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Subprimes, le Maroc contredit les tendances
par Loubaba Alaoui Mdaghri

Par L'Economiste | Edition N°:2732 Le 11/03/2008 | Partager

Loubaba Alaoui Mdaghri est analyste financier à la Banque des marchés d’investissements du groupe Attijariwafa bank, spécialisée en marchés financiers, en particulier celui des Forex&CommoditiesDepuis le mois d’août, les marchés financiers sont en ébullition et l’économie mondiale donne des signes vacillants. La principale cause: le marché immobilier américain. Le Maroc est-il concerné? Dans quelle mesure cela impacte-t-il notre économie?S’agissant des exportations nationales, le continent européen, notre premier partenaire commercial, absorbe 65% de nos exportations et fournit 50% de nos importations. Un ralentissement de la croissance de la zone euro, et de facto une baisse de sa demande extérieure adressée au Maroc, induirait a priori une dégradation du déficit commercial. A noter toutefois que le découplage qui existe actuellement entre les perspectives économiques à moyen terme entre les États-Unis et la zone euro engendre une forte appréciation de la monnaie unique face au dollar. Et au vu de la structure de nos recettes en devises et du renchérissement des cours des matières premières, la dépréciation du dollar permettra au Maroc de compenser en partie la dégradation de sa balance commerciale. Il faut cependant noter que le rythme important de croissance des importations, en particulier en biens d’équipements et produits énergétiques, souligne le nouveau palier de croissance qu’a atteint le Maroc depuis 2006.. Excédent de la balance des paiementsCes dernières années, l’afflux de devises réalisé par les recettes de tourisme (+12,1% à 58,84 milliards de DH à fin 2007) et les transferts MRE (+15,1% à 55,06 milliards de DH à fin 2007), essentiellement en provenance de la zone euro, a permis au Maroc d’enregistrer un excédent de la balance des paiements. Un éventuel ralentissement de la croissance de la zone euro aurait un impact négatif sur ces flux du fait du recul des revenus et de la consommation des ménages européens. Toutefois, la hausse du pouvoir d’achat des pays émergents et la démocratisation du tourisme permettront au Maroc de diversifier l’origine de ses touristes et d’aboutir à son objectif des 10 millions de touristes en 2010 et cela en dépit d’un éventuel ralentissement de l’économie de la zone euro. En termes de flux d’investissement, la principale source d’IDE demeure l’Union européenne avec une part de 70% (jan-sept 2007), soit 16 milliards de DH. L’éventualité d’un essoufflement de l’économie européenne limiterait de prime abord les opportunités de croissance des IDE adressés au Maroc, sachant que la France et l’Espagne représentent plus de 70% du total d’IDE. . Diversification des investissementsToutefois, le repositionnement du Royaume sur des niches, notamment dans les secteurs du textile ou de l’industrie, grâce à l’offshoring, permet la mise en valeur de certains facteurs de compétitivité qui favorisent le Maroc face aux nouveaux membres de l’Union européenne dans un contexte de contagion de la zone euro.Les investissements américains ne représentant que 2,7%, l’impact de la récession Outre-Atlantique devrait être quasi nul. En parallèle, la fermeté de la croissance des pays émergents profitera à l’économie nationale par une abondance des liquidités internationales et une affluence des capitaux en quête de rendements plus attractifs. En effet, l’émergence de nouveaux investisseurs en provenance du Moyen-Orient et le renforcement de leur positionnement dans des secteurs-phares, tels que l’immobilier, le tourisme, ou le secteur bancaire, permettront de pallier la forte dépendance de l’économie nationale des investissements européens. A titre d’exemple, les investissements directs étrangers en provenance du Koweït et des E.A.U ont enregistré durant la période janvier-septembre 2007 respectivement une hausse de 400% et 200% (Offices des changes) par rapport à la même période de l’année précédente. Le Koweït est devenu ainsi en 2007 le troisième plus important pays pourvoyeur d’investissements étrangers pour le Maroc, dépassant des pays comme la Belgique ou les États-Unis. Enfin, sur le marché boursier, les investissements étrangers et MRE représentent 29,7% (2006) de la capitalisation boursière dont 27,7% sont stratégiques. L’amélioration des fondamentaux macroéconomiques, la stabilité politique du pays et les perspectives de croissance des sociétés cotées rendent le scénario d’un retrait massif de ces positions stratégiques peu probable malgré l’incertitude qui règne sur les marchés financiers internationaux. En réalité, l’exposition de la place boursière marocaine aux remous de ces derniers ne concerne que les 2% d’IDE restants. Par conséquent, une sortie massive de ces spéculateurs étrangers devrait avoir un impact insignifiant sur la place boursière marocaine et ne constituerait pas, dans la configuration actuelle, un sujet d’inquiétude.


Maroc: Pas d’effet significatif

Le Maroc “buck the trend” pourrait contredire la tendance américaine.En effet, pour le Royaume, le risque, s’il existe, réside principalement dans la contagion de la crise économique américaine à la zone euro. La récession américaine n’aura pas d’effet significatif et direct sur la croissance marocaine, mais la contagion de la zone euro ne pourrait pénaliser le rythme de croissance des exportations nationales et les flux IDE que dans une faible proportion compte tenu de leur hausse structurelle, et dans une moindre mesure le tourisme. Pourtant, la diversification des sources des investissements directs étrangers (IDE) tempère la crainte d’une contamination de crise à l’échelle du Maroc. En effet, le Royaume a accumulé ces deux dernières années des investissements étrangers record grâce à l’apparition de nouveaux intervenants: les pays du Moyen-Orient. Le Maroc représente une destination de choix pour ces investisseurs dont les revenus sont dopés par la flambée des cours pétroliers. Par ailleurs, au niveau du secteur touristique, les importantes mesures entamées par le Maroc dans la promotion du pays à travers le monde permettra de soutenir la «Vision 2020».


Comment est-ce arrivé?

Au début des années 2000, le secteur immobilier américain a connu un développement très important grâce aux faibles taux d’intérêt, à la solidité des fondamentaux macroéconomiques des États-Unis, à une fiscalité avantageuse et enfin à une innovation financière: la titrisation des créances immobilières.Les ménages à faibles revenus ont ainsi pu contracter des crédits immobiliers hypothécaires à taux variables «subprimes» et devenir propriétaires. Mais depuis juin 2004, la montée des pressions inflationnistes a contraint la Réserve fédérale américaine à mener une politique monétaire restrictive qui a fini par user la demande intérieure de ce marché et peser sur le prix de l’immobilier. De ce fait, les institutions qui accordaient les prêts «subprimes» ont été mises à mal par la hausse du taux de défaut de paiement des ménages américains. Ce taux se situe actuellement aux alentours de 30%. Ces mêmes institutions avaient eu recours aux banques pour réduire leur risque par le biais de la titrisation des crédits accordés. Et c’est ainsi que la crise se propagea du secteur immobilier à l’économie américaine dans sa globalité et aux marchés financiers.


Subprimes, qu’est-ce que c’est?

Ce sont des «crédits à risque» accordés à des ménages à faibles revenus et de faible solvabilité, ne remplissant pas les conditions financières nécessaires pour accéder aux crédits sur le marché classique. Ces crédits se font sur la base d’un taux d’intérêt variable indexé sur les taux directeurs de la Fed prenant en compte une prime de risque conséquente et l’hypothèque du bien immobilier acheté. Les institutions qui offrent ces crédits se financent par l’émission de titres assujettis au rating des agences de notation corrélés au degré de solvabilité des emprunteurs.

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