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    Economie

    Soutenant son mémoire de DES : M Mohamed El Harras, délégué de l'industrie fédère l'administration, l'université et le privé

    Par L'Economiste | Edition N°:29 Le 14/05/1992 | Partager

    Délégué du Ministère du Commerce et de l'Industrie à Casablanca depuis 1984, M. Mohamed El Harras a soutenu à Rabat son mémoire pour l'obtention du DES en Sciences Economiques. Dirigé par M. El Malki, il portait sur "Le secteur industriel au Maroc et ses échanges extérieurs pour la période 73-90".

    Le maître de recherche en dépit de ses multiples occupations s'est montré disponible, ce qu'appréciera le "disciple". Pour l'élaboration de ce "modeste" travail, M. El Harras s'est inspiré d'une étude réalisée par un auteur yougoslave portant sur le phénomène de l'intéraction entre le processus industriel chez les Nouveaux Pays Industrialisés. Ce mémoire réalisé en six ans par cet homme de l'administration contribue à effacer selon lui "l'étanchéité qui existait entre la sphère administrative et la sphère universitaire au niveau idéologique jusqu'au début des années 80". Parmi les éléments ayant provoqué le "déclic" figurent l'application du Programme d'Ajustement Structurel (PAS) au Maroc, les échecs des expériences des économies planifiées de l'Est comme modèle de développement économique et l'imbrication du privé à côté de l'administration et de l'université. Profitant de la connaissance du terrain et "disposant" du "recul" nécessaire, M. El Harras, a, dès 1985, après l'obtention de son Certificat d'Etudes Supérieures en économie de développement, entamé les démarches nécessaires pour réaliser son travail. A partir des statistiques analysant la politique industrielle du Maroc et de l'analyse de l'évolution des échanges extérieurs du Maroc, il a assigné un double objectif à son étude. Le premier consistait à rechercher les rapports existants entre la croissance des différentes branches de l'industrie nationale, et le mouvement d'importation des biens d'équipement et produits intermédiaires. D'autre part, il a recherché les biens existants entre la croissance des différentes branches de l'industrie marocaine et le mouvement des exportations des produits. Parallèlement à ces objectifs, l'étude a soulevé une interrogation au sujet de la politique commerciale la plus appropriée pour un développement optimum du secteur industriel, tenant compte aussi bien des facteurs endogènes qu'exogènes.

    Axée dans un premier temps sur la substitution des importations, la politique industrielle suivie par le Maroc, dans un second temps, lors des deux dernières décennies, s'est orientée vers la promotion des exportations. Sans décourager pour autant les activités industrielles tournées vers le marché intérieur. Ce changement de cap en matière de stratégie industrielle s'est accompagné d'une réduction de la protection d'ordre contingentaire au profit d'une protection à caractère tarifaire.

    Représentant 15% du P.I.B en 1990, la place de l'industrie dans l'économie marocaine a enregistré, au cours des deux dernières décennies, un taux de croissance "moyen". Par ailleurs, le taux moyen de la valeur ajoutée* est resté stable, de l'ordre de 30%. Les exportations sont passées de 20% du total des exportations en 1975 à environ 65% en 1990. Elles restent cependant marquées par leur faible contenu technologique et leur fort contenu en travail et/ou en matières premières. L'analyse des soldes des échanges extérieurs des différents branches de l'industrie, déficitaires jusqu'à la fin des années 70, montre qu'ils sont devenus progressivement excédentaire à partir de 1980, sauf pour la branche des I.M.M.E. A ce niveau, la croissance de la branche des industries textiles et habillement, depuis les années 70 s'est essentiellement opérée dans le cadre de la sous-traitance avec certains pays de la CEE, grâce au faible coût de la main-d'oeuvre qui constitue le principal avantage comparatif. De son côté, la branche des dérivés des phosphates, qui représente 17,9% des exportations totales en 1990 contre 2,2% en 1973, constitue l'exemple type du développement d'une activité industrielle sur la base de la valorisation des ressources naturelles (phosphate). Ainsi dans le cadre de la politique de promotion des exportations, s'est imposée une politique de substitution sélective des importations. Ce régime commercial permettrait aux jeux de M. El Herras, "une meilleure allocation des ressources en assurant une protection active, dynamique et non bureaucratique du tissu industriel marocain".

    Cependant, la poursuite de la réforme commerciale et industrielle nécessite d'être appuyée par réformes dans d'autres domaines de l'activité économique et sociale. Pour y parvenir l'appel à plus de règles de marché et a une intervention plus "appropriée" des organes administratifs s'avère primordial. En définitive, un mémoire fondé sur l'observation statistique, au delà de tout dogmatisme.
    Une méthode inspirée par un maître de recherche dont M. El Herras se plaît à rappeler "la souplesse et la rigueur".

    Adil LAZRAK

    * Taux moyen de la valeur ajoutée = V.A. industrielle/Production industrielle

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