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    Sonacos : Les agriculteurs freinent leurs achats des semences certifiées

    Par L'Economiste | Edition N°:57 Le 10/12/1992 | Partager

    Les agriculteurs semblent sceptiques sur la campagne en cours. Le retard des pluies s'est conjugué à des ressources financières limitées en raison de la mauvaise saison précédente. Sonacos relève déjà une baisse de la demande des semence.

    Les ventes de semences certifiées de céréales (pastorales, fourrage et pommes de terre) sont inférieures à celles enregistrées au cours de la même période, la saison précédente, annonce la Société Nationale de Commercialisation des Semences (Sonacos). A la mi-Novembre (date indiquée pour le démarrage des semailles), le volume global des ventes de semences certifiées, réalisées par la société, était de 300,3 milliers de quintaux. Ce chiffre représente 35% des quantités disponibles. Celles-ci sont estimées, par la société, à 850,5 milliers de quintaux pour la campagne en cours.

    Les disponibilités en semences certifiées se répartissent entre les céréales d'automne (698.6 milliers de quintaux), les fourrages (21,6 milliers de quintaux), les pastorales (771 quintaux), la betterave à sucre (9,5 milliers de quintaux) et les plants de pommes de terre (120 milliers de quintaux).

    Stock de report

    La commercialisation a atteint 38,7, 60,3 et 24,6% des disponibilités respectivement pour les céréales d'automne, les fourrages et les pastorales. La vente de la betterave à sucre avoisine 100%, tandis qu'aucun plant de pommes de terre n'avait été écoulé à la date indiquée. La mévente de la pomme de terre a précipité vers le bas le niveau globale des ventes qui demeure toutefois faible relativement aux prévisions.

    Selon la Direction de la Sonacos, cette situation résulte principalement du retard des pluies (les agriculteurs sont encore dans l'expectative) et du manque de ressources financières consécutif à la mauvaise campagne 1991-1992. De plus, elle est accentuée par le fait que la société n'octroie pas de crédit. Toutefois, les responsables de la Sonacos précisent que les semences certifiées mises à la disposition des agriculteurs sont en quantité suffisante. Grâce aux stocks de report d'un volume de 460 milliers de quintaux, elles représentent 118,2% des ventes de la campagne précédente, campagne durant laquelle, la demande n'avait atteint que 721,6 milliers de quintaux, soit 57% des quantités disponibles et 10% des ventes de la saison antérieure (1990-1991).

    Secteur atomisé

    Les résultats les plus faibles étaient enregistrés en céréales d'automne et en pommes de terre.
    Malgré une demande en progression sur les dix dernières années, le niveau d'utilisation des semences certifiées restent encore faible, soulignent les responsables de la sonacos. En ce qui concerne les céréales d'automne, le taux de couverture en blé dur, blé tendre et orge est estimé respectivement à 16, 25 et 2,5% pour une superficie emblavée de l'ordre de 5 millions d'hectares en moyenne.

    Dans l'ensemble, la Sonacos détient 95% du marché des semences de céréales, environ 80% de celui des fourrages et des pastorales et 50 à 60% de celui des pommes de terre de saison. Elle dispose d'environ 350 points de vente en plus de 14 centres régionaux et de l'entrepôt frigorifique de Larache d'une capacité de 5.000 tonnes destiné à la conservation des plants de pommes de terre (les plants de pommes de terre sont conservés pendant 6 mois avant d'être vendus).

    Elle se place comme le leader du secteur semencier pour ce qui est de ces quatre cultures. La concurrence pour les légumineuses, les semences maraîchères, le tournesol et le maïs est plus importante. Le secteur privé semencier est très atomisé. Il compte près de 135 sociétés (principalement ou partiellement distributrices de semences), lesquelles importent pour l'essentiel leurs produits. Le programme de production est effectué en fonction d'une prévision de vente fixée sur un horizon de cinq ans environ, notamment pour les semences de céréales. Celles-ci sont ainsi préparées par étapes. Le programme de multiplication de chaque espèce est minutieusement suivi. A cet effet, la Sonacos est liée à près de 600 multiplicateurs (agriculteurs spécialisés dans la production de semences), encadrés par 34 ingénieurs. Ils se chargent de reproduire, pour le compte de la société, les variétés développées par l'I.N.R.A (Institut National de Recherches Agronomiques). Les recherches peuvent durer entre 10 et 15 ans au sein de cet organisme. Les variétés doivent s'adapter à leur région de destination en termes de productivité et de résistance. Du coup, les semences développées localement sont mieux indiquées. Dans cette perspective, les responsables de la Sonacos entendent mettre davantage l'accent sur la production locale et encourager l'utilisation de semences certifiées. Par ailleurs, ils ont pour objectif de diversifier les activités de la société en direction d'autres espèces telles que les semences potagères et les plants fruitiers. Ce programme de diversification, déjà entamé, a permis de réaliser la première production de plants de pomme de terre en 1991 (ceux-ci étaient jusqu'alors totalement importés).

    Alié Dior NDOUR

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