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Enquête

Syndicalisme: La rupture consommée chez la CDT-phosphates

Par L'Economiste | Edition N°:453 Le 01/03/1999 | Partager

Il y a maintenant deux bureaux cédétistes à l'OCP, la plus grande entreprise du Maroc. Menaces, absence de démocratie... Les accusations mutuelles continuent. Reste à savoir si l'entreprise va ou non faire les frais de ces péripéties au sein du syndicat encore regardé comme pro-gouvernemental.


La CDT a tenu sa parole. La nouvelle instance dirigeante du SNTP (Syndicat National Des Travailleurs des Phosphates) a été bel et bien élue. Hier matin, le congrès extraordinaire convoqué par la centrale syndicale pour "régulariser" la situation des phosphatiers a abouti à l'élection d'une nouvelle commission administrative (71 personnes) et d'un nouveau Bureau National du Syndicat (13 personnes). "Les 218 congressistes représentants 7 centres phosphatiers ont élu M. Khalid Houar Alami comme nouveau chef de la formation syndicale", précise M. Bouzoubaâ, numéro deux de la CDT. Le congrès s'est déroulé dans la ville de Khouribga, lieu "symbolique" qui connaît une grande concentration du personnel phosphatier.

Le cordon ombilical est ainsi coupé entre la centrale et la direction "rebelle" du SNTP, dirigée par M. Kafouni. Le 21 février, cette dernière a en effet décidé de suspendre son adhésion à l'organisation mère. "Pour éviter la pression de la CDT", la formation s'est ainsi proclamée "Syndicat autonome".
"Nous garderons les mêmes instances, a déclaré M. Kafouni. Si la CDT veut élire une nouvelle organisation, elle n'a qu'à trouver un autre nom à cette dernière". "Cette suspension n'a aucun lieu d'être, répond M. Bouzoubaâ, les partisans de M. Kafouni sont, d'ailleurs, minoritaires". Comme preuve à ses paroles, M. Bouzoubaâ annonce la démission d'une vingtaine de personnes de la commission administrative et leur ralliement à la cause cédétiste.
Les hostilités entre la centrale mère et sa filiale ont été déclenchées juste après la suspension de M. Kafouni, numéro un du SNTP. Les phosphatiers parlent de "lettres de menaces" envoyées par la centrale aux membres de la commission administrative et dénoncent "le complot" entre cette dernière et l'administration. M. Kafouni, quant à lui, déclare que l'origine du conflit est dû à "un règlement de compte" entre les membres du Bureau.


Scénario


Le scénario du conflit est plein de rebondissements. Tout a commencé le 16 avril 1998 lorsque le SNPT a convoqué son quatrième congrès pour élire sa commission administrative et son Bureau National. Quatre membres de la CDT ont assisté à cette réunion. L'élection de la commission a eu lieu et celle du Bureau a été reporté de 15 jours par les cédétistes présents "sans justification aucune", disent les phosphatiers. Après un mois et demi d'attente, le SNTP décide de passer à l'acte et élire son Bureau. La CDT riposte en déclarant que la candidature des retraités "n'est plus acceptée". M. Kafouni, vieux routier cédétiste et retraité de l'OCP, était visé.
Le 2 décembre, la décision de la suspension du numéro un de la filiale est unilatéralement prononcée et le 6 décembre des phosphatiers (une quarantaine de personnes, soit, selon M. Kafouni, la majorité du Bureau) procèdent à l'élection de leur Bureau National devant le siège de la CDT. M. Kafouni a été ainsi réélu secrétaire général du Syndicat. Qualifiant cette élection "d'illégale", le Bureau Exécutif de la CDT, qui a déclaré assurer "l'intérim" du responsable destitué, décide de convoquer un congrès extraordinaire pour élire une nouvelle direction pour le Syndicat. Le 21 février, le Syndicat "rebelle" contre-attaque et suspend son adhésion à la centrale.

Nadia LAMLILI

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