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Bataille rangée sur Internet

Par L'Economiste | Edition N°:2153 Le 17/11/2005 | Partager

. Les Etats-Unis sont mis en accusationEN dehors des atteintes tunisiennes à la liberté d’information, la gouvernance d’Internet génère des discussions serrées. Elles isolent les Etats-Unis. Washington doit faire face à une confrontation avec de nombreux pays sur ce sujet. Ils lui reprochent son influence sur Internet et sur l’organe chargé de sa gouvernance, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN).La Commission européenne s’est élevée contre ce qu’elle considère comme une «mainmise sur le système qui régit le trafic du réseau mondial d’ordinateurs» et a appelé à «un gouvernement du web plus ouvert, plus international».Les Etats-Unis ont d’abord répondu sur le plan technique. Pour eux, une telle réforme de l’ICANN «freinerait le rythme des innovations du réseau, opposant les entreprises à une bureaucratie pesante à l’heure d’introduire de nouveaux services, comme la téléphonie via Internet». «Ce serait comme avoir plus de cent conducteurs pour un seul bus. A l’heure actuelle, nous avons un seul conducteur et, jusqu’ici, il a fait du bon boulot», a déclaré le vice-secrétaire au Commerce, Michael Gallagher, avant l’ouverture du sommet. Puis, la délégation américaine a tenté, en vain, de réorienter l’ordre du jour vers la fracture numérique.Les entreprises de télécommunication et la communauté technique, qui aident Internet à fonctionner, sont en grande partie d’accord avec Gallagher. Mais elles n’auront pas voix au chapitre dans les débats qui sont réservés aux Etats. Washington n’a donc que peu d’alliés parmi les gouvernements représentés au SMSI. «Matériellement, il n’y a rien de mauvais dans la structure actuelle. Mais, formellement, c’est surprenant que quelque chose ayant un tel impact au niveau mondial ne soit contrôlée que par une nation, et l’opposition s’aiguise face à la pensée unilatérale américaine», a déclaré le ministre de l’Economie néerlandais, Laurens Jan Brinkhorst. Un rapport de l’Onu plaide pour une approche multinationale, présentée comme plus démocratique et plus transparente pour la gestion du réseau mondial. Mais ni l’Onu, ni la Commission européenne n’ont de proposition de rechange pour que le département du Commerce américain n’intervienne plus dans les noms de domaines (voir encadré).Plus politique: quelques pays craignent que Washington puisse «débrancher» un pays du réseau mondial en redirigeant les adresses liées à son suffixe. Les experts d’Internet disent qu’il serait difficile de «tirer la prise» parce qu’il faudrait, pour cela, que des milliers d’administrateurs de réseaux du monde entier coopèrent pour rendre le boycott effectif.Bien que Washington ait prévu de ne rien céder sur la question des noms de domaines, le sommet pourrait aboutir à d’autres changements pour le réseau.Les Etats-Unis ont fait part de leur désir d’accorder aux pays un contrôle plus direct de leurs suffixes et l’ICANN étudie les possibilités d’améliorer les relations avec son comité de gouvernement. «Je crois que les Etats-Unis réalisent, d’une certaine manière, qu’il y a des guerres dont ils n’ont pas besoin», a conclu un professeur de l’université de Syracuse, représentant du groupe des utilisateurs à but non lucratif auprès de l’ICANN.


Cachez-moi ce domaine que je ne saurais voir

C’EST une histoire de sexe qui est à l’origine du problème de la gouvernance d’Internet. L’ICANN, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, gère les noms de domaines. Concrètement, c’est cette association, sans but lucratif, qui centralise les demandes de noms, pour éviter que deux internautes aient la même adresse. C’est elle qui a inventé les fameux «.com», «.org», «.gov» qui terminent les adresses et indiquent que vous êtes, respectivement, une entreprise commerciale, une organisation non gouvernementale ou un gouvernement. Il y a aussi des domaines qui disent dans quel pays vous êtes ou, plus exactement, dans quel pays se situe votre serveur: «.ma» pour le Maroc, «.fr», pour la France «.uk» pour la Grande Bretagne… C’est simple, pas cher et cela fonctionne bien, sauf qu’il faut déterminer de nouveaux domaines puisque le réseau se développe. La pornographie aussi grandit et nombreux sont les utilisateurs qui souhaitent identifier rapidement ce genre de services, soit pour les fuir soit pour… les fréquenter. L’ICANN a donc eu l’idée d’inventer un domaine qui les identifierait: «.xxx». Fureur des groupes américains intégristes, forts nombreux et forts puissants, qui se sont attaqués à leur gouvernement pour l’obliger à intervenir. Ledit gouvernement a alors considéré que l’ICANN relevait de son ministère du Commerce et a commencé des démarches pour stopper ce nouveau domaine. C’est alors que le monde entier, et plus seulement les spécialistes, s’est aperçu qu’Internet en réalité dépendait du bon vouloir du gouvernement américain. Un risque virtuel certes, mais inadmissible et, peut-être, dangereux en ces temps de domination américaine sur le monde.Synthèse L’Economiste

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