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Sidérurgie: Fortes pressions sur les prix

Par L'Economiste | Edition N°:2728 Le 05/03/2008 | Partager

. Le Maroc résiste pour l’heure. Sonasid tire profit de la mutualisation avec ArcelorMittal. Les professionnels redoutent plus le démantèlement C’EST l’effet mécanique. Quand les prix des intrants augmentent, la répercussion sur le produit fini est systématique. L’industrie de la sidérurgie ne fait pas exception à cette règle. L’augmentation des prix du minerai de fer de 65% sur le marché asiatique, après accords entre le brésilien Vale, numéro un mondial minier, et des sidérurgistes japonais et coréens, n’est pas sans conséquence pour le reste du monde. Les observateurs avaient prédit la répercussion par les aciéristes de cette hausse. En Europe, le groupe ArcelorMittal a donné le la. Le numéro un mondial de l’acier a annoncé une nouvelle augmentation des prix de ses aciers plats au carbone de 12% à 15%, «en raison notamment de la hausse des matières premières et de l’énergie», s’en défend-on auprès du département commercial du groupe. La goutte qui a fait déborder le vase, c’est sans conteste les accords conclus entre des groupes miniers et sidérurgistes. Quel impact au Maroc?Difficile à dire. Mais à en croire un cabinet casablancais, spécialisé dans les études des matières premières, «les répercussions sur le marché marocain ne devraient pas être importantes». Tout au moins de façon significative en ce qui concerne Sonasid, principal acteur du marché avec 81,9% des parts en 2006. Explications. «Du fait que le sidérurgiste n’importe plus de billettes des hauts fourneaux des minerais de fer d’Ukraine surtout, depuis la mise en exploitation en 2005 de son aciérie électrique de Jorf Lasfar». En lieu et place de cette matière première, Sonasid a opté pour la ferraille, dont une partie est achetée localement. Ce qui est loin de dire que les variations des cours mondiaux des minerais n’ont aucune influence sur l’activité du sidérurgiste. Il n’empêche qu’au Maroc, la consommation d’acier a connu une croissance de 17% en 2006. «Profitant ainsi de l’excellente conjoncture du secteur des BTP, qui a progressé de 7,4%, alors que la consommation de ciment a crû de 10,4%, on ne peut pas dire que nos sidérurgistes sont hors de portée». Pour Abderrahmane Bellali, consultant senior, directeur de la Société d’étude d’engineering et de représentation (SOPRI), «Sonasid a ainsi bénéficié du poids des programmes de travaux publics et ceux de logements, 213.000 construits en 2006, dans un contexte de quasi absence d’importations de ronds à béton et de concurrence nationale de plus en plus importante». Pendant ce temps, les ventes ont atteint un niveau record en 2006 avec le franchissement du cap du million de tonnes vendues, soit une croissance de 13% par rapport à 2005. «La variation des prix des matières premières, de manière générale, impacte à coup sûr l’activité de la Sonasid et des autres acteurs du secteur». Selon les qualités de la ferraille, les données mensuelles fournies par la Fédération française de l’acier montrent une évolution en dents de scie, indépendamment de deal passé entre brésilien et asiatiques. Le prix de la tonne d’acier, qualité E8 (chutes neuves épaisseur 3 mm), est passé de 205,98 euros en décembre 2007 à 251,3 en février 2008. Ce prix était de 255,1 euros en janvier dernier. Pendant ce temps, la qualité E5M (tournures d’acier) a varié de 162,67 euros à 208,93 euros. Les vieilles ferrailles (qualité E3) sont passées de 211,90 à 252,52 euros et la tonne de la qualité E1C pour cette même ferraille a varié de 169,45 euros à 252,52. Pour faire face à l’exposition aux risques de change et des fluctuations des cours des matières premières, l’entreprise mutualise ses forces. Car, «en intégrant le réseau mondial d’ArcelorMittal, Sonasid accède aux meilleures compétences en matière technique, commerciale et d’achats», déclare Christophe Monnot, directeur commercial de Sonasid. Pour lui, les hausses de l’acier sont déjà là. «Depuis janvier, le prix de l’acier a augmenté pour atteindre 203 dollars la tonne». Mais ce qui semble préoccuper le plus l’entreprise, «c’est le processus d’arrimage du marché marocain au marché mondial avec la baisse des protections douanières». Preuve, «le secteur compte plus de candidats locaux avec la baisse des droits de douane», insiste Monnot.La typologie de notre marché offre trois catégories de produits sidérurgiques. Les produits plats, composés essentiellement de la tôle sous forme de plaques, de bobines ou de feuilles. Des produits destinés à l’industrie automobile, navale, mécanique, aéronautique et à la fabrication des appareils électroménagers. Les produits longs (ronds à béton, fil machine, laminés marchands, profilés et barres) vont au marché du BTP, les constructions en charpente, l’industrie de transformation et l’agriculture. Les tubes et tuyaux sont utilisés dans les canalisations, les pipe-lines et les gazoducs. A noter que Sonasid intervient exclusivement sur le marché des produits longs.


Deux principaux acteurs

LA consommation nationale des produits d’aciers longs a enregistré une croissance moyenne de 8,4% ces 3 dernières années. Pour les ronds à béton, les ventes corrélées à celles du ciment ont représenté jusqu’à près de 76% des ventes des produits longs ces dernières années. Sur ce segment que se partagent les trois principaux acteurs plus les importateurs et le marché informel, l’avenir semble se dessiner. Ce marché de 886.000 tonnes en 2005 (statistiques les plus récentes), la Sonasid en détenait une part de marché estimé à 84,5%, suivie de Univers Acier (10,9%), de Sométal (1,1%), les importateurs (1,4%). A la faveur d’un taux de douane sur l’importation des produits finis élevé (35% + 15% de prélèvement fiscal à l’importation), difficile de tenir. En tout cas, «jusqu’à l’accord d’association avec l’Union européenne, en vigueur depuis mars 2003, qui prévoit une baisse de ce taux de 10% par an jusqu’à exonération totale en 2012, Sonasid fera cavalier seul», tranche Bellali. Le marché informel revendique 2,1%, contre 8% une année plus tôt, là où le dernier venu du marché, Univers Acier, est passé de 7 à 10,9%. Cette entreprise de partenariats d’intérêts marocains et turcs a doublé sa production de 150.000 tonnes à 300.000 entre 2004 et 2007. Bachir THIAM

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