MSDOS pour ce qui concerne les micro-ordinateurs. Dans ces architectures, une relation étroite lie le logiciel d'exploitation et les outils de développement au matériel, puisqu'ils sont conçus pour lui . Ceci ne veut pas dire qu'à chaque fois que vous changez de machine, pour augmenter les ressources et performances de votre système, il vous faudra changer le logiciel et par conséquent revoir votre applicatif, voire l'abandonner.

A l'heure actuelle, les systèmes dits propriétaires, en optant pour la modularité, offrent une probabilité totale vers le haut, à l'intérieur d'une même gamme et pour le même constructeur.

De toute évidence, les systèmes propriétaires, par le truchement de l'offre unique matériel/logiciel d'exploitation, confinent le client dans un tête - à - tête avec le constructeur (ou ses agents), qui peut se révéler pesant à la longue.

N'empêche, les inconditionnels du système propriétaire sont encore légion, tant il apparaît qu'à la base du choix il y a un mariage d'amour et de raison . Ainsi, l'IBM AS/400, système propriétaire par excellence, semble faire l'exception en tenant tête à la vague déferlante des stations de travail à base d'Unix.

De leur côté, les constructeurs, tout en investissant à tour de bras dans les systèmes ouverts, continuent tranquillement de développer et soutenir leurs gammes propriétaires: c'est le cas de Digital pour le système VMS et IBM pour L'OS/400.

Bien plus, et pour montrer que ce type de systèmes a "encore" de beaux jours devant 1ui, IBM envisage de doter l'AS/400 de processeurs à technologie RISC (Reduced Instruction Set Computer), les mêmes qui équipent la plupart des stations de travail Unix, et qui sont caractérisés par de très hautes performances au plan de la puissance de traitement.

Genèse du dilemme

On peut considérer l'essor actuel des systèmes dits ouverts, particulièrement le système Unix pour lequel on assiste dans notre pays à un engouement sans précédent mais non dénué de naïveté, comme une conséquence du succès considérable de la micro-informatique et bien évidemment du standard MS-DOS, apurés du grand public d'abord et des organisations ensuite.

Dans la foulée, la recherche constante de l'amélioration des performances des microprocesseurs a about à la naissance des stations de travail ' architecture RISC, caractérisées par de grandes capacités au plan de la rapidité de calcul et celui du traitement des images.

L'apparition des réseaux de micro-ordinateurs et leur intégration dans la panoplie des solutions possibles, ont fait le reste.

On peut d'ores et déjà supposer que MS-DOS, après avoir fait le lit du système

UNIX, sera enterré par lui.

Ainsi, le souci constant de décentralisation et d'éclatement de l'informatique, avec comme objectif plus ou moins inavoué de réduire le poids conjoint des informaticiens et du constructeur, après avoir favorisé l'introduction massive et parfois abusive des micro-ordinateurs dans l'organisation, favorise aujourd'hui "1"unixisation" tous azimuts.

Si tel est, à bien des égards, le souci d'un certain nombre de décideurs, celui des constructeurs est tout autre.

En effet, tous les grands constructeurs, y compris Big Blue, ont intégré Unix dans leur offre, moyennant quelques modifications portant sur le nom et quelques fonctionnalités afin d'imprimer à ce système leur cachet propre. Il l'ont fait, d'une part, pour ne pas laisser le concurrent occuper seul un créneau porteur, et de l'autre, pour se décharger de la conception du logiciel et ce, pour des raisons de rentabilité.

Quelques règles et conseils

Alors, que faire? Faut-il succomber au chant des sirènes de l'ouverture et du progrès technologique, ou adopter des solutions classiques, au risque de les remettre en cause à brève échéance et perdre l'investissement engagé?

La première règle à adopter est de ne pas s'enfermer dans les a priori: on peut parfaitement envisager de se séparer d'un constructeur si l'intérêt supérieur de l'organisation le commande, mais toujours dans le cadre de la réalisation d'un schéma directeur d'informatisation, qui aura au préalable précisé la stratégie de développement à long et moyen termes, et l'échéancier des actions à entreprendre.

Dans tous les cas, les décisions de mise en place de nouveaux types d'informatique seront prises à un tournant historique du développement de l'organisation elle-même, mais aussi de son environnement.

Si le système ouvert, après la conduite d'une étude sérieuse de faisabilité, est susceptible de répondre de manière adéquate à des besoins spécifiques de traitement, alors il faut l'introduire. A condition de s'assurer que l'environnement du fournisseur et plus spécialement le service après vente est à même de garantir un fonctionnement sans failles du système.

La deuxième règle est que le souci d ' indépendance vis-à-vis du constructeur est légitime, mais il ne doit pas se faire au détriment de l'intérêt de l'organisation.

Si l'adoption du système propriétaire permet de préserver une partie de I' investissement initial ainsi que celui engagé pour le développement de I ' application, tout en respectant les contraintes de capacité imposées par l'évolution des besoins actuels et futurs, pourquoi pas?

Il n'est pas conseillé non plus de courir après les solutions de prestige impliquant des performances démesurées par rapport aux besoins réels de traitement.

Si l'on n'y prend garde, l'introduction de systèmes ouverts, pour séduisante qu'elle puisse être, peut se révéler coûteuse, très coûteuse. Les deux postes concernés par cette éventualité sont le logiciel et la formation.

par T. LOUAFA (*)

(*) Directeur de la Formation Continue à l'Ecole Supérieure d'Informatique et de Gestion (ESIG)

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