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Politique Internationale

Symposium Fès-Saïss : Fès: Blessures et espoirs d'une métropole

Par L'Economiste | Edition N°:14 Le 30/01/1992 | Partager

FES était la plus grande ville, elle est désormais le plus grand douar". Un ministre a ainsi commencé son allocation, lors de l'ouverture du symposium de l'Association Fes-Saïss, tenu à Casablanca sur le thème "Fes, un passé au service de l'avenir". Il voulait rappeler que Fes, comme les autres villes, subit un exode rural intensif, et que ses structures urbaines se détériorent.
Ces mots ont apparemment déplu au Président du conseil municipal de la ville M. Abderahim Filali Baba qui a commencé son allocation par transmettre les salutations de l'ensemble des ses concitoyens, "ceux qui sont des ruraux, et ceux qui ne le sont pas" . Le principal élu de Fes aurait pu être au centre du podium. Il s'est trouvé au bout du podium.
Les participants n'ont pas hésité à dénoncer l'esprit provincial qui sévit à Fes, la laideur de certains quartiers, dont certains du centre ville, la morosité ou même la tristesse ambiante. Ils regrettent le manque d'infrastructures de loisirs, de simples restaurants qui font que, de Casablanca, les familles vont à Marrakech, ville plus attrayante et mieux équipée pour passer leurs vacances et le week-ends.
Au plan économique, un dirigeant d'un groupe industriel, possédant des usines à Fes, rappelle "les dégâts, non de la mauvaise gestion de la ville, mais de sa non-gestion". La Régie d'électricité de Fes a demandé de diminuer de 50% l'appel de courant à une usine qui a investi pour fonctionner 24 heures sur 24. L'ensemble des opérateurs ont manqué de "pugnacité", n'ont pas su voir venir les crises. Fes n'offre pas d'avantages comparatifs par rapport aux autres villes. En dépit SIMEF, de C3M, des fonderies, si une pièce est cassée, il faut la faire usiner à Casablanca.

D'ailleurs, ces sociétés ont installé leurs directions commerciales on générales à Casablanca. Ce transfert de directions, des sièges sociaux est déploré par le Wali de Fes, qui dénonce cette fuite de valeur ajoutée. M. Drief a été l'homme de tous les espoirs, et la table ronde qu'il a animé a attiré le plus de participants.
Il s'est montré d'un grande sérénité au milieu de l'inquiétude ambiante. Les grèves, il n'y en a que 4 sur 400 unités. Il y a une liquidation judiciaire, une dizaine de fermétures pour motif économique. L'insécurité des rues de Fes est grossie exagérément. Il cite les 540 millions de Dirhams d'investissements industriels, les 150 millions de Dirhams débloqués pour les rocades et les pénétrantes, les 250 millions investis dans l'équipement en télécommunication. En définitive, "Fes est un chantier". Même L'université, qui connait, depuis quelques années, les événements les plus graves, n'est pas crainte, mais associée aux comités d'études ou d'action locale.
Rassurant, M. Drief incite à "voir Fes avec le sourire" . Convaincant, il est même arrivé à susciter chez quelques personnalités installées à Casablanca de longue date, des interrogation sur un mythique "retour à Fes".


Des images pour sortir des clichés

A la fin de la cérémonie d'ouverture du symposium, un film sur Fès a été projeté. Il a été financé et offert par Vidéorama à l'Association Fes-Saïss. Efficace comme un spot publicitaire, il représente une ville hétéroclite. Il alterne subtilement des images de désolation et d'espoir: les murs qui s'écroulent et les restaurations en cours par les zellidjeurs. Les conditions de travail sinistres de l'artisanat et les usines modernes. Il démontre le développement économique en cours, les chantiers, et suscite l'émotion par des enfants jouant dans les ordures. Le texte porte comme par des expressions choc: "Fes, c'est les problèmes de Rio à l'intérieur de Venise", "Fes cède sous les coups de boutoir de la moder-nité...". Pourtant, assure Moulay Ahmed Belghiti, Vidéorama a tourné le film seule, en 12 jours, après qu'un producteur européen ait échoué après 6 mois de préparation. Le film qui a coûté plus de 400.000 Dirhams sera commercialisé à partir de Février.
Un autre homme de la communication, Noureddine Ayouch, Président de l'agence Shem's est intervenu dans une table ronde pour regretter la "notoriété passive" de la ville qu'il a appelée à "redresser une image" peu reluisante, par des festivals de culture et de musique cosmopolites. Des "plus produits" en matière touristique devraient viser une clientèle internationale haut de gamme pour le thermalisme, la culture, et pourquoi pas, inviter des poètes sur les terrasses de la médina. Dans tous les cas, Fes ne peut plus vivre de mécénat, comme une ville assistée, mais se faire elle même.

Khalid BELYAZID



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