×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Spécial Marrakech
Artisanat: La contrefaçon menace l’activité

Par L'Economiste | Edition N°:1783 Le 04/06/2004 | Partager

. Les exportations en recul de 24%LA contrefaçon sévit à Marrakech mais cette fois-ci dans le sens inverse: le produit artisanal local est copié et la copie est mieux finie que l’originale. Et pour comble, il est vendu à Marrakech dans des bazars et galeries qui ont pignon sur rue. Pis encore, aux dires de certains professionnels, ce produit est réexporté à partir du Maroc vers l’Europe. Les contrefacteurs sont l’Inde et l’Indonésie qui dépassent de loin aujourd’hui l’artisanat marocain, aidés en cela par des subventions étatiques. La contrefaçon n’est qu’un problème parmi d’autres que connaît l’artisanat dans la ville. Jadis fleuron de l’économie locale et aussi nationale, le secteur artisanal se porte mal depuis 4 ans maintenant. Si dans les années 90, il tirait les exportations nationales, il accuse d’année en année un recul. Celui-ci était de 24% par rapport à 2002. Seulement 240 millions de DH ont été réalisés à l’export. Les ventes sont tirées par les produits en fer forgé avec plus de 37%, suivis de la poterie. Le tapis en revanche est loin derrière dans le classement. Alors qu’il fut un temps où les commandes étaient telles que les quatre unités industrielles spécialisées, qui ont fermé leur porte entre-temps et les artisans de la région, parvenaient difficilement à les honorer. Rappelons que le produit artisanal de Marrakech se vend surtout à l’étranger, le Marocain étant encore loin de l’apprécier à sa juste valeur. Malgré cette baisse, les entreprises locales représentent près de 50% des exportations de l’artisanat marocain. Ce n’est certainement pas pour rien que des mastodontes dans le transit ont des succursales sur place. Le transporteur national aérien est également de la partie et met Marrakech au centre de sa stratégie cargo. En réalité, bien que partie avec une longueur d’avance, Marrakech n’a pas su se créer une forte marge ni suivre les tendances du marché international, à l’instar de pays comme l’Inde, l’Indonésie, la Chine... Les raisons sont multiples. Chacun y va de son explication. Pour un producteur et exportateur comme Dar Si Issa, le coût du fret est au premier plan. «La qualité des produits a baissé et la qualification des artisans laisse à désirer, alors que le packaging local est démodé», explique pour sa part, le délégué régional du ministère de l’Artisanat, Abdelaziz Rghioui. Cependant, tous sont unanimes quant à la cause majeure de ce déclin: l’anarchie et la désorganisation de l’activité. Le secteur de l’artisanat, tiré notamment par la cité ocre, était livré à lui-même. Le soutien de l’Etat était quasiment absent. «D’ailleurs, le secteur n’a jamais été jugé prioritaire aux yeux du gouvernement. Pas de mesures fiscales, et encore moins de fonds spéciaux d’aide», déplore-t-on auprès des professionnels. «La promotion du secteur est confiée à des gens éloignés de l’artisanat. Comment ce secteur peut-il évoluer?» s’interroge Abdelatif Alaoui, gérant de Dar Si Issa. Pourtant, cette activité fait vivre au moins 25% de la population de la région en direct, sans inclure bien évidemment le secteur touristique qui, indirectement, bénéficie de l’artisanat. Les deux sont étroitement liés. Recensés récemment, ils sont au moins 140.000 artisans dans la région de Marrakech, 21 tanneries, 40 coopératives, 1.000 bazaristes et 4 industries artisanales. «La chute de l’activité est d’autant plus inquiétante face aux défis 2010 et la mondialisation», souligne Abdelkader Nmili, président de la Chambre de l’artisanat selon qui «tant que le ministère de l’Artisanat demeure tuteur de ce métier, les chambres auront les poings liés et ne pourront entreprendre de véritables actions, capables de hisser ce métier aux plus hauts niveaux». Les actions de la chambre et de la délégation régionale restent en effet timides et loin de venir à bout des problèmes. Parmi elles, la création d’un village de l’artisanat qui regroupera tous les métiers. Ouvert au public avec des produits fabriqués sur place, il sera aussi un centre de détente et de loisirs. Ce projet demande de gros investissements.


Le déclin du tapis

Jusqu’aux années 80, le tapis tirait de loin l’export de l’artisanat. L’Allemagne était le grand demandeur du tapis «du Moyen Atlas». Dans les années 90, il sera concurrencé par le tapis du Brésil et du Népal. Du reste, Marrakech n’exporte plus que 16.000 m2 par an, alors que dans les années fastes, les ventes à l’étranger dépassaient les 100.000 m2.-Le ministre des Affaires érangères de Slovénie, Dimiri Ruppel, en visite mercredi dernier dans la cité ocre. Il n’a pas manqué de faire un tour du côté des bazaristes de la médina pour un souvenir--Ce sont les ferronniers qui sauvent un peu l’artisanat local. Ils produisent près de 40% des 240 MDH de produits d’artisanat exportés.-B. B.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc