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Culture

Spirit of Fès: Une âme pour la mondialisation
Politiser la solidarité, c'est la détruire
Par Henry BONNIER*

Par L'Economiste | Edition N°:1539 Le 13/06/2003 | Partager

Ce conte du Alif (voir ci-contre) est un conte soufi, où le tout-petit de départ de cette lettre aux mille possibilités, qui, surgi de ce conte soufi, m'amène au sujet de notre réflexion.Nous avons à réfléchir ensemble à «une éducation pour un monde solidaire«.Trois mots importants: «éducation«, «monde« et «solidaire«, tant il est vrai que, sans «éducation«, «le monde« cesse d'être lisible. Reste qu'il convient de le rendre solidaire, et que seule l'éducation que nous offrirons à nos enfants, sera en mesure de créer en eux cette solidarité.C'est ici que je veux revenir à ce «point«. Pourquoi? Parce que, selon moi, il définit à merveille l'unité de l'homme, sous quelque latitude qu'il vive, pour ne pas parler de l'unicité de Dieu (donc, je suis sûr que nous serons amenés à parler).Unité et unicité: ne sont-ce pas là deux mots qui devraient conduire nos débats? Unité de l'homme, unicité de Dieu: c'est tout un, n'est-il pas vrai?Autant dire que je souhaite partir de l'homme pour réfléchir à ce que pourrait être «une éducation pour un monde solidaire«, et non pas de slogans plus ou moins à la mode.Le croyant que je suis sait une chose: la parole de Dieu est une, si ses expressions sont diverses. Il en va de même de l'homme: il est un, même si ses cultures sont diverses.Saint-Exupéry disait: «Enrichissons-nous de nos différences«.Pour ma part, je ne dirai jamais assez ma dette et ma gratitude envers la pensée arabo-musulmane (je m'honore d'être l'éditeur des Mathnaw de Rumi en langue française), envers la pensée grecque (merci à Platon!), envers la pensée juive (merci à Maïmonide!), envers toutes ces pensées qui ont façonné nos civilisations et donné du sens à nos existences.Ces diversités culturelles, n'en faisons pas un argument de division, une arme de combat. Au contraire, considérons-les comme une extraordinaire richesse.Il ne pourra y avoir de solidarité que dans la conscience que nous aurons tous que nous sommes un, et que, étant un, l'autre ne peut être que notre frère, un frère tout chargé de présents, de cadeaux, comme nous-mêmes le sommes envers lui. Vous aurez compris que ces présents et ces cadeaux sont ce qui le différencie de nous, et nous de lui.La solidarité ne se décrète pas. Elle se vit, et elle se vit du dedans. Le Christ Jésus dit: «Aimez-vous les uns les autres«. Le Prophète Mohammed ne cesse d'exalter la compassion. Autant de préceptes qui nourrissent, en chacun de nous, ce sentiment de solidarité. Surtout, n'en faisons pas un argument politique. Ce serait le plus sûr moyen de le détruire. Les idéologues, qui se sont partagé le XXe siècle, nous auront au moins appris une chose: tout sentiment humain, comme la générosité ou la solidarité, se dégrade en slogan dès que la politique s'en empare et, en se dégradant, il finit par dégrader celui qui le prône.C'est vous dire que je désire vivement que nos échanges soient empreints de cet amour et de cette compassion sans lesquels il ne peut pas y avoir de vraie solidarité.


A l'origine de Alif, le point

Alif est la première lettre de l'alphabet arabe. C'est une simple droite, toute bête, toute nue.Par sa simplicité même, par sa nudité, Alif peut prendre toutes les formes. C'est ce qu'il fait, donnant ainsi naissance à toutes les autres lettres de l'alphabet.Grâce à quoi des mots peuvent s'écrire, des paragraphes naître, des livres se composer, des bibliothèques se former.Alif n'en revient pas de voir à quoi il a donné vie. Par Alif, tout le savoir du monde est désormais consigné.Seulement voilà: la lettre tue et l'esprit vivifie. Il serait donc bien orgueilleux de ne considérer qu'Alif, sans voir que, pour tracer une droite, une simple droite, il faut commencer par un point.------------------------------------------* Ecrivain, Henry Bonnier est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il fut directeur littéraire des éditions Albin Michel pendant quinze ans, avant d'être conseiller littéraire à la direction générale du groupe de La Cité, puis conseiller du président des éditions du Rocher.

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