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UMA: Le retard qui pénalise

Par L'Economiste | Edition N°:1656 Le 05/12/2003 | Partager

. Le gain annuel, issu de la concrétisation de l'union économique, se chiffrerait à 4,6 milliards de dollars. Pour y arriver, il est nécessaire de renforcer le processus de réformes. Le Maghreb doit aussi consolider ses rapports avec l'UEConfronté à l'émergence de la zone paneuromed, au démantèlement tarifaire, à l'élargissement de l'Europe, l'Union du Maghreb Arabe (UMA) traîne encore la patte tant sur le plan politique, économique que social. “Face à une Europe qui se consolide, le Maghreb divisé, stagne et conforte une multitude de problèmes”, explique Jawad Kerdoudi, consultant économiste et président du groupe de travail sur les relations Maroc-UE de la CGEM, dans son ouvrage “Le Maghreb face au défi européen” publié récemment. En termes de bilan, les initiatives aussi bien politiques qu'économiques n'ont pas toutes abouti. Et comme principales entraves, Jawad Kerdoudi cite l'hétérogénéité des régimes politiques, la persistance des conflits territoriaux, la course au leadership, ou encore la montée de l'intégrisme. Sur le plan économique, quoique la région du Maghreb soit des plus fertiles (agriculture, pêche, pétrole et gaz, tourisme...), des obstacles de taille restent à surmonter. La configuration concurrentielle des systèmes productifs, l'insuffisance des structures de financement ainsi que des problèmes monétaires figurent en bonne place. S'y ajoute le manque de cohésion des législations, procédures administratives, douanières… Autant d'entraves qui ont fait, jusqu'à présent, avorter le processus. “La moins-value occasionnée par la non-union est évaluée à des milliards de dollars”, précise Kerdoudi. Face à ce constat, le Maghreb n'a d'autres choix que de consolider ses rapports avec l'UE. Les résultats de l'étude menée récemment par la direction de la Politique économique et générale (DPEG) vont dans le même sens. L'étude, dont l'objectif était d'évaluer le potentiel d'échanges et d'investissements directs étrangers (IDE) pouvant découler de la concrétisation de l'espace maghrébin, a mis à nu les failles de l'UMA. Ainsi, indique le rapport du ministère des Finances, la relance de l'Union aura pour résultat de recentrer le partenariat euroméditerranéen sur des objectifs prioritaires. A savoir le développement économique et l'insertion effective du Maghreb dans le commerce mondial. Le développement des relations commerciales entre les pays maghrébins pourrait créer une dynamique économique régionale. Celle-ci serait susceptible de “renforcer la réallocation des facteurs de production à l'intérieur de l'espace maghrébin et promouvoir l'attractivité de la région pour les IDE”. L'étude fait en outre ressortir plusieurs autres dysfonctionnements. Ainsi, les échanges intramaghrébins sont ridicules au regard des capacités et de la complémentarité des économies concernées. Ils ont contribué à hauteur de 0,60% dans les échanges mondiaux en 2000. Comparé aux 60,2% du commerce intrazone dans l'Union européenne, aux 22,3% dans l'Asean, aux 10,6% dans les pays du PECO (liés à l'UE) et près de 20% dans le Mercosur, cette proportion est grotesque.Autre fait mis en évidence par la DPEG, les échanges commerciaux sont principalement unilatéraux. Ce qui laisse penser que les économies maghrébines pourraient multiplier leurs échanges directs, qui sont en partie complémentaires. Ainsi, l'Algérie représente un marché pour l'agriculture et les filières agroalimentaires du Maroc et de la Tunisie. Le potentiel des échanges intramaghrébins semble être partiellement freiné par le niveau insuffisant de développement de la zone. Et surtout par le caractère similaire des économies des pays tels que le Maroc et la Tunisie. L'orientation des échanges vers l'UE a généré une analogie des régimes productives dans ces deux pays. Mais d'autres obstacles freinent encore le processus d'intégration régionale. Il s'agit du manque de convergence des politiques économiques, de l'inadéquation des infrastructures de transport aux impératifs de l'intégration maghrébine et du caractère incomplet du cadre institutionnel.Ce qui est certain, c'est que le potentiel de développement du commerce existe. D'ailleurs, les échanges sont estimés à 1,6 milliard de dollars, énergie comprise. De plus, en attirant autant d'IDE que les pays émergents, l'UMA pourrait atteindre les 3 milliards de dollars d'augmentation de ses flux, estime l'étude. Au total, le gain annuel, issu de la concrétisation de l'intégration se chiffrerait à 4,6 milliards de dollars. Toutefois, pour atteindre ces résultats, l'UMA doit avoir des indicateurs comparables aux autres regroupements de pays émergents.Pour y arriver, les pays du Maghreb, en dépit du fait qu'ils aient engagé des réformes pour libéraliser les économies, ont encore du chemin à parcourir. L'assainissement macroéconomique et la mise en place d'un cadre juridique favorable au développement des affaires figurent en tête de liste de ces réformes. Une cohérence dans la législation, une coordination des réformes structurelles et une harmonisation des réglementations seraient aussi souhaitées.Fédoua TOUNASSI

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