×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Supprimer la philo, quelle mauvaise idée!

Par L'Economiste | Edition N°:2210 Le 09/02/2006 | Partager

. Les élèves ingénieurs, une cible facile. Le système des classes préparatoires pointé du doigtComment des étudiants studieux, voués à de brillantes carrières, peuvent-ils se transformer en porte-étendards des thèses islamistes? «La nature a horreur du vide», répond le directeur d’une grande école d’ingénieurs. Cette expression trouve toute sa pertinence dans les milieux estudiantins, a fortiori dans les grandes écoles. Techniquement bons, la plupart des étudiants ingénieurs sont «culturellement fragiles, spirituellement influençables», dit la même source. Une fragilité qui s’explique par une scolarité exemplaire, mais vide de tout enrichissement culturel. Elèves aussi forts et plutôt «tranquilles», ils ne disposent cependant pas de bagage à même de les prémunir contre ce qu’un autre directeur d’école qualifie de «tentations» islamistes. Celui-ci pointe du doigt un système scolaire «destructeur». Des lycées, où les cours de philosophie ont été supprimés pour les sections scientifiques, ils parviennent aux classes préparatoires, où tout l’enseignement tourne autour des matières scientifiques et techniques. L’environnement austère de ces classes, doublée de la charge du travail et des devoirs, ne prête guère à l’ouverture. «Les étudiants nous arrivent déjà prédisposés à absorber toutes les idées qui leur sont présentées. Ils sont en cela conditionnés par des années de repli sur soi et de dur labeur pour réussir leurs études préparatoires. Ils n’ont ni le temps de s’ouvrir au monde, ni l’occasion de s’enrichir sur le plan intellectuel et culturel», observe un responsable d’internat. «Pour les classes préparatoires, on s’est contenté de copier les modes de fonctionnement français, sans tenir compte ni des spécificités de nos étudiants ni de leur environnement», ajoute-t-il. Une austérité et un vide que comblent les mouvements islamistes, dans les écoles comme ailleurs. «L’école n’est que le reflet de la société. Et l’islamisme est un phénomène de société que nous devons gérer dans les écoles», rappelle un directeur d’école. Présentées de manière rationnelle, les idées islamistes trouvent un terrain fertile et un écho favorable auprès d’une cible très facile. Les activités et réunions des associations d’étudiants, alter ego de l’Unem dans les universités, y servent de cadre. L’esprit cartésien avec lequel ces élites sont formées les prête plus facilement à adhérer à ces thèses. Palliatif culturel, la religion devient ainsi une valeur-refuge psychologique. La place est libre à l’instrumentalisation et la récupération. La distinction entre le purement religieux et le politique tend à se diluer. Entre le spirituel et l’idéologique, la distance est facilement franchissable. Elle est rendue aisée par des activités dites culturelles, mais qui cherchent en fait à imposer la religion en tant que source unique de culture. Derrière cela, se cache une action politique menée en profondeur. «L’esprit cartésien avec lequel ces élites sont formées les prête plus facilement à adhérer à ces thèses. Palliatif culturel, la religion devient ainsi une valeur-refuge psychologique«


Le coût d’une formation

Fleuron de l’enseignement supérieur marocain, les grandes écoles et instituts d’ingénieurs font appel à énormément d’investissements, dans la formation, le matériel, l’encadrement et prise en charge (internat et réfectoire). Ainsi, un étudiant ingénieur coûte 8 fois plus cher qu’un étudiant universitaire, soit entre 100.000 et 140.000 DH par année contre 14.000 et 16.000 DH pour chaque universitaire. Profil très recherché, les ingénieurs sont recrutés dès sortie de l’école. Les convictions de certains étudiants commencent cependant à faire obstacle à leur insertion professionnelle. C’est le cas d’un étudiant qui s’est vu refuser des emplois pendant des années… parce qu’il portait la barbe.T. Q.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc